Vous ne pourrez sans doute pas résister à cette galette fougueuse et pleine de chaos. Du moins, si vous aimez The Chariot, The Dillinger Escape Plan et les délires du genre, les compos qui partent dans tous les sens, les successions de plans hargneux, ... En crachant, en virevoltant, en sautant partout, The Rodeo Idiot Engine brise les tympans sans discontinuer : rythmique effrénée (2011 Vintage, Aorta), riffing un brin timbré (Cup Of Tea, The Worst Secret) et un frontman, Jerom, qui éructe à la manière d'un Josh Scogin (The Chariot). Il n'en fallait pas tant pour faire le lien avec les Américains, mais là ou The Chariot se lance dans des titres un brin plus long et à grosse base de guitares qui crachent, The Rodeo Idiot Engine arrive à insuffler un zeste de mélodie sur Fools Will Crush The Crown (Past Acts, Last Breath).
Le monstrueux pavé Fools Have Taken The Nave, vrombissement continu qui se pose en mur de son infranchissable, plombe définitivement le reste de ce disque en presque 7 minutes. L'ambiance se rapproche de celle du premier Norma Jean : sombre, avec un groupe poussé dans ses derniers retranchements (Past Acts, Fools Have Taken The Nave) lorsqu'il n'est pas question de vraies sonorités que l'on pourrait sortir de Bless The Martyr and Kiss The Child (la production joue d'ailleurs énormément sur ce sentiment). Lorsque la promo cite Converge, ce n'est pas volé : on y retrouve aussi ce sentiment d'urgence, avec la folie des premiers albums et le rendu des derniers de la bande de Bannon.
Cette empreinte, marquée au fer rouge dans la musique de The Rodeo Idiot Engine, pourra être un frein pour les repus des discographies des groupes précédemment nommés. A première vue, cette filiation semble trop présente, mais les Français arrivent à faire sortir quelque chose de l'ensemble, à apporter un gros feeling sur des compos comme Past Acts ou My Prozac World. Créatif, en plus d'être efficace.
The Rodeo Idiot Engine s'est sort plutôt bien, notamment en proposant des compos courtes et sans fioritures. Peut-être pas l'album de l'année, mais un grand coup de pied bien placé qui fait digérer Fools Will Crush The Crown. Très bonne surprise pour ce milieu d'année.
A écouter : Past Acts, Last Breath