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Biographie

The Ocean

C’est en 2000 que Robin Staps, peut-être lassé de ses précédents projets, se dirige vers Berlin pour essayer de concrétiser une idée qui lui tient à cœur. A l’instar de ce qu’avaient impulsé les membres de Neurosis avec Tribes Of Neurot, il veut créer un collectif artistique, afin de trouver les artistes qui lui correspondent et ainsi pouvoir mettre à profit toutes ses idées. Avec l’arrivée de ses premiers compères, le guitariste installe un studio d’enregistrement et des locaux dans une ancienne usine, afin de pouvoir être dans de bonnes conditions pour commencer à créer. Surnommée Oceanland, à cause de sa taille, la nouvelle antre du groupe lui transmet donc son nom : The Ocean.

Après deux démo auto produites et quelques concerts, l’entité signe sur le label Make My Day Records qui lui permet de sortir son premier disque, Fogdiver, qui reçoit un très bon accueil, mais ne dépasse pas les frontières allemandes. Ce disque permet au collectif de roder ses performances scéniques avant de sortir un deuxième disque Fluxion, dans un style lorgnant du côté d’un post-hardcore menaçant et énergique aux ambiances travaillées, qui vaudront à la formation des comparaisons avec Neurosis, Isis, ou Breach notamment. C’est en 2005 que sortent Aeolian et un split cd avec Burst, sur le nouveau label du groupe, Metal Blade Records, dans un style nettement plus énervé et ramenant à un metalcore plus dans les standards actuels.

Chroniques

Precambrian Aeolian
17.5 / 20
15 commentaires (17.63/20).
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Precambrian ( 2007 )

Ambitieux projet que ce nouvel album des Allemands de The Ocean. En effet, le collectif (presque 30 personnes participent plus ou moins régulièrement ou groupe, sous la houlette de leader du groupe, le guitariste Robin Staps) nous livre ici son travail le plus abouti. Un double album riche, dense, tant au niveau musical que conceptuel.

The Ocean a décidé de baser ce nouveau disque sur une période de l'histoire de la Terre: le précambrien. Il s'agit de la plus longue période des temps géologiques puisqu'elle s'étend de la formation de la terre, il y a environ 4560 milliards d'années, à l'émergence d'une première faune d'animaux qui marque, il y a 542 milliards d'années, l'entrée dans l'ère Paléozoïque. Le précambrien se divise lui-même en deux périodes : d'une part l'Hadéen et le Archéen et d'autre part le Protérozoïque. D'où le choix pour The Ocean de proposer un double album, chacun se rapportant à une de ces deux époques.

Et ces deux disques, à l'image de ces différentes échelles géologiques, montrent chacun une couleur particulière. Le premier disque traite de l'Hadéen et de l'Archéen qui est une période violente marquée par de grands chocs à l'origine de la formation de la Terre : ce premier disque est donc brut, direct et rentre-dedans. Le second disque traite du Protérozoïque caractérisé par la tectonique (rien à voir avec cette ridicule danse du même nom) des plaques et s'annonce plus complexe.

Le premier disque débute avec le brutal Hadean qui met de suite dans l'ambiance. Le groupe développe ici des ambiances plombées, des rythmiques meshuggesques, un chant hurlé, des riffs efficaces et ultra groovy (l'énorme Eorchaean, Mesoarchaean), des accélérations hardcore (Palaeoarchaean, NeoArchean) voire grindcore (au milieu de Mesoarchaean). L'ensemble de ce premier opus est de cet acabit. On navigue entre une violence contenue et une rage qui vous expose à la gueule.

Le second disque s'avère moins rentre dedans que le premier mais, à l'inverse, apparaît comme beaucoup plus complexe et plus aéré à la fois. Et quel disque ! Le travail réalisé par le groupe ici est tout simplement énorme. Les morceaux s'allongent très nettement, de nombreux instruments sont ajoutés (violons, piano, saxophone, xylophone, orgue), les mélodies font leurs apparitions au milieu de passages toujours aussi torturés (Rhyacian, Orosirian, les saccades de Ectasian). Ce second disque se termine avec grâce par une outro faite uniquement de piano et de violon : l'auditeur termine ici son voyage aux origines de notre Terre.

Avec un concept aussi fouillé, un packaging aussi intéressant et par dessus tout une musique qui secoue autant, The Ocean s'impose définitivement comme un groupe ambitieux et intelligent. Un des trois meilleurs albums de 2007.

A écouter : comme un projet complexe et complet
12 / 20
7 commentaires (18/20).
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Aeolian ( 2005 )

Je dois bien l’avouer, de The Ocean, je ne connaissais rien ou presque avant de me pencher sur cet Aeolian, et c’est tout le tapage lié à ce disque qui m’a bien obligé à le faire, par curiosité. Le groupe au nombre incalculable de membres, excusez du peu, fraîchement signé chez Metal Blade Records en est donc a son troisième album, issu des mêmes sessions de studio que le précédent, Fluxion. Après une rapide oreille sur les précédents opus justement, de quoi se rendre compte que le groupe a durcit le ton, a donc commencé le balais des écoute analytiques liées à la rédaction de la présente chronique.

Sortie remarquée de cette fin d'année 2005 donc, Aeolian a, semble-t-il, enthousiasmé plus d’une personne et je dois avouer qu’il me laisse quelque peu sceptique. Dès les premières écoutes, il n’est pourtant pas désagréable ce disque : déluge de bruit et de violence non déplaisante, il sait offrir bon nombre de passages flatteurs, développant puissance et ambiances malsaines grâce à un metalcore des plus burnés. Seulement voilà, sans rentrer dans des considérations abstraites de hype-attitude, il y a des éléments au sein de ce dernier opus des teutons qui tâchent. Je m’attarderais sur deux points qui me semblent caractériser le ressenti général du disque. Le premier concerne le fond des compositions en elles mêmes. Comme bon nombre de groupes de metalcore, The Ocean semble vouloir en mettre plein la vue à ses auditeurs, et l’élément qui lui vient en premier à l’esprit semble être la violence ; une violence gratuite, presque forcée. Alors que les allemands semblent si doués dans des expériences très progressives comme sur le magnifique Queen Of The Food-Chain, aux faux airs d’Eden Maine, voilà qu’ils roulent des mécaniques sur la grosse majorité des compositions, semblant prétendre à être le plus méchant possible. En soit pourquoi pas me direz-vous, mais lorsque pour arriver à cette finalité, facilité voire ridicule sont utilisés, la démarche rebute quelque peu. Ceci se ressent particulièrement au niveau du growl des chanteur, parfois plus que superflu, ou des riffs dopés à la production allant même jusqu’à nous remémorer nos vieux démons du néo métal redondant, du temps où il avait atteint son agonie finale.
Le deuxième point qui me paraît entacher regrettablement Aeolian est l'apparence de conglomérat de « recettes qui marchent ». Outre une réalisation en plein dans la vague des standards actuels, visant, je l’ai dit, à en mettre plein la vue, les titres en eux même pourraient parfois être qualifiés d’opportunistes tant ils offrent le meilleur de ce que l’ont peut trouver sur la scène métal et hardcore. Ainsi nous avons droit tour à tour aux mosh-parts efficaces, à des folies mathcores ou déstructures à la Meshuggah, des riffs itératifs et/ou dissonants, des ambiances postcore glauques, qui mises bout à bout rendent parfois les ensembles amorphes (l’exemple le plus flagrant est Une Saison En Enfer). Fatalement, du même coup, la seule réelle cohésion entre titre que l’on retire d’Aeolian vient de cette fameuse agressivité évoquée plus haut. Si vous voyez où j’ai voulu en venir, vous comprendrez que cela est plus que gênant et donne une impression définitive du disque fort négative.
Alors j’en vois peut-être qui monteront au créneau contre cette abjecte critique de l’un de leurs derniers coups de cœur, mais je le répète, The Ocean part tout de même d’une très bonne intention pour ce disque, et tout n’est évidemment pas mauvais, mais sali par ces aspects dont il est dommage de devoir les subir les désagréments entrecoupant les meilleures surprises des titres. 

Un disque efficace certes, qui saura réserver son lot d’écoutes divertissantes et qui pourra défouler sans le moindre souci, mais duquel on reviendra assez vite, tant il sonne déjà entendu dans l’ensemble, sur gonflé aux testostérones de ses membres et de la production, et au final très artificiel et forcé, malgré profusion de très bonnes idées. L’auditeur à la recherche d’émotions, aussi brutales soient-elles restera donc quelque peu sur sa fin avec Aeolian.

Mp3 à écouter: Une Saison en Enfer

A écouter : Queen Of The Food-Chain ; Inertia