Découverte
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Biographie

The Lawrence Arms

Chicago a été le berceau des 3 'gauchistes' de The Lawrence Arms en 1999. Leur nom vient celui d'un complexe immobilier situé dans un quartier défavorisé de Chicago où ils ont habité un temps. Ils en ont été expulsés au milieu de la nuit.
Leur musique et leurs messages interpellent très rapidement Mike Park, boss du label Asian Man Records (et membre des Chinkees) étant donné que ce dernier avait déjà sorti leurs disques quand ils officiaient dans The Broadways et Slapstick. Il sortira en 2 ans 2 albums du groupe + 2 split CDs. En '02, Fat Wreck Chords offre l'opportunité à TLA de tourner plus (notamment en Europe) et de sortir un premier album intitulé Apathy & Exhaustion sur le label. Soutenus par leur nouvelle seconde maison, le trio gagne en popularité et en assurance pour s'affirmer avec The Greatest Story Ever Told (septembre 2003).

Après de nombreuses tournées et un repos bien mérité, le disque de b-sides, raretés, inédits etc Cocktails & Dreams sort à l'automne 2005, annonçant la sortie au printemps 2006 du nouveau disque du trio: Oh! Calcutta!, qui leur permet de revenir en Europe aux côtés de No Use For a Name.

14 / 20
2 commentaires (16.75/20).
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Oh! Calcutta! ( 2006 )

Voilà de retour le trio de Chicago, en pleine forme! On reconnaît parmi cent la couleur musicale et les timbres de voix du combo, Brendan (Kelly) hurle toujours aussi précisément, l’écorché vif nous fait chanter avec les tripes, tandis que Chris (McCaughan) vient contre balancer cela avec la douceur et la clarté de son chant. Deux manières d’aborder l’émotion. Et même si on avait pu patienter avec quelques incartades de Brendan et Chris dans le groupe Falcon en compagnie de Dan Adriano d'Alkaline Trio et de Todd Mohney, ex-guitariste de Rise Against (à écouter de toute urgence, pour ceux qui ont raté le train), ça fait grand bien de retrouver le trio nous resservir à peu de chose près la même recette, plutôt tendance « émotion brute du bruit qui pense » ("Jumping the Skark" est à chialer de bonheur !). "Lose Your Illusion" est la chanson la plus classiquement « Larry Armienne », alternance des voix, palm muting puissant et rapide, petite cocotte (ouais, j’appelle ça comme ça, c’est les petites notes qui vont par-dessus la guitare rythmique, et qui font une jolie mélodie) par-ci par-là, du bonheur à tartiner ! La chanson d’introduction "The Devil’s Takin’ Names" est un des tubes de l’album, tranché dans le vif, comme on aime. Les mélodies et gimmick de voix sur "Key to the City" sont de belles trouvailles, et l’album globalement possède une intensité intéressante et relance la machine à chaque nouvelle chanson. Niveau parole, pas d’aide comme ils nous avaient concocté sur The Greatest Story Ever Told, on nous laisse un peu en plan, et il faut se dépatouiller avec plein de références à l’alcool d’abord, à l’amitié et à l’amour, évidemment, mais aussi des références à la pop culture et à la littérature, comme celle faite à l’auteur des années 80, Judy Bloom dans "Are You There Margaret ? It’s Me, God". Ultime pirouette, "Like a Record Player" est une chanson pleine de mélodie qu’on fredonne, avec un air de déjà entendu, très Gnagna, mais joué vite et fort, ce qui constitue un argument de choc, alors même que la tendance générale est au ralentissement, et à la popisation…

On a hâte de les voir défendre leur album sur scène, en tournée européenne avec No Use For A Name, parce que il ne faut pas oublier que ces trois petits gars, qui ont évolué dans The Broadways, The Baxter ou encore Slapstick, ont quand même plus de 750 concerts à leur actif, sans parler des groupes avec lesquels ils ont partagé une bière sur scène (Nofx, Lagwagon, Anti-Flag, Against Me!, Millecolin, Hot Water Music...) Attrapez-les (vite) sur scène!

A écouter : The Devils Takin Names
15.5 / 20
2 commentaires (15.5/20).
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The Greatest Story Ever Told ( 2003 )

Autant le dire tout de suite, ce Greatest Story… est la suite logique d'Apathy & Exhaustion, leur album précédent sortit en '02. Ce dernier avait déjà amorcé un changement dans l'orientation musicale du trio de Chicago: leur punk rock était moins brut et direct, plus mélodique et tempéré, moins rapide également.


Avec ce nouvel opus, on reprend la même recette, mais de façon indéniablement plus poussée et avec plus d'assurance.
Les morceaux mélodiques sont encore plus mélodiques et efficaces mais aussi encore moins agressifs (exit les accords et autres barrés, place aux harmonies), parfois (n'ayons pas peur des mots) ça relève carrément de l'emo punk à la Junction 18 ("The Raw And Searing Flesh", "Fireflies", "The Revisionist", "Chapter 13: The Hero Appears"…) On sent que TLA ont totalement assumé leur récente orientation et qu'ils se jettent désormais pleinement dedans alors qu'on pouvait déceler un peu de retenue sur A&E.
Le chant clair de Bren est plus que jamais adoucit et 'émotif' tandis que celui plus agressif et éraillé de Chris a gagné en expérience, diversité et surtout mélodie sans forcément abandonner la puissance qui le qualifiait ("The March Of The Elephants", "On With The Show", "Hesitation Station", "The Ramblin' Boys Of Pleasure").

Le tout sonne donc désormais presque plus emo punk que punk rock mélo et les compos ont une autre dimension qui privilégie la sensibilité de l'un à l'énergie de l'autre, bien que le cd regroupe selon moi magnifiquement bien ces 2 qualités.
L'auditeur familier au son de The Lawrence Arms découvrira une musique plus fine, qui va beaucoup moins à l'essentiel et qui s'attarde plus sur des détails qui contribuent largement au côté mélodique et à l'ambiance "emo" (breaks et changements de rhytme plus nombreux, double guitare (harmoniques), double voix, nombreux chœurs (féminins même parfois), une guitare acoustique pour entamer et conclure l'album etc).

Les punk rockers recherchant des sensations brutes et fortes auront tendance à plutôt se replonger directement dans les Ghost Stories et autres A Guided Tour Of Chicago ou peut être à apprécier ce petit dernier au prix de nombreuses écoutes... alors que ceux qui sont parfois attirés par des sensations plus douces apprécieront sans doute l'effort sans rechigner.
A noter que l'objet est doté d'un livret complet et agréable avec les explications aux références cinématographiques, littéraires ou musicales contenues dans les paroles de l'album.

A écouter : The Disaster March ; The March Of The Elephants ; Fireflies ; On With The Show