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Biographie

The Haunted

The Haunted est un groupe de Thrashcore fortement influencé par la scène Thrash des années 80 (Slayer et Death Angel en tête), et la scène Death Suèdoise de Gothenburg. Le groupe se forme en Suède en 1996 sur l'initiative du guitariste Patrick Jensen (Satanic Slaughter), et sur les cendres d'At The Gates de qui on retrouve trois membres : Anders Björler (guitare), son frère Jonas Björler (basse), et Adrian Erlandsson (batterie). Le groupe a approché Toxine de Satanic Slaughter et Rogga de Merciless pour leur proposer la place de chanteur, mais c'est finalement Peter Dolving de Mary Beats Jane qui rejoignit le groupe. The Haunted sort alors un premier album éponyme en 1998.

Peu après la sortie de ce premier effort, Peter Dolving et Adrian Elandsson quittent le groupe. Le premier pour fonder Zen-Monkey tandis que le second préféra se concentrer sur le projet parallèle qu'il a fondé en 1997, Hyperhug, puis rejoignit Cradle of Filth après que le chanteur d'Hyperhug s'ait déglingué les oreilles et un bref retour chez The Haunted. Il fut remplacé par Per Møller Jensen  (Konkhra, Invocator). Quant au poste de chanteur laissé vacant, l'ancien frontman de Face Down, Marco Aro, le pris en 2000.

Sous ce nouveau line-up The Haunted sortit un deuxième album plus proche du Death Mélodique d'At the Gates, The Haunted Made Me Dot It en 2000, puis un live enregistré à Tokyo l'année suivante. En 2003 Marco Avo quitte le groupe après l'enregistrement du troisième album studio du groupe, One Kill Wonder. Il est remplacé par le chanteur originel de The Haunted, Peter Dolving. L'année suivante les Suèdois frappent fort avec leur album rEVOLVEr, plus Thrash et moins mélodique que ceux fait du temps de Marco Avo...

Chronique

17 / 20
21 commentaires (14.98/20).
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The Dead Eye ( 2006 )

Avec rEVOLVEr, The Haunted avait franchi un cap symbolique, sûrement grâce à une promotion flamboyante en Europe méridionale, en touchant un public bien plus large qu’il ne le faisait auparavant. Fini le pur Thrash Metal, les suédois se lançaient à corps perdu, faisant fi de la mode, dans une énergie très hardcore et des sonorités très formatées, conservant pour autant une force de frappe impressionnante et efficace comme peu peuvent se targuer de maîtriser. Du même coup, la formation s’était ménagée, à force de tournées, sa petite place bien confortable au sein du microcosme si imprévisible que représentent les musiques extrêmes, à la fois fer de lance de la scène thrash, et valeur sure du metalcore. Bien malin celui qui aurait pu prédire à l’époque l’évolution à venir du combo en pleine explosion, alors voué à jouer les rouleaux compresseurs jusqu’à la nuit des temps, car le cru 2006 de The Haunted a de quoi surprendre, si ce n’est déjà fait, la quasi-totalité des personnes sachant de quoi retournait ladite musique à l’époque. Voilà donc le cinquième album des suédois, The Dead Eye, qui, sous des allures de tournant tape à l’œil, nous fait retrouver un groupe complètement assagi, mais aussi grandit.

Débarrassé de tout complexe, machine désormais rodée, The Haunted a, avec The Dead Eye, osé aller au bout de ses envies. Pas le moindre doute, ce nouvel album opère bien une marche en avant plutôt osée, et pourtant, à son écoute, nulle ambiguïté possible, le quintet suédois est bien le même que celui qui officie sur rEVOLVEr, avec ses incursions énergiques (The Flood, The Medication), son frontman aux vocalismes éraillés tirants sur les standards de hardcore nouvelle génération, et sa production très suédoise, mettant en avant en subtil mélange de riffs massifs et de mélodies bien pensées et imparables. Le changement intervenant sur The Dead Eye est pourtant plus que flagrant : The Haunted s’aventure a un album plus progressif, avec un degré d’intensité rythmique tombé d’un (gros) cran, notamment grâce à de nombreux titres mid-tempo, voués à un registre mélodique bien plus marqué qu’auparavant, à travers des évolutions étonnantes d’audace. A l’instar des titres Abysmal, Burnt To A Shell et  My Shadow de rEVOLVEr, les suédois osent les incartades recherchées et alternatives à une énergie primitive pourtant toujours bien palpable. En s’ouvrant à de nouvelles sonorités (The Fallout, The Cynic), tant au niveau des timbres et effets utilisés que de la production, de nouvelles rythmiques (The Medusa), de nouvelles (et sublimes) expérimentations vocales (The Medusa, The Crowning), The Haunted repousse des limites jusqu’alors plutôt resserrées. Ainsi, les improbables transitions de titres comme The Fallout ou The Medusa (encore elle), les mélanges (d)étonnants de The Prosecution, ou encore les adorables arpèges de The Transition, font de The Dead Eye un album d’une richesse probante. Donnant sans cesse l’impression d’une recherche dans sa musique, The Haunted joue la carte des breaks atmosphériques, des progressions imprévisibles, tout en gardant sa patte incontournable, ajournée d’une multitude de détails. Toujours aussi efficaces et bien pensés, ces nouveaux titres ne sont pas pour autant plus complexes à appréhender ou moins efficaces que ce à quoi le groupe nous avait habitués. Ils évoluent simplement dans un registre à la fois éloigné et proche de ce qu’était The Haunted il y a peu, cherchant fructueusement des évolutions là où la patte de composition ou les sonorités restent les mêmes. The Dead Eye expose simplement un groupe apaisé, en pleine possession de ses moyens, de son évolution, et fait juste plaisir à entendre, une fois le choc du changement encaissé.

A de tels revirements de situation, The Haunted prend tout de même un risque non négligeable, puisqu’à la radicalité d’une musique bourrue (quoique pas si simpliste), et surrefficace succède une finesse complexe, toujours efficace, mais presque intellectuelle une fois inscrite dans son contexte. Et pour tout dire, sans être péjoratif, l’aficionado type du groupe, ne se situe justement pas forcément dans ce genre d’approche musicale, préférant bien largement les bonnes vieilles gifles du gros son de guitare et de la radicalité, aux explorations mélodiques et autres rebondissement techniques de The Dead Eye. Fort bien, qu’il en soit ainsi, et de toute manière, The Haunted semble à tout instant sur ce nouvel opus savoir où il va, maîtriser son destin comme son art, et l’éventuelle perte d’une certaine frange de son public se ferait de toute manière au profit d’une autre, plus en accord avec cette nouvelle voie. Ce nouvel album marque donc un tournant majeur dans la carrière de cette figure de proue du metal suédois, et si le groupe a perdu de son mordant, il a juste gagné en superbe.

A écouter : Bien entendu.