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Biographie

The Flatliners

Groupe canadien de Toronto, évoluant dans le Skunk Rawk, formé en 2002, The Flatliners sort sa première démo à l’automne 2002, extrêmement bien accueillie avec notamment des passages radios décisifs. Un second enregistrement en 2003 les fait voyager un peu plus, traversant l’Atlantique. Dans la foulée, un 4-way split (un split avec 4 groupes donc) intitulé Who said ska’s dead ? avec Grand Skam, Suzy Jacuzzi and the Hottubs et The Makeshift Heroes est enregistré et leur permet d’accéder à quelques premières parties plus qu’importantes dans leur ascension.
Tout naturellement, leur premier Full-lengh album, Destroy To Create, sort en 2005 (enregistré en autoprod en 2004) au Canada puis aux Etats-Unis en fin d’année. Ils sont désormais signés sur Stomp Records. Ils ont partagé l’affiche avec les maîtres du genre, The Suicide Machines, leur compatriote de The Planet Smashers mais aussi Against All Authority, Big D and the kids table, The Code, Murphy’s Law et Streetlight Manifesto . "So many lessons have been learned, so many bridges have been burned". Fort de ce succès, le quatuor se voit proposer un deal par Fat Mike quelques temps plus tard et sort son second effort, The Great Awake en 2007 via Fat Wreck. Depuis, les sorties s'enchaînent sans montrer de baisse de qualité...

Scott Brigham - guitare
Chris Cresswell - guitare et chant
Jon Darbey - basse
Paul Ramirez - batterie<

15 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Dead Language ( 2013 )

On a souvent dit du bien de The Flatliners sur Metalorgie. Il faut dire que The Great Awake et Cavalcade étaient de petites bombes dans leur genre, révélant une finesse dans la composition et l’exécution des titres. Avec Dead Language, on peut se douter qu’il en sera de même tant le combo a su se montrer stable depuis 2002.
Résumons ensemble Dead Language en quelques mots : Catchy. Punk. Energique. Chaleureux.
Autant dire qu’à première vue, il y a donc toujours cet effet Ska / Punk qui vient mener la barque, avec encore certains airs de NoFX dans les grandes lignes. C’est frais (« Drown in blood »), entrainant (« Dead Hands ») et suffisamment intelligent et savoureux dans sa construction (« Tail Feathers » ou « Young Professional ») pour que l’on se dise que les Flatliners ont un vrai potentiel qu’ils ne cessent de dévoiler.
Si leurs disques, de The Great Awake à ce Dead Language, reviennent régulièrement, c’est bien qu’ils résistent au temps et aux écoutes, et ce troisième album reflète sans conteste ce que l’on a pu penser des précédents : une grosse base Punk-Rock fougueuse, quelques aspects plus Pop-Punk (« Caskets Full ») cachés derrière un aspect « brut ». Toutefois, il manque vraiment un titre du calibre de « He was a Jazzman » pour finir de convaincre que Dead Language n’a pas à rougir face aux sorties antérieures.

Il est difficile d’imaginer que The Flatliners puisse se reposer sur ses lauriers lorsqu’on écoute Dead Language. Heureusement, c’est loin d’être le cas et cet album allie les passages les plus rythmés du combo aux instants les plus mélancoliques. Décidément, le quatuor réalise pour le moment un parcours quasi sans-parfait.

A écouter : Young Professional - Dead Hands
15 / 20
3 commentaires (14.5/20).

Cavalcade ( 2010 )

Mea Culpa. Cette chronique aurait dû paraître en avril dernier, quand cette petite bombe de punk-rock est sortie dans nos bacs / sur I-tunes. Un joli making of avait d'ailleurs été réalisé, visible ici. Un EP des Canadiens (oui, ils sont Canadiens…contrairement à ce qu’indiquait l’affiche du concert de leur dernière prestation française) avait d’ailleurs préparé le terrain, annonçant la couleur. Cynics avait pris une tournure moins (bad)ska, mettant en avant des compositions plus léchées, des structures plus sinueuses, se laissant dompter seulement après plusieurs écoutes. Cavalcade est donc la version longue de ce précédent EP sur lequel on trouvait déjà "Filthy Habits". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les chevaux sont lâchés! Ce qu’on apprécie avec The Flatliners est cultivé avec une certaine finesse, chaque opus prenant une orientation différente : du premier (Destroy to Create) on avait retenu la fougue de leurs 16 ans, du second (The Great Awake), on avait aimé le contre-pied pris et l’hommage rendu à leurs pairs, reprenant les grands thèmes du punk-rock ricain option mid-tempo, sauce west-coast, années 2000 (du rock-punk plus que du punk-rock pour la faire courte). Avec Cavalcade, les tempi sont plus diversifiés que jamais, allant des classiques punk-rock à la NOFX avec "The Calming Collection", "Here Comes Treble" aux formats plus pop-punk assez nouveaux chez les "Flats" ("Monumental, Count Your Bruises"). On sait que Fat Mike est venu plusieurs jours bosser avec ses protégés, une fois les premières démos achevées. Pour réarranger quelques structures, conseiller le quatuor et pour sûr travailler les chœurs qui n’ont jamais été aussi bien menés, et qui servent à merveille la voix atypique de Chris Cresswell. On sait aussi le talent de Paul Ramirez, le batteur, à installer différents mouvements dans une même chanson (démonstration saisissante ici, bien loin de son image de dormeur professionnel qu'on peut (re)découvrir ici). Comme d’habitude, on va retrouver une sublime chanson reggae rock (souvenez-vous de "This Respirator" sur The Great Awake) : "He Was A Jazzman" apporte une nouvelle couleur à l’album et donne un peu de respiration. Le groupe revisite la formule couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain dans "New Years Resolutions", un bijou de 4min43! On ne s’ennuie pas de réécouter ce troisième opus qui pose de nouvelles bases dans le milieu. Tout simplement.

A écouter : He Was A Jazzman, New Years Resolutions

The Great Awake ( 2007 )

Les études bouclées, le jeune combo (20 ans de moyenne d’âge) pouvait enfin signer sur Fat Wreck, sortant déjà son second brûlot. Le compteur affiche 12 pistes enflammées. Une vingtaine ont été enregistrées pendant leurs deux mois de mise au vert en studio et le résultat est un parfait mix mêlant l’efficacité punk-rock, les riffs accrocheurs et la passion du rock’n roll, les pauses de jam reggae et la puissance du hardcore.

Petit fils des Suicide Machines, ce second album laisse moins de place aux plans ska qui avaient pourtant beaucoup séduit sur le premier album (du ska sec et rapide dans la veine "bad ska"), sans pour autant les abandonner. "This Respirator" est une petite tuerie de reggae ska, de même que "And The World Files for Chapter 11" nous refait le coup de la voix qui fait hocher la tête, de la caisse claire qui prend cher, du poing tendu et du refrain à reprendre en chœur.
Ce nouvel effort fait surtout la part belle à un punk rock mélodique mais pas lisse. La voix de Chris Cresswell nous rappelle aux bons moments de Tim Armstrong avec un phrasé plus rapide et plus percutant et des backings simples mais justes (refrains singalong parsemés de quelques Ohoh); "July !August ! Reno !" qui ouvre le bal est une bombe alternant les riffs ultra rapides et les refrains hurlés en chœur, le tout soutenu par une batterie qui galope. "Eulogy" avec son palm muting soutenu et son chant posé sur le rythme ressemble plutôt à ce que l’écurie Fat Wreck a sorti ces dernières années, mais la principale qualité du quartet c’est cette cohésion de la base rythmique basse-batterie qui peut vous emmener aussi facilement dans des passages lents et reggae que dans des plans punk-rock. A chaque fois le groove est là et ça fait mouche. "Mastering the world’s smallest violin" dévoile la part plus pop du groupe, mais la voix charismatique de Chris empêchera toujours de tomber dans le flot de purin qu’on a pour habitude d’entendre à la radio. "This Is Giving Us" montre le meilleur côté du hardcore que peut produire un groupe de punk-rock. Break, changement de rythme, riffs de guitares qui tombent comme des enclumes. Pour "K.H.T.D.R.", dernier chapitre de l’album, des cuivres viennent agrémenter les sept minutes de cette très séduisante composition qui nous dévoile une certaine maturité de composition chez Flatliners.

Les canadiens ne sont toujours pas calmés tant au niveau de la composition qu’au niveau du contenu explicite des paroles. ("These words are bullets" ou encore "So many lessons have been learned, so many bridges have been burned" qu’ils disaient). L’énergie et la fureur des Nord Américains affirment clairement leur volonté de ne jamais laisser l’électrocardiogramme de votre chaîne hi-fi devenir plat.

A écouter : July !August ! Reno ! et This Respirator
16 / 20
1 commentaire (16.5/20).

Destroy To Create ( 2005 )

La perle vient du Canada !  Le quatuor impose, en dépit de son jeune âge, le respect quand à la maîtrise dans le genre : le ska-punk sans cuivre (qui fait (très) mal). Dans l’idée, les américains ont The Suicide Machines, les japonais ont Coquettish, les anglais ont le choix sur le label londonien HouseHold Name Records, les hollandais ont Beans, les canadiens ont The Flatliners. Pour être honnête, les tout-juste-sortie-de-l’école appellent leur musique du Skunk-Rawk, un mix évidemment entre les mots Ska et punk rock (qui comme par hasard donne aussi un autre jeu de mot),et donc musicalement c’est la combinaison du ska two-tone et de l’énergie punk-rock.

L’album est une suite de 13 tueries ska-punk, bouncées, survitaminées, alternant des couplets ska, sec, avec une voix soutenu par des tripes conséquentes, et des refrains hymnes, punky, aux mélodies imparables. La base rythmique est d’une hallucinante cohérence, la voix rocailleuse harangue les foules, les chœurs obligent à hurler bêtement devant ses enceintes, le bras levé. On les suppose lecteurs/aficionados de leur compatriote Naomie Klein, auteure du best-selller altermondialiste No Logo. C’est fou comme un groupe peut apporter un souffle nouveau dans un genre qui s’avère être souvent un cul-de-sac à l’innovation. Le travail est particulièrement bien fait, que ce soit au niveau de la composition, de l’enregistrement, du tracklisting, du art work, des paroles, tout est soigné avec une « élégance punk »…

Peu de choses finalement à reprocher au quatuor hystérique, si ce n’est qu’on aimerait évidemment les voir évoluer sur une scène européenne très vite puisqu’on les avait bêtement raté quand ils sont venus en 2003, par leur propre moyen, traîner leur guêtres dans des petites salles européennes!

A écouter : "Fred's got slacks", "Bad News"