Il ne manquait plus que ces drôles d'oiseaux pour clôturer le triptyque norvégien composé de Catena Collapse, Dominic et The Birds Are Spies, They Report To The Trees. Si les 2 premiers cités optent pour un screamo hardcore incisif mais aussi très porté sur les mélodies, l'approche est ici plus fine, plus fragile et n'est pas sans rappeler l'emo 90's old school d'outre-Atlantique.
Ce court 7 pouces n'offre ni plus ni moins que 4 titres, qui sans prétention, suffisent à susciter en nous une émotion intense et surtout continue. En 10 minutes d'emo hardcore fébrile et immédiat, en 10 minutes de sillons grésillant porteurs de mélodies touchantes se faisant écho sans redondance, les norvégiens parviennent à établir une véritable passerelle émotionnelle. Pourtant, avec une des productions les plus roots qu'il m'ait été donné d'entendre dans le genre, tout n'était pas gagné d'avance. C'est sans aucun doute la voix qui en fait les frais les plus douloureux (ou les plus appréciables). A la base pas toujours juste, éraillée à souhait, elle pourrait bien faire grincer les dents des plus exigeants comme séduire les aficionados d'enregistrements sans retouche collant sans intermédiaire aux prestations scéniques. Puis comme voir The Birds Are Spies, They Report To The Trees sur les planches semble être un tant soit peu utopique, on se contentera volontiers de cette approche à l'origine d'un résultat à l'état brut.
Dans les passages les plus abrasifs, on ne peut nier la filiation avec Catena Collapse (avec 3 membres communs, c'est la moindre des choses), mais pour toutes les raisons explicitées quelques lignes plus haut, The Birds Are Spies, They Report To The Trees possède une réelle identité. Une identité pas usurpée pour un sou qui ponctue ces quelques compositions bien foutues de moments étincelants (à l'image de l'entremêlement imparable de guitares de "Ftrrm") et surtout terriblement sincères.
Ce 7 pouces autoproduit, humble et efficace, vient confirmer (une fois de plus) que la scène norvégienne, si petite soit elle, ne manque pas de ressources et d'idées lumineuses dans un genre usé à la corde.
A écouter : Les 4 morceaux