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Biographie

The Ataris

The Ataris, c'est l'exemple même de la success story. Un soir de 1996, Kris Roe (chant/guitare) va voir un concert des Vandals, un de ses groupes préférés à Anderson, Indiana. Il donne une K7 démo au groupe et quelques mois plus tard, Joe Escalante, bassiste des mythiques Vandals le rappelle en lui demandant s'i! veut sortir un disque sur son label (Kung Fu Records). Celui ci accepte et déménage pour la Californie. Là il rencontre Derrick Plourde (ex batteur de Lagwagon, Buck Wild, Sweet Action...) et Jason. Sous ce line up, ils enregistrent

Anywhere But Here (produit par le guitariste des Vandals, Warren Fitzgerald), album de punk rock plutôt classique qui rend hommage aux Descendents ou encore aux Vandals. S'ensuit des mini tournées avec MXPX, Lagwagon, Vandals, No Use For A Name... Mais peu de temps après, alors que le groupe est sur le point de splitter, Kris décide de continuer tout seul et reforme la troupe avec ces musiciens: Marco Pena (guitar/ choeurs), Mike Davenport (basse/ choeurs) et Chris Knapp (batterie). Avec le changement de line up intervient un changement de style puisque les Ataris jouent désormais du punk/emo sincère aux mélodies bien accrocheuses qui commence à faire tourner les têtes... Fat Mike (NOFX), dont le groupe préféré se trouve être The Ataris à cette époque sort leur Mini CD Looking Forward to Failure sur son label Fat Wreck Chords. Ce sont Bill Stevenson et Stephen Egerton des All/Descendents qui s'occupent de la prod. cette fois ci et les plus attentifs reconnaitront la voix de Mark Hoppus (Blink 182) sur certains choeurs. Juste avant l'enregistrement de l'album, Marco quitte le groupe et Pat, un pote de Kris, le remplace. En avril 1999, Blue Skies, Broken Hearts...Next 12 Exits continue sur la lancée musicale du MCD et voit le retour de Marco au sein du groupe. Cet album produit par Joey Cape (chanteur de Lagwagon) connait un énorme succès et tout s'enchaîne très vite: un split cd avec les Israéliens de Useless ID puis le magistral End Is Forever en 2000 qui les place définitivement comme un des piliers du punk/emo au même titre que New Found Glory et Saves The Day. En 2001, 2 évènements majeurs se produisent dans la vie du groupe, le premier étant qu'ils se séparent définitivement de Marco qui est remplacé par John Collura (ex Beefcake) à la guitare. Le deuxième, c'est qu' Ataris signe avec la major Columbia. Le départ de leur maison Kung Fu qui avait sorti tous leurs disques jusqu'à présent excepté le MCD leur vaut des reproches et ils sont accusés de vendus, surtout à cause de la tournure pop punk que prend leur galette So Long, Astoria (2003)... Plus tard dans l'année, un EP intitulé All You Can Ever Learn Is What You Already Know voit à peine le jour puisque très peu distribué. Il comprend des versions acoustiques et 1 ou 2 inédits. Le premier CD live du combo sort lui en octobre: Live At The Metro, et c'est également à la fin de l'année que Columbia lance le premier DVD du groupe: Live at Capitol Milling.

15.5 / 20
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Welcome The Night ( 2007 )

Welcome The Night n’est pas de ces œuvres qui transcendent à la première écoute, elle est de ces saveurs qui s’apprécient et s’amplifient avec le temps. Pour la saisir, il faudra donc se munir d’une lanterne et y aller à tâtons : il y a tant découvrir dans cette nuit.

Si l’inclinaison première est proche de la déception à l’écoute initiale, c’est que The Ataris a représenté à une époque un des plus beaux joyaux de la scène emopunk avant de sombrer dans un pop punk fade. Ajouté à ce contrefait une signature chez une major (Columbia), puis une séparation houleuse avec cette dernière ; il en semblait fini de la belle aventure "american dream" (voir bio). Mais contre toute attente, le combo a (re)trouvé l’inspiration… nouvelle.
Ainsi, après une adolescence punk rock, une percée lumineuse en emopunk, les Américains changent à nouveau de décor et se plongent dans un genre dit alternatif. Influencés de leurs propres aveux par l’audace musicale de Bad Astronaut en la matière (Angus Cooke est d’ailleurs réquisitionné pour les parties au violon), la bande à Chris Roe s’est élargie, passant de 4 à 7 membres, pour suivre cette voie, la fantaisie en moins. Arrangements, couches instrumentales superposées, effets techniques, instruments de raffinement (violon, piano) Welcome The Night est à The Ataris ce que Vheissu est à Thrice ("And We All Become Like Smoke").

Pour beaucoup, le tout semblera trop pop ou trop mielleux, et il faudra aux autres accepter la mutation du groupe (voix méconnaissable, très axée sur les changements d’intonation et les montées dans les aigus ; batterie légère et majoritairement mid tempo, disparition de l’énergie punk…), alors pour ces irréductibles pourra s’ouvrir une nuit étoilée. Car des tubes comme "Not Capable Of Love", "The Cheyenne Line" ou l’électrisante "Connections Are More Dangerous Than Lies" aux envoûtantes "Begin Again From The Beginning" ou  "Act V, Scene IV and So It Ends Like It Begins", Welcome The Night multiplie les riffs travaillés, les structures évolutives et les épilogues orchestrés ("Cardiff By The Sea", "Acte V, Scene IV..."). Au bout, en mots, et à chaque nouvelles avancées du nocturne, une nuée de peines et de prières à l’abandon animée par un sentiment d’amour perdu ("When All Else Fails It Fails"). Welcome In The Night.

Si ce nouvel opus n’a probablement pas l’excellence de End Is Forever, il a le mérite de proposer une nouvelle trajectoire après la faute de parcours que constitue So Long Astoria proche de ce que Jimmy Eat World avait élaboré avec Clarity. A chacun de s’y essayer puisqu’il y est le bienvenu, et de s’y laisser envelopper ou non.

"Connections Are More Dangerous Than Lies" en téléchargement ici ou 3 titres en écoute sur myspace.

A écouter : "Not Capable Of Love", "Connections Are More Dangerous Than Lies", "The Cheyenne Line", "Act V, Scene IV and So It Ends Like It Begins"

End Is Forever ( 2001 )

Avec End Is Forever , The Ataris est au sommet de son art. Un emo punk aux mélodies travaillées, accrocheuses et terriblement efficaces. Dans cet album qui date de 2000, le groupe exploite au mieux les qualités individuelles artistiques des membres pour construire un punk emo intelligent.

La batterie ne se contente pas de suivre l'ensemble des instruments dans un tempo uniforme, elle rythme et oriente réellement les compositions: changements de tempo et cassures de rythme confèrent aux chansons un dynamisme et une présence qui ne peuvent susciter l'indifférence ou le sentiment de déjà-vu, ou plutôt de 'déjà-entendu'.

Selon moi, un mauvais album de punk rock est un album prévisible, plat, qui ne présente rien de personnel. The Ataris sait éviter ces facilités et embrasse volontiers les subtilités. En particulier, le groupe réussit à incorporer des éléments musicaux, tels que des claviers (piano et synthé) et un xylophone , des effets de voix... qui s'intègrent parfaitement dans leur composition. Chose rare, cette intégration se fait de manière naturelle, sans que l'on aie l'impression que l'on a rajouté ceci ou cela par dessus la chanson.

Le jeu de guitare varié et subtil vit au rythme des changements de tempo. Les guitaristes parviennent à rendre leur instrument très vivant, présent, et enchainent de manière impressionante parties rythmiques riffs imparables dans les aigues et autres ponts musicaux, le tout avec un dynamisme déconcertant.
Quant à la basse, dont le son est chaud, rond et parfois même groovy, elle est tout aussi présente.

Lorsque l'on écoute, on entend distinctement sonner tous les instruments, et on a l'impression que chacun contribue à part entière à l'harmonie des compos. Mais l'élément qui participe le plus au succès du groupe, c'est la voix à la fois typée et juste de Kris Roe, légèrement erraillée, mais propre et appliquée.

La plupart des compos évolue dans un tempo semi rapide (propre au genre punk emo) avec de nombreux breaks et parties instrumentales. Une chanson comme "I.O.U. one galaxy", avec ses variations de tempo et sa richesse musicale, est sur ce point représentative de End Is Forever.
Le combo ne s'enferme donc pas dans le carcan du couplet/refrain et sait construire ses chansons intelligemment. The Ataris est donc désormais un groupe mûr, réfléchi qui ne déçoit pas. En tout cas, il ne pourra pas vous laisser indifférent. Ce n'est pas tant que le combo fasse preuve d'une originalité hors du commun, mais plutôt qu'il sait donner du corps à ses chansons.

A écouter : Road signs and rock songs ; Fast times at Drop High ; Up, up, down, down, left, right, B, A, start ; Giving up on love