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Biographie

The Agonist

The Tempest se forme en 2004 à Montréal sur l'initiative de Danny Marino (guitare), Chris Kells (basse) et Alissa White-Gluz (chant). La musique du trio s'oriente vers le metalcore, le death metal mélodique et le deathcore.
Le groupe se rebaptise The Agonist en 2007, et recrute Simon McKay à la batterie pour enregistrer un premier effort. Once Only Imagined fait son petit effet : les capacités vocales de la chanteuse, qui maîtrise à la fois les growls et le chant clair (sa palette va jusqu'au lyrique bien qu'elle l'emploie peu), permet au groupe de tirer son épingle du jeu dans la scène metalcore assez encombrée. En dehors de la performance musicale, Alissa White-Gluz fait partie des "Hottest Chicks In Metal 2007" selon le magazine Revolver, ce qui apporte encore de la visibilité aux Québécois.

En 2009 sort Lullabies For The Dormant Mind, qui s'accompagnera de deux clips et d'une nouvelle nomination de la charismatique chanteuse par Revolver. Le groupe gagne encore en popularité.
Pascal "Paco" Jobin, un second guitariste, rejoint l'aventure d'abord pour les lives, puis très vite de façon permanente. En 2010, The Agonist joue pour la première fois en Europe lors de sa participation au Metal Female Voices Fest en Belgique, avec entre autres Epica, ReVamp, mais surtout Arch Enemy... 

Un troisième album est publié en 2012 : Prisoners. Tout en gardant leur son metalcore mélodique, le groupe renforce la composante death metal mélodique, proposant ainsi un album un peu plus difficile à cerner mais plus mature. 

Deux ans plus tard, Alissa White-Gluz annonce qu'elle succède à Angela Gossow au poste de hurleuse dans Arch Enemy, et qu'elle quitte The Agonist pour se consacrer au groupe des Suédois. Vicky Psarakis la remplace, toujours dans un registre alternant le chant clean et le chant hurlé. L'album Eye Of Providence sort début 2015.

Chronique

13 / 20
2 commentaires (13/20).
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Eye Of Providence ( 2015 )

Premier album des Canadiens depuis le départ de la très charismatique Alyssa White-Gluz chez Arch Enemy, la cuvée 2015 de The Agonist mérite donc d'être jugée avec attention. Tous les groupes qui survivent à un changement de front(wo)man le savent, il s'agit d'une épreuve du feu délicate qui requiert un juste équilibre entre le maintien des bases déjà établies et une part d'audace et de nouveauté afin d'affirmer et d'assumer le remaniement du line-up. Ce défi, The Agonist le relève la tête haute.

Eye Of Providence s'ouvre sur un furieux et réussi Gates Of Horn And Ivory, qui met directement en confiance. Le riffing agressif semble sorti des sessions de Prisonners. Le titre est court, la structure est efficace, une très grande majorité des vocaux sont screamés. La couleur est annoncée : si vous aimiez ce qu'on faisait avant, ça tombe bien, rien n'a changé et on est peut-être même un peu plus vénère.

Le chant sur ce titre est vraiment proche de ce qu'on pouvait entendre sur les trois premiers albums, principalement sur les voix hurlées. Puis, au fil des pistes, on se rend compte des détails qui diffèrent. Vicky Psarakis a les mêmes screams hargneux et quasiment black-metal que sa prédécesseure, mais emploie peu le chant death, grave, guttural, comme le faisait parfois Alyssa White-Gluz. Là où cette dernière était à l'aise sur les voix claires jusqu'à un registre d’opéra (on se souvient de l'a cappella Swan Lake), la nouvelle chanteuse est un peu plus fébrile sur les parties les plus aigües (Danse Macabre...), et a d'ailleurs le bon goût de ne pas tenter de faire du lyrique. En revanche, les tessitures graves de Vicky Psarakis transportent beaucoup d'émotions (l'intro d'As Above So Below). Le pont au milieu de Danse Macabre offre une progression vocale au sein d'une même phrase, d'un chant semi-saturé vers un hurlement poignant, un exercice tout à fait maîtrisé pour un résultat vraiment impactant sur l'auditeur.
Alors, The Agonist gagne son pari ? Pas tout à fait. Certains apprécieront la nouvelle figure de proue du groupe et d'autres pas, mais le travail de la chanteuse ne suffit pas à rendre ce disque complètement bon, aussi impliquée soit-elle.

Car Eye Of Providence n'est pas un concentré de brûlots comme l'était Prisonners. Entre le refrain pop-core de I Endeavour vraiment trop facile, l'intro presque punk de Faceless Messenger et ses couplets poussifs sur les parties en voix mièvre, et surtout les dix minutes perdues que représentent The Perfect Embodiment (d'inspiration pop bizarre et assez froide) suivi d’A Gentle Disease (dont la première moitié est un acoustique maladroit et la seconde partie est un solo de basse inutile)... La galette présente donc des faiblesses évidentes, et qui ne sont pourtant pas là où on les attendrait car indépendantes du chant.
Heureusement, la plupart des titres arrivent à se démarquer par un riff chiadé par-ci, un break impressionnant par-là, un phrasé catchy ou un solo bien senti. L'album regorge de ce genre de détails qui le rendent attirant et complet. Eye Of Providence n'est donc pas parfait mais a du charme, du caractère.
En plus de ces nombreux passages qui justifient l'écoute, on trouve quelques titres qui sont des pépites complètes, des perles de deathcore mélodique, d'ores et déjà postulantes pour ouvrir le bal lors d'un hypothétique best-of : Disconnect Me, Gates Of Horn And Ivory, A Necessary Evil, et Follow The Crossed Line. Danse Macabre n'est pas loin derrière.

Eye Of Providence est entre deux eaux, oscille entre riffs de génie et tournures malhabiles. Espérons qu'il s'agisse d'un disque de transition, comme c'est souvent le cas après l'intégration d'un nouveau leader (c'est d'ailleurs ce qui ressortait aussi de notre chronique du dernier Arch Enemy), et que la suite soit encore plus pertinente que cet opus.

A écouter : Gates Of Horn And Ivory, A Necessary Evil, Disconnect Me, Follow The Crossed Line, Danse Macabre.