Nouvel album des hollandais de Textures, ce Silhouettes devait permettre au combo de franchir un pallier et d’affirmer définitivement ce groupe comme une valeur sûre du metal européen et non plus comme un outsider de choix.
Deux sentiments paradoxaux m’animent à l’écoute de cet opus.
D’une part, il faut reconnaître une vraie maîtrise au groupe. Les rythmiques à la Meshuggah (Laments Of An Icarus) sont toujours aussi plombées, le chant de Kalsbeek est plus travaillé que jamais (The Sun's Architect) et l’album est produit efficacement par le guitariste du groupe Jochem Jacobs (le cerveau de Textures). Le morceau plus aérien, mélodique voire même électronique qu’est Messengers est une réussite. Et que dire de l’entrée musclée que constitue Old Days Born Anew… Ces six là sont assurément d’excellents musiciens, il n’y a pas l’ombre d’un doute sur ce point.
D’autre part, il nous faut reconnaître que, même si tous les ingrédients cités plus haut sont bien présents, il arrive parfois qu’on finisse par ressentir une pointe de redondance à l’écoute de ce disque. Difficile à dire d’où cela vient.
Peut être est-ce dû à une trop grande technique justement ? La technique et le travail sont des éléments essentiels à tout groupe de metal du 21ième siècle. Textures possède assurément tous ces atouts. Mais le problème est que cela plombe parfois le feeling du groupe. Le chant de Kalsbeek en est une illustration parfaite : certes le bougre fait d’énormes progrès mais cela se fait au détriment des émotions à tel point que son chant, clair notamment, titille parfois le lassant.
Messieurs, la prochaine fois, pour un grand disque, laissez parler un peu plus vos sentiments et un peu moins vos capacités… Un bon disque malgré tout.
A écouter : Messengers, Old Days Born Anew, The Sun's Architect