By the End of Tonight ouvre le bal et d’emblée une chose est sûre : le quart d’heure qui va suivre ne sera pas de tout repos. Oublions la tête de gondole Don Caballero, ici on est bien plus nerveux et agité, on a le sang qui boue au bord de la crise d’épilepsie, et on aime ça… Et pourtant on cache une sensibilité qui se matérialise en mélodies aussi quintessenciées que raffinées. On ajoute même une couche veloutée, fuligineuse, sur l’accalmie "Cold Hands" (un penchant que certains membres développent davantage dans The Ghost Machine).
Tout en verve, en empruntant autant à l’indie qu’au post hardcore, les Texans déroulent avec ingéniosité (et parfois finesse) leur musique alambiquée.
D’alambiqué à tarabiscoté il n’y a qu’un pas, que franchit intrépidement Tera Melos en se contorsionnant à coups de grand écarts. Encore plus tranchants que leurs acolytes du Sud, les Californiens font un usage plus extensif de coupures électroniques intrusives ("Party With Tina"), d’envolées au tapping et autres changements de rythmes acrobatiques à la Fall of Troy.
Là aussi un temps mort tirant presque vers le shoegaze brumeux ("Melody 9") vient stopper la course effrénée d’un groupe qui sait néanmoins se poser le temps de poser quelques lignes de chant discrètes et autres coups de trompette ("Party With Tina") pour se rapprocher d'un Sleeping People.
Difficile de conclure sans rendre hommage aux batteurs des deux groupes qui mènent leur barque en finesse (une formation jazzy ça aide forcément) et organisent ce foutoir musical surchargé dans la joie et l’allégresse.
La qualité est donc au rendez vous, une fois de plus Temporary Residence (Envy, Explosions in the Sky, Maserati, Mono, Miss Violetta Beauregarde...) ne s’y est pas trompé.
Ecouter "Last Smile for Jason" et "Party With Tina" par Tera Melos (ici).
"Philthy Collins" par By the End of Tonight (là).
A écouter : By the End of Tonight: "Elvis Never Didn't Die" / Tera Melos: "Last Smile for Jason"