Découverte
Pochette Démo

logo Ted Leo And The Pharmacists

Biographie

Ted Leo And The Pharmacists

L'histoire de Ted Leo débute fin '80, à New-York, où celui-ci évolue au sein de groupes orientés vers une scène hardcore, à savoir Animal Crakers, et Citizen's Arrest. En 1990, il décide de quitter New-York pour Washington, où il fonde Chisel, dont il est le leader. Deux albums verront alors le jour sur Gern Blandsten Records (Dälek, Radio 4): 8 A.M All Day, et Set You Free. Ce dernier clôturera la carrière du combo en '97.
Durant deux années, Ted Leo deviendra le guitariste de The Spinanes, avant de fonder Sin Eaters avec son frère Danny Leo en poste à la batterie. Malheureusement, Danny quitta la formation afin de monter son propre projet: The Holy Childhood. Ted Leo se retrouve alors seul en '98, et débute ainsi sa carrière solo. Il fait quelques shows de manière occasionelle, tout en produisant Secret Star.


Puis il en vient à enregistrer son propre disque en '99, toujours sur Gern Blandsten, accompagné de The Pharmacists, qui comprend des membres de Secret Star, à savoir Jody Buonanno, mais aussi le batteur de The Warmers, et enfin James Canty (Make Up, Nation Of Ulysses).

Cette collaboration se poursuivra avec un Split CD, la même année, en compagnie de One A.M. Radio. Au printemps 2000, Ted Leo And The Pharmacists sort Trouble In Treble sur Ace Fu Records (Kaiser Chiefs, Man Man); puis vient The Tyranny Of Distance en 2001, mais cette fois-ci chez LookOut! Records (Engine Down, Troubled Hubble). Deux ans plus tard, la co-formation sortira son troisième effort: Hearts Of Oak. Ce dernier sera enregistré après le départ de James Canty. Suivent pas moins de 5 tournées Outre-Atlantique, puis la Grande-Bretagne et le Japon. En 2004, Ted Leo And The Pharmacists livre Shake The Sheets, produit par Chris Shaw (Bob Dylan, Dashboard Confessional).

2006 voit la signature chez Touch and Go records suite aux difficultés financières de Lookout!, et le groupe continue de tourner intensivement tout en préparant Living with the Living (2007), cinquième album du groupe. Les Pharmacists tourneront avec de beaux groupes pour la promo de cet album (Against Me, Pearl Jam, Future of the Left, ...), et sortent en 2010 the Brutalist Bricks, tout en continuant leur bout de chemin en signant chez Matador records !

The Brutalist Bricks ( 2010 )

Ted Leo est le descendant d'une longue lignée. A l'heure où l'on tente encore de nous vendre le prochain produit marketing musical à la mode, il l'est l'un des derniers punks contestataire de ce monde, rejeton spirituel direct de la famille politique des Clash ou de Fugazi, rien que ça !

Depuis le début de sa carrière, l'américain s'évertue à enregistrer des disques tous plus passionnants les uns que les autres, empruntant au punk-rock son engagement et son énergie, et à la pop son génie mélodique et sa voix ultra classe. Sur cette dernière fournée (désormais signé chez Matador !), il nous livre une collection de 13 titres imparables, inspirants autant qu'inspirés, à l'écoute desquels il est quasi impossible d'exercer autre activité que fredonner machinalement...

Parmi la pelletée de tubes qui suintent de cette galette, on retiendra particulièrement 3 morceaux : "the Mighty Sparrow" qui ouvre magistralement l'album et résume assez bien le style Ted Leo (grosses mélodies, superbe voix et refrain qui reste en tête), l'épique "Even heroes have to die" qui caresse dans le sens du poil et laisse de grands frissons, et enfin LE tube de cet album, "Bottled in cork", dont les ponts de 6 cordes et l'outro devraient squatter votre cerveau un bon moment si vous êtes normalement constitués...

La section rythmique (le fidèle batteur Chris Wilson et le nouveau bassiste Marty Key) et l'énergie qui se dégage du son de cet opus sont particulièrement bluffant ; la seconde guitare (James Canty, également présent depuis un bon moment) n'étant pas non plus là pour enfiler des perles ou faire de la figuration. Enfin, comme toujours chez Ted Leo, les lyrics sont au rendez-vous. Il a le talent de faire sonner des phrases insonnables, de commencer une chanson par une suite de mots aussi improbable que : "There was a resolution pending on the United Nations floor" (en français : "il y avait une résolution en attente sur le plancher des Nations Unies"), de finir la même chanson (toujours "Bottled in Cork") par "Tell the bartender, I think i'm falling in love" ("dites à la serveuse, je crois que je suis en train de tomber amoureux"), d'écrire admirablement des textes politiques, aussi bien que de raconter un tour d'Europe en famille !

Le pire dans tout ça, c'est que ça s'enchaîne sans temps morts et qu'on en redemande dès que c'est fini... J'ai toujours du mal à comprendre comment et pourquoi un artiste pareil est toujours aussi méconnu, mais que les fidèles du grand Ted se réjouissent, ses albums sont sold out moins rapidement et dans quelques décennies vous pourrez fièrement les exhiber à vos petits-enfants !

01.  The Mighty Sparrow
02. Mourning in America
03. Ativan Eyes
04. Even Heroes Have to Die
05. The Stick
06. Bottled in Cork
07. Woke Up Near Chelsea
08. One Polaroid A Day
09. Where Was My Brain?
10. Bartolomeo and the Buzzing of Bees
11. Tuberculoids Arrive in Hop
12. Gimme The Wire
13. Last Days

A écouter : the mighty sparrow, even heroes have to die, bottled in cork
14.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

Shake The Sheets ( 2004 )

Difficile de faire plus coloré et accrocheur en matière d'artwork. Une police, typée "western", apposée au fil du livret, un son indéniablement proche de la pop des années 70, Ted Leo interpelle avec une musique aux aberrances parfois rock, voire punk ; le combo immisce l'auditeur dans un univers qui lui est propre...ou plutôt qui "leur" est propre.

C'est ainsi que tout au long des 11 titres présents sur Shake The Sheets, le trio met le doigt sur des thèmes chers à son auteur, à savoir l'inquiétude de celui-ci quant aux fondements d'une Amérique qu'il voit égocentrique.
Les paroles de "The Angels' Share" résument à elles seules ces tourments: 'Yet, Down Again, I Sit, Try To Write/An Open Letter To A President/Or Melodies To Help A Girl Pay A Rent/We Saved We Saved Only To Find Them Spent. Le 'nerf de la guerre', la politique économique, les conflits, des changements sont nécessaires mais nécessite une prise de conscience générale de la part des concitoyens du Nouveau Continent. Et même s'il est difficile de saisir l'intégralité des propos tenus pas l'ancien leader de Chisel, 'I Respect The Process/I Respect The Rules' et son ironie marquée, tout comme celle clôturant "Little Dawn" par des 'It's Alright' (...You're OK ?) incessants, laissent entrevoir une certaine amertume de la part de la formation quant à ces règles immuables.

En résulte une mixité efficace, de ces divers ressentiments du trio d’une part, ainsi que des orientations musicales dont s'imprègne le disque d’autre part.
"Me And Mia", tant au chant, qu'à la ligne de guitare, que l'on doit au même homme, débute tout en retenue, pour souffler l'auditoire dans les 30 secondes qui suivent. Et à force d'énergie, on vient à atteindre une déferlante punk, notamment par l'accélération du jeu de Amy Farina, qui convient à merveille à des 'I'm Worried For My Tired Country' et autres 'The State Of The State Don't Let Me Feel That Safe' (extraits de "The One Who Got Us Out").
Des structures qui jouent sur des variations de tempo, des effets de 'surprise' ("Counting Down The Hours" et son intro acoustique… très brève), renforcées par la voix, et surtout l'interprétation si particulière que livre Ted Leo. A en croire que les problèmes de gorge qu'il a pu rencontrer, les opérations chirurgicales qui en découlèrent (jugez en par vous même), n'ont en rien affecté ses capacités vocales. Ce dernier réalise de véritables prouesses, passant d'une voix de fluet, à de simples soupirs ("Hearts Problems"). Un vrai bonheur.

L'implication, et la fougue que mettent en oeuvre les musiciens de Ted Leo And The Pharmacists, ne peuvent que forcer le respect.
Et même si la seconde moitié de Shake The Sheets s'essoufle selon moi, ne serait ce que les titres  "Walking To Do", ou bien encore "Better Dead Than Lear", le rock indé de Ted Leo vaut largement l'investissement, surtout lorsque l'on sait qu'il inclut des pistes vidéos, témoins irréfutables que Ted Leo, en live, ça secoue.

Télécharger: "Me And Mia" ici.

A écouter : Me And Mia; The One Who Got Us Out; The Angels' Share; Counting Down the Hours