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Biographie

Tang

Cela fait plus 15 ans que Tang existe puisque le groupe s'est formé en automne 1997 à Lille. Une période durant laquelle les 4 Lillois se concentrent surtout sur la scène et jouent dans bon nombre de clubs et salles du Nord/Pas de Calais, même si cela ne les empêche pas d'enregistrer une K7 6 titres en '98 et une démo CD en 2000. Tang, dans l'univers du groupe, c'est également le nom d'un personnage fictif qui s'exprime à travers les paroles et la musique. Avec la démo promo auto-produite achevée fin décembre 2001, le combo se livre au public et à la presse qui en redemandent... La concrétisation de tout ça est un LP 8 titres This Quietness Booms About The Walls Like Birds In Panic qui voit le jour mi-2003 grâce au label du Nord Emolution Records. Après plusieurs dizaines de concerts, Tang revient en 2006 avec un nouvel album, Another thousand days, out of this world, affirmant encore un peu plus leur personnalité.
Puis, durant quelques années, le combo s'enferme et annonce plancher sur le successeur de Another Thousand Days, Out Of This World. Il faut pourtant attendre un enregistrement en 2011 pour une sortie dans les premiers mois de l'année suivante. Dynamite Drug Diamond naît donc dans les premiers jours du printemps 2012. Après encore quelques années de silence, un nouvel EP, And Still No Sunrise, voit le jour début 2017.

15 / 20
1 commentaire (16/20).

And Still No Sunrise ( 2017 )

Quand Tang annonce un peu par surprise ce nouvel EP, c’est l’impatience qui gronde. D’un groupe qui avait enchaîné assez rapidement les sorties à ses débuts, le combo évolue maintenant avec une lenteur créatrice qui amène toujours un soupçon d’envie à l’annonce d’une nouvelle sortie. Après 5 ans de silence, And Still No Sunrise se prend un main plaisir à ne dévoiler que cinq titres.

Et après un premier morceau qui sert plus d’introduction orientée Postcore, les hostilités reprennent. C’est du Tang, pur jus. Ce « Togetherness Is Compromised » reste globalement la véritable entrée en bouche qui confirmera que le son Tang n’a pas perdu en verve : quelques envolées instrumentales et vocales, des moments plus apaisés mais surtout un timbre de voix aisément reconnaissable, qui semble ne pas souffrir de ces années (« Off With Your Arms »). La justesse et l’équilibre de composition sont ici toujours parmi les éléments centraux de And Still No Sunrise : même en trois minutes, les ambiances mêlant Emo et Post-Hardcore sont riches (« Off With Your Arms » et son riff central Botchien), avec toujours une prod léchée (le jeu de batterie notamment, parfois grondement sonore omniprésent et à d'autres instants plus bondissant). Au jeu des surprises, l’intro très Hardcore de « Bruises and Goosebumps » et sa basse ronflante côtoie les effets attendus également sur le double-chant, la partie plus épurée qui amorce un redémarrage évoquant At-The Drive In.

Un regret ? S’il en était un, c’est de ne pas avoir développé encore cette intro « One Day At A Time » pour en faire un titre plus imposant, afin d’essayer justement de prendre par surprise. Mais c’est aussi la longueur de l’objet qui amène sans doute cette volonté d’en vouloir plus, d’en écouter encore. Il n’en reste que And Still No Sunrise est plaisant, peut-être peu surprenant pour ceux qui auraient suivi Dynamite Drug Diamond ou Another Thousand Days, Out Of This World, surtout sur le dernier titre, sans doute le plus convenu de l’ensemble, qui évoquera des titres magistraux comme « The Highest Branch » ou « World Necklace ».

Tang reprend là ou on l’attendait. Rien ne semble avoir bougé dans la performance du groupe, ce qui est au final un bien pour ceux qui appréciaient la ligne musicale du combo. Et puis, s’il suffisait encore de convaincre les soupçonneux, « Togetherness Is Compromised » devrait finir de lever le doute. On ne parle pas assez d’eux, et pourtant, Tang fait partie des derniers d’une génération artistique qui brandissait à bras levés l’Emo français.

A écouter : Togetherness Is Compromised
16.5 / 20
4 commentaires (16/20).
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Dynamite Drug Diamond ( 2012 )

Enfin ! Tang a daigné donner un successeur à Another Thousand Days, Out of this world : Le combo qui navigue entre PostHardcore, Emo et Indie lâche donc ce Dynamite Drug Diamond après plusieurs mois d'attente. En effet, les lillois annonçaient déjà en 2010 être en studio et il fallut cependant attendre les premiers jours de 2012 pour jouir du droit d'écouter ce nouvel opus.

Entretenons le suspense, le mystère et faisons un rapide retour en arrière. Tang, ce sont 2 opus à la qualité crescendo, dont Another Thousand Days … montrait une véritable empreinte et diversité musicale. 2 chanteurs, des mélodies flirtant entre Emo / Indie / … avec quelques touches (lointaines) de Thrice ou Thursday et des titres assez inoubliables ("World Necklace") ont façonné Tang depuis 2000.
12 ans plus tard, Tang refait le monde en 50 minutes avec toujours cette étincelle au fond des yeux, ces effluves Rock et ces sonorités qui suivent le fil rouge lancé par l'album précédent.
Car les musiciens jouent toujours sur les mêmes aspects de leur musique et dès l'ouverture de "Highway Encounter", il n'est pas difficile de retrouver des airs de famille avec "Loma" ou "The Highest Branch". Pourtant, Tang ne vit pas sur son passé, ne ressasse pas les mêmes mélodies encore et encore mais s'évertue à aller de l'avant sans oublier ses racines.

Dynamique, sincère et réfléchi, il y a de quoi se faire plaisir sur Dynamite Drug Diamond. Point de baisse de régime, de temps mort ou de passage calme mal amené. Les riffs et la partie rythmique s'emboitent à merveille ("Run&Run & Die" ou "Wrong Place, Wrong Time") et savent se renouveler pour éviter un bis repetitae fadasse et sans âme, notamment grâce à certains apports extérieurs ("Hellissandur"). Quelques passages donneront d'ailleurs des frissons aux amateurs de montées en puissance ou de tenues en haleine ("Hellissandur" ou "Rose Out of Chaos").
De même, les lignes de chant n'ont pas subit de métamorphose marquante, avec toujours ces mots clamés en anglais dont certains refrains n'ont aucune difficulté à rester en tête ("Wrong Place, Wrong Time").

Globalement, il n'y a absolument rien à dire de négatif sur ce nouveau Tang : Avec un bon démarrage, Dynamite Drug Diamond s'en sort plus que bien derrière son packaging peaufiné. 6 années pour ce résultat, reste juste à espérer qu'il faille moins longtemps pour la prochaine livraison de cet acabit.

A écouter : Run & Run & Die, Wrong Place, Wrong Time
15 / 20
3 commentaires (16.5/20).

Another thousand days, out of this world ( 2006 )

Après un premier album convaincant, berceau de quelques perles emo hardcore frenchy, les lillois de Tang continuent à creuser leur univers tempétueux et émotionnel, qu'ils habitent chaque jour de mieux en mieux. Pour sublimer leur ambitieuse croisade, le groupe s'est offert les services de Magnus Lindberg (Cult of Luna) au Tontenik Studio en Suède (Refused,The Hives) pour la production de ce nouveau disque. Il en ressort un son d'excellente facture, tant au niveau de la puissance que de la clarté, permettant à Tang d'exprimer au mieux son potentiel, et aux auditeurs de profiter pleinement de la véritable densité musicale qui caractérise les compositions. Tang rajoute les formes sans couper sa liqueur.

Alors que la fièvre indie-post-rock consumme et fragilise de nombreuses formations du genre, Tang subsiste infléxible et conserve tout le fond de son identité. Another Thousand Days, Out Of This World burine le même sillon et projète celui-ci encore plus loin. Malgré l'arrivée d'un nouveau guitariste (Sebastien de Klang !!!), Tang poursuit sur sa lancée tout en évitant une redite malvenue. En conservant ses forces motrices, leur emo rock noisy et tendu adopte un carcan plus homogène, presque monolithique. Un aspect qui durant les premières écoutes, ne fait ressortir aucun morceau. Pourtant aucun n'a de mal à convaincre. L'ensevelissement viendra plus tard, après assimilation du bloc.
Loin des influences des premiers jours, Tang est parvenu à affirmer son identité à travers une tresse sonore abrasive et mélodique à la base de tirades épiques et tirées vers des apogées émotionnelles. Vallonné d'un chant posé tout en décalage, "Our Childhish Behaviours" en est certainement la plus belle métaphore. Un coupe-gorge émotionnel. Point de grandiloquence. Point de mièvrerie. Tang trouve le coeur de la cible à la seule force d'une inspiration irascible et d'une propension à toujours se projeter en avant. Toujours aussi directes, les vocalises parlées-chantées-jetées, apportent le souffle dynamique qu'il faut, surtout lorsque les syllabes se jouent du tempo émis par la batterie ("Ripples Of A Forgotten Radio Song").

Another Thousand Days, Out Of This World est ce qu'on pourrait appeler l'album de la maturité chez Tang. Celui qui scelle l'âme dans le corps. Il met en exergue une certaine profondeur musicale et une recherche d'aboutissement tout au long des ses 40 minutes. Quoi qu'il en soit, ceux n'ayant pas été touché par This Quietness Booms About On The Walls... ne devrait pas trouver davantage d'intérêt au groupe, les autres ne seront que plus convaincus de l'effort des lillois.

A écouter : Our childish behaviours - World necklace
13 / 20
2 commentaires (15.5/20).

This Quietness Booms About... ( 2003 )

8 titres (dont les 3 de la démo 2002 qui ont été apparemment réenregistrés quasi à l'identique) pour 41min 30sec. Un album enregistré et mixé par Stéphane Buriez (chanteur/guitariste de Loudblast) connu pour ses nombreuses productions metal au LB Lab Studio, et mixé par JP Bouquet à L'Autre Studio... Grâce à ce "palmarès", Tang réhausse indéniablement la qualité sonore de ses productions mais il reste encore un petit côté brouillon audible sur tous les instruments et qui fait quelque part le charme du groupe...

Et on peut en dire autant des nouvelles compos: certainement légèrement mieux ficelées et exécutées (surtout au niveau de la batterie) mais sans réelle évolution; sur une grande partie de l'album, Tang tourne autour des mêmes mélodies, des mêmes lignes de chant, de la même ambiance; seuls les rythmes peuvent parfois changer de façon significative (comme sur la très belle piste instrumentale "Tour De Force" et ses jolis contre temps, une des marques de fabrique du groupe).

On retrouve donc les Lillois pas bien plus loin que là où on les avait laissé en '02 (voire chronik en dessous). Toujours ce côté très torturé mêlé à des émotions vives, acerbes, pointues, un chant éraillé intense sur les parties saturées qui se fait doux et plaintif sur les parties calmes, l'alternance son saturé/son clair, une ambiance sombre et mélancolique assez profonde...

Bref, dommage que sur sa lancée Tang n'aie pas avancé de façon plus significative; une diversité plus accrue entre les morceaux serait parfois la bienvenue même si le groupe démontre aujourd'hui encore un peu plus sa matûrité.

A écouter : Vegas Of Tears, Tour De Force

Démo 3 Titres ( 2002 )

Ce CD 3 titres a fait pas mal de bruit dès sa sortie car la France prend conscience de l'importance et du potentiel de la scène emo qui se met en place ces derniers temps... Tang est un digne représentant de la "french touch" dans ce domaine. L'auto-production dont bénéficie cette démo traîne irréductiblement derrière elle son lot d'inconvénients : un son pas assez précis, des instruments trop présents qui cachent en partie les autres... mais cependant, j'ai été agréablement surpris par la qualité correcte de celle-ci, surtout lors des passages clairs. En fait, j'irai même jusqu'à dire que dans le cas de Tang, l'auto production ajoute un avantage supplémentaire du fait de la coïncidence avec la musique. Je m'explique : à l'écoute de ces chansons, on sent tout de suite que la musique de Tang, bien que réfléchie, est très spontanée ; on passe très vite de la douceur à la colère et vice-versa. En ce sens, la production non arrondie et pas trop travaillée fait davantage ressortir le côté brut des sentiments, des réactions.

Tout cela transpire une réalité émotionnelle certaine et on ressent bien cette volonté de transmettre des sentiments, des pensées, un état, ne serait ce que par l'ambiance qui se dégage de ces 3 titres. Une ambiance mélancolique que l'on retrouve dans les passages les plus tristes et intimistes de Thursday (que ce soit dans les passages calmes ou dans les déchaînements emocore). Autre élément qui rappelle l'un des piliers de l'emocore : le chant de Xavier. Dans les 2 formations on retrouve souvent cette voix désespérée d'un homme qui semble abattu et les intonations sont parfois très proches.

Ce que personnellement j'apprécie beaucoup chez les Lillois, ce sont les parties claires qui sont absolument fabuleuses et magnifiques. Les intros sont vraiment très prenantes et remplissent à merveille leur rôle qui est de nous faire rentrer en douceur dans l'ambiance pour mieux faire ressortir l'intensité de la colère quand la musique explose. Les 2 guitares claires qui s'entrelacent ajoutent un plus à l'harmonie et à la mélodie. Il y a un véritable travail de recherche dans la composition de ces riffs qui sont admirablement exécutés même si je trouve qu'ils ressemblent parfois vraiment trop à certains de Thursday (le break calme vers la fin de "She Died In June" me fait penser à celui de "Paris In Flames", l'intro de "Sundown Camp" ressemble à celle de "Autobiography Of a Nation", le break au début d' "Afterburner" est assez similaire à celui de "Cross Out The Eyes" et celui à la fin de cette même chanson est à deux doigts d'être le même que celui dans "How Long Is The Night"). Enfin, ce ne sont peut être là que des coïncidences?

Les parties plus "bruyantes" qui présentent des guitares au son crunch sans être agressives sont je pense moins recherchées. Cependant, elles ne sont pas mauvaises du tout et sont mêmes nécessaires à la musique de Tang car les moments 'durs' donnent de l'intensité à l'émotion.

Pour résumer, je dirais que le groupe nordiste présente de vrais atouts comme ses mélodies claires et sa capacité à insuffler de l'émotion et une ambiance particulière à sa musique ; une musique vraiment mature qui serait franchement excellente si elle bénéficiait d'une meilleure production et d'un travail d'écriture un peu plus approfondi au niveau des parties emocore. La voix semble également parfois un peu trop fragile quand ça gueule trop. J'attends avec impatience la suite car avec encore plus d'expérience et de pratique, le prochain album risque de franchement assurer !

A écouter : Ben les 3 titres!