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Biographie

Tame Impala

Tame Impala est né du précédent groupe de Kevin Parker, les Dee Dee Dums, qui mêlait des influences Blues, Jazz et Rock Psychédélique. Fin 2007, le groupe change de nom pour Tame Impala, qui vient de l'impala, une antilope de petite taille. C'est à présent sous la forme d'un trio toujours composé de Kevin Parker (Chant / Guitare) et Dominic Simper (Basse), puis Jay Watson en temps que batteur que le groupe poursuit sur la voie du psychédélisme. En juillet 2008, ils signent un contrat international avec le label indépendant Modular Recordings et sortent leur premier ep éponyme en septembre. Le trio se retrouve numéro 1 sur l'Australian Independent Record Labels Chart et dixième sur le ARIA Physical Singles Chart et jouent même en première partie de groupes tels que You Am IThe Black Keys, Yeasayer et MGMT. La sortie de leur premier album, Innerspeaker, prévue pour mai 2010, leur assure une renommée grandissante.En 2012 c'est la révélation avec Lonerism qui est couronné par de nombreux magazines et webzines. Le groupe gagne déjà un statut culte au sein du public amateur de Rock Indépendant ou Psychédélique.
En 2015, le groupe brouille les pistes avec Currents, un album bien moins tourné vers le Rock Psychédélique traditionnel que Kevin Parker enregistre et produit seul. 

Chroniques

Currents Innerspeaker
17 / 20
2 commentaires (15/20).

Currents ( 2015 )

Démiurge à la gueule d'ange et à la dégaine de hipster tout droit sorti de Brooklyn, Kevin Parker a accouché, seul, de l'un des meilleurs albums de 2015 sous le nom de son groupe, Tame ImpalaCurrents est l'odyssée créative d'un homme qui crie son amour de la musique, marie les contraires pour mieux s'exprimer sans devenir ridicule.

Le disque reste résolument inspiré par le Rock Psychédélique mais ses influences diverses et variées rendent la musique groovy, chaleureuse, bienveillante. L'apport des claviers, omniprésents, est un véritable atout qui permet la construction de paysages sonores envoûtants tout au long de cet album. 
Les claquements de doigts, le synthétiseur et la basse ronde du premier titre, "Let It Happens" sont une véritable porte ouverte à l'auditeur vers la découverte d'un nouveau monde. Dès la première écoute, on se sent comme dans un cocon cotonneux, séduit, bien confortablement installé pour un voyage de plus de cinquante minutes qui va se révéler haut en couleurs et peu avares en surprises. La basse groovy et la rythmique proche du Hip Hop de "The Moment" ne semblent pas faites pour s'entendre avec ces chœurs si chauds, noyés dans la reverb et le delay et pourtant... 

Le mélancolique "Yes I'm Changing", aux nappes de claviers quasi-pop assombrit en partie le ton pour le temps d'une composition puisque Currents choisi de ne tomber à aucun moment dans l'extrême. Jamais parfaitement triste ou joyeux, assez Pop pour être immédiat mais néanmoins complexe pour devenir addictif et intéressant sur le long terme, le disque se savoure comme une glace au citron : douce et pourtant acide.
Kevin Parker a également choisi de disséminer çà et là plusieurs morceaux très courts mais comme l'Australien est bien décidé à ne rien faire comme les autres, il ne s'agit pas d'interludes mais bien de véritables créations riches en détails. C'est le cas de "Disciples", qui, malgré sa durée de moins de deux minutes au compteur n'est pas avare en moments d'héroïsmes et est loin d'être un bête morceau de Rock, aidé par son solo aux accents Country.

Ce ne sont là que des exemples, mais il va sans dire que chaque piste est extraordinairement travaillée. Chaque élément a été minutieusement pensé, orchestré afin de créer un disque unique sans lui faire perdre de sa spontanéité et de son charme. Le travail sur les claviers, les sonorités douces des guitares et la voix de Parker créent un fil rouge qui permet aux morceau d'être reliés entre eux sans pour autant leur ôter toute personnalité. Les idées du musicien fourmillent, donnant à chaque composition une touche unique, une ambiance particulière. C'est ainsi le cas pour "Past Life", ses claviers si 80's et son introduction bruitiste, effrayante. De la même manière, "The Less I Know The Better" compte le riff le plus sexuellement chargé que l'on ait pu entendre ces dernières années.    

Currents est un disque varié, agréable, immédiat et riche qui rompt avec son prédécesseur notamment par la mise en avant de sons quasi électroniques, proches de la Synth Pop. À la manière de Brian Wilson, Kevin Parker a créé une œuvre magistrale et de manière parfaitement autonome. Nous sommes devant la création d'un homme seul face à lui même et son amour artistique. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a l'air très amoureux. Et nous aussi.

A écouter : À tout moment, dans toute condition, toute la vie
16 / 20
3 commentaires (17.33/20).
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Innerspeaker ( 2010 )

Après un premier ep en 2008 reconnu par la critique, les australiens de Tame Impala montent un cran au dessus dans la reconnaissance internationale avec un premier disque toujours placé sous le signe paisible du Rock Psychédélique.

Innerspeaker c'est un projet de onze morceaux dégageant des vapeurs accueillantes et chaleureuses qui prennent leur source comme vous pouvez vous en douter, dans le Rock des années 70. Led Zeppelin, The Doors ou King Crimson se font donc sentir ici ou là. L'album repose sur trois choses simples : des guitares débordantes de fuzz et de delay, une batterie calée en mode rythmes obsédants et une voix proche de John Lennon qui ferait croire que Kevin Parker est le frère caché de Sean Lennon. Tame Impala fait revivre l'époque hippie, avec l'impression d'être étalé sur l'herbe à consommer des substances illicites, car sur Innerspeaker on aime se perdre dans des méandres éclatant de couleurs chaudes, ces effluves délicates matinées comme du coton qui viennent nous caresser les esgourdes. Innerspeaker se découvre comme un kaléidoscope, par ces guitares bariolées ses rythmes chaleureux et sa voix propice à l'élévation. Une vraie bouffée de... fraicheur (avouez, vous avez pensé à autre chose?) empli ce disque sur des morceaux comme Solitude Is Bliss et ses guitares colorées ou les arpèges lumineux de Jeremy's Storm.

Pourtant les australiens ne restent pas bloqués quarante ans en arrière, à travers une nostalgie peu féconde. A la manière de The White Stripes, sous des inspirations seventies, Tame Impala remet ça au goût du jour avec une dose d'Indie Rock, limite touché par un aspect Pop Psyché dansant à la Animal Collective (I Don't Really Mind). C'est donc une vision multiple du Rock Psychédélique que Tame Impala nous propose, tout ça plongé dans le coté Folk-Rock de Midlake ou du Rock garage à la The Vines. Si le premier album des australiens est un disque à la cool, très accessible, il n'en est pas pour autant vide ou rapidement digéré. C'est sur le long terme que l'effet se décuple car les instrumentations se révèlent vite être fouillées et surtout addictives telles ces petits champignons qui déforment la réalité comme sur l'hypnotique (It Is Not Meant To Be). Innerspeaker est un délire psychotrope, mais très léger, très doux, loin de la défonce de certains groupes de Stoner par exemple, et pourtant on y revient régulièrement pour ses rythmes entrainants (Alter Ego) et ses morceaux planant s'étirant parfois en longueur dans des structures presque progressives (Runaway, Houses, City, Clouds).

Pour conclure, Innerspeaker est une jolie réussite pour les australiens de Tame Impala qui risquent sérieusement de faire parler d'eux et devenir l'un des prochains groupes de Rock à exploser de façon internationale. Si vous ne savez pas quoi écouter pour clore votre été en douceur, Tame Impala est là pour délayer ses tendres mélodies quand les derniers rayons de soleils disparaissent à l'horizon.

A écouter : l'esprit lger