Après un premier ep en 2008 reconnu par la critique, les australiens de Tame Impala montent un cran au dessus dans la reconnaissance internationale avec un premier disque toujours placé sous le signe paisible du Rock Psychédélique.
Innerspeaker c'est un projet de onze morceaux dégageant des vapeurs accueillantes et chaleureuses qui prennent leur source comme vous pouvez vous en douter, dans le Rock des années 70. Led Zeppelin, The Doors ou King Crimson se font donc sentir ici ou là . L'album repose sur trois choses simples : des guitares débordantes de fuzz et de delay, une batterie calée en mode rythmes obsédants et une voix proche de John Lennon qui ferait croire que Kevin Parker est le frère caché de Sean Lennon. Tame Impala fait revivre l'époque hippie, avec l'impression d'être étalé sur l'herbe à consommer des substances illicites, car sur Innerspeaker on aime se perdre dans des méandres éclatant de couleurs chaudes, ces effluves délicates matinées comme du coton qui viennent nous caresser les esgourdes. Innerspeaker se découvre comme un kaléidoscope, par ces guitares bariolées ses rythmes chaleureux et sa voix propice à l'élévation. Une vraie bouffée de... fraicheur (avouez, vous avez pensé à autre chose?) empli ce disque sur des morceaux comme Solitude Is Bliss et ses guitares colorées ou les arpèges lumineux de Jeremy's Storm.
Pourtant les australiens ne restent pas bloqués quarante ans en arrière, à travers une nostalgie peu féconde. A la manière de The White Stripes, sous des inspirations seventies, Tame Impala remet ça au goût du jour avec une dose d'Indie Rock, limite touché par un aspect Pop Psyché dansant à la Animal Collective (I Don't Really Mind). C'est donc une vision multiple du Rock Psychédélique que Tame Impala nous propose, tout ça plongé dans le coté Folk-Rock de Midlake ou du Rock garage à la The Vines. Si le premier album des australiens est un disque à la cool, très accessible, il n'en est pas pour autant vide ou rapidement digéré. C'est sur le long terme que l'effet se décuple car les instrumentations se révèlent vite être fouillées et surtout addictives telles ces petits champignons qui déforment la réalité comme sur l'hypnotique (It Is Not Meant To Be). Innerspeaker est un délire psychotrope, mais très léger, très doux, loin de la défonce de certains groupes de Stoner par exemple, et pourtant on y revient régulièrement pour ses rythmes entrainants (Alter Ego) et ses morceaux planant s'étirant parfois en longueur dans des structures presque progressives (Runaway, Houses, City, Clouds).
Pour conclure, Innerspeaker est une jolie réussite pour les australiens de Tame Impala qui risquent sérieusement de faire parler d'eux et devenir l'un des prochains groupes de Rock à exploser de façon internationale. Si vous ne savez pas quoi écouter pour clore votre été en douceur, Tame Impala est là pour délayer ses tendres mélodies quand les derniers rayons de soleils disparaissent à l'horizon.
A écouter : l'esprit léger