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Biographie

Taint

Chris West - basse
Alex Harries - batterie
James "Jimbob" Isaac" - guitare, chant

Taint prend corps au Pays de Galles en 1994. Après une série de démos, est enregistré en 2000 un premier mini album, intitulé Die Die the Truthspeaker, sur le label Household Name Records. S'enchaîne alors toute une série de concerts en compagnie de cadors de la scène tels que Avail, Boy Sets Fire, Canvas ou Cathedral
En 2002, Taint enregistre un split en compagnie de leurs concitoyens Black Eye Riot, autant salué par la critique underground que la main stream.
Mais c'est une mini-tournée en compagnie de Clutch qui lui offre une tribune inégalable dont le point culminant est atteint au Garage de Londres. Dans la foulée, Taint organise une tournée baptisée Tour of Fury qui s'avère être un succès.
Juillet 2004 voit l'enregistrement de leur premier album magnifiquement intitulé The Ruin of Nová Roma qui ne sort en Angleterre qu'en octobre 2005 sur Rise Above Records. Quelques mois plus tard s'ensuit une tournée européenne en tête d'affiche avec leurs amis de toujours Army of Flying Robots. Pour marquer l'évènement est enregistré un 7 pouces avec Superfi Records.
En 2007, Taint repart sur les routes du Royaume-Uni aux côtés de Clutch et entre en studio pour enregistrer le successeur de The Ruin of Nova Roma, intitulé Secrets and Lies.
Deux ans plus tard c'est l'apothéose. Les gallois se retrouvent à l'affiche du Hellfest puis du Roadburn, set qui sera immortalisé sur la dernière production du groupe, All Bees to the Sea. Taint se sépare en 2010. 

12.5 / 20
1 commentaire (12/20).

All Bees to The Sea ( 2009 )

Soyons honnête. Même si Secrets & Lies, le temps aidant, est parvenu à nous révéler quelques bons côtés et reste malgré tout supérieur à bon nombre de productions du genre, on était un peu orphelins de l'ambiance et du caractère épique du superbe The Ruin of Nova Roma, de ses bourrasques tourmentées identiques à celles que l'on peut subir sur les falaises du pays de Galles, le regard perdu sur l'océan.
 
All Bees to the Bees n'atténuera pas ce sentiment. On passera rapidement sur l'artwork décidé après une nuit Maya l'abeille sur Gulli. Sur le plan musical, Taint porte le regard dans la même direction. Une production surpuissante et un genre surfant sur le southern de Down et le groovy de Clutch. Certainement incomparable dans le style. Excepté Mastodon, peu de groupes peuvent rivaliser à l'heure actuelle. Mais un peu décevant pour du Taint. Dorénavant le temps de la surprise est passé et le trio ne fait plus que chambouler des accords usés pour tenter de retrouver un feeling épique et tripant qui le fuit depuis un bail ("Black Rain"). Malgré tous les efforts, la sauce prend difficilement et hormis quelques tournures bien catchy ("Despite Desolation"), on s'ennuie un peu.
Le reste du skeud se compose d'extraits du concert du Roadburn. Un son assez brut sans artifice, histoire de nous faire sentir la fièvre des vieilles compos endiablées ("Poison Pen Attack", "Drunken Marksman"), et cette touche unique, ce sens du groove qui faisait la beauté de The Ruin of Nova Roma, que l'on retrouve partiellement sur le titre éponyme. Trop peu pour sauver la baraque cependant.

Tracklist : 1. Black Rain*, 2. Despite Desolation, 3. Prey the Wind Don't Change, 4. All Bees to the Sea*, 5. Hex Breaker, 6. Corpse of Love, 7. Poison Pen Attack, 8. Goddamn This City, 9. Born Again Nihilist, 10. Mass Appeal Sadness, 11. Drunken Marksman

A écouter : All Bees to the Sea
15 / 20
2 commentaires (17.25/20).

Secrets and Lies ( 2007 )

Il y a un an, sorti de nulle part, Taint nous avait plongé dans un abîme de gros son. Patiemment on avait erré avec délectation parmi les ruines de cette Nouvelle Rome honnise, attentif à la moindre sonorité, à la moindre note, convaincu qu'on avait dans les mains un album appelé à faire date. A tel point qu'on s'était laissé doucement gagner par l'idée que le prochain album ne pouvait être que meilleur. Logique. 

Secret & Lies ne bouscule pas les habitudes. En constante progression depuis Die Die The Truthspeaker, Taint y poursuit patiemment son labeur sidérurgique, nous imposant son metal hyper massif où, à coups de riffs contondants, les gallois battent leur fer autour d'une fine section rythmique ayant su trouver le compromis idéal entre la puissance de Black Sabbath et la verve du punk. Alliage leur permettant de compenser certains manques par une détermination et une technique à nulle autre pareille comme c'est d'ailleurs le cas sur "Hex Breaker" qui introduit l'album sur une note et une inspiration nettement moins affutée qu'à l'accoutumée. Toutefois, cette période de latence ne dure pas. La basse vrombissante de Chris West pénètre par les interstices et remet rapidement les pendules à l'heure. Impérial, majestueux, indolent, le mastodonte des Cornouailles progresse, dévastant le scepticisme qui nous avait cueilli à froid lors du premier titre, tout en conservant tout de même un brin de retenue, la faute vraisemblablement au mastering d'Alex Newport (Fudge Tunnel, At The Drive-In) moins direct, moins frontal ("Corpse of Love"). 
A juste titre. En effet, sous ses dehors bourrus, Taint n'en souhaite pas moins conserver une certaine mobilité, une latitude lui permettant d'explorer d'autres mondes que celui qui lui est naturellement prédestiné. Avec "Branstorm Zombie Revival", "Born Again Nihilist", les gallois plongent allègrement dans l'univers psychédélique zeppelinien, fil rouge de cette deuxième cuvée. Une ambiance très groovy, solide et souple à la fois, qui trouve un premier point d'achèvement sur "The Idealist" et ses handclaps, se superposant à cette langueur bien spécifique à Taint, cette mélancolie que seules les façades océaniques par jour de tempête sont capables d'offrir. Seulement...
Seulement, on sent malheureusement que Taint en a gardé sous la pédale. Certes les gallois maîtrisent toujours leur sujet mais semblent quelque peu rester aux ras des fraisiers. Pour avoir voulu gagner en authenticité, retrouver un son peut-être un peu plus brut, le trio n'en a pas moins perdu un peu de cet émoi, cette chaleur à la fois confortable et acide qui nous a donné par le passé les perles que sont "Amaranthine" ou "The Idol/The Memory". Bien évidemment, quelques traits évoquent encore ce passé pas encore révolu, provoquent en nous quelques frissons - les fabuleux "Goddam This City" et "Mass Appeal Madness" - mais l'étincelle, l'élément déclencheur fait furieusement défaut. Et ce n'est pas le titre "What the Crow Saw", aussi original qu'incongru avec sa flûte Jethro Tullienne qui pourra jouer ce rôle.

Impossible donc de réprimer un sentiment de frustration à l'écoute de Secrets & Lies. Beaucoup plus aride que son prédecesseur, Taint y campe une posture plus rude, plus conventionnelle aussi où l'émotion n'est certes pas absente mais loin d'être suffisante à égaler celle dégagée par The Ruin of Nova Roma.

Télécharger : "Hex Breaker".

A écouter : Goddam this City, Mass Appeal Madness, Corpse of Love
17 / 20
7 commentaires (17.71/20).
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The Ruin of Nova Roma ( 2005 )

On dit souvent du trio qu'elle est la meilleure formation possible pour un groupe de rock. J'avoue n'avoir jamais trop su pourquoi, mais je suppose que, d'abord sur un plan humain, moins on est nombreux, moins les probabilités de se fâcher sont élevées. Ensuite, que le trio est également la composition minimale permettant de faire fonctionner un groupe - c'était surtout le cas avant l'arrivée des nouvelles technologies - et enfin que chaque membre se doit de mettre les bouchées doubles pour parvenir à une efficacité maximale.

Cet effort, Taint aura dû l'entretenir à peu près dix années avant de sortir son premier album sur Rise Above Records, label de Lee Dorian (Cathedral, ex-Napalm Death). The Ruin of Novà Roma. Par cette métaphore beaucoup plus classe que "The End of All that Shit", Isaac établit un parallèle entre le déclin de la civilisation capitaliste, dilapidatrice et toujours avide de profit, et l'image que l'on se fait habituellement de l'empire romain et de la dégénéréscence de ses élites.

Taint est Issu de la scène punk métal dont il a conservé quelques restes dans un sludge d'une rare inspiration, d'une incroyable énergie. A l'évocation de sa puissance hardcore, impossible de ne pas penser à Mastodon, Eyehategod ou même Fudge Tunnel, ceci n'ayant rien d'étonnant l'album étant produit par Alex Newport.

Ainsi, pas d'adjonction superflue pour The Ruin of Novà Roma. Le son est brut de décoffrage, l'attaque est frontale, Taint ayant tellement confiance dans ses sonorités brutales, sa guitare grasse, sa basse saturée et son batteur qui tape comme un sourd, qu'il ne se permet que peu d'accélérations, préférant privilégier un rythme lourd, écrasant ("Drunken Marksman", "The Sound-Out Competition"), archidominé par les vocalises d'Isaac, à la voix aussi rugueuse que claire. Aussi quand le gratteux part dans des mélodies, Taint ne s'embarasse pas d'overdubs histoire de maintenir la rythmique à la même puissance. Et pour cause, il n'y en a pas besoin tant le bassiste envoie la gomme, avec une saturation branchée en permanence au maximum.

Très habile pour envoyer valdinguer à grands coups sonores, Taint l'est également pour provoquer des émotions plus profondes. Ainsi "Cours & Conquistadores", clôturant l'album sur un style plutôt "progressif", les zeppeliniens "The Idol/The Memory" ou "I'm Going to Kill Henry Ford", mais surtout "Amaranthine", formidable ballade monolithique d'une terrible mélancolie fortement entretenue par une chanteuse à la voix cristalline, contribuent à faire de The Ruin of Novà Roma un album aux sonorités sacrément originales.

Franchement, on aurait voulu dire du mal de The Ruin of Novà Roma, on n'aurait pas pu tant il est quasiment impossible d'y déceler de faille. L'attente pour Taint a été longue, mais le meilleur est peut-être à venir tant les anglais ont recueilli de lauriers de la presse spécialisée avec cette oeuvre. A mon avis, pas loin d'être un des albums de l'année. 

Télécharger : "Poison Pen Attack"  

A écouter : "Drunken Marksman", "Amaranthine", "Cours & Conquistadores"