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Biographie

Suis La Lune

2005. Cinq suédois, amis, éloignés, vont se rapprocher grâce à une envie commune : créer un Screamo gorgé de mélancolie. La petite amie du guitariste qui propose un nom de groupe "en français", des déménagements vers Stockholm pour se retrouver plus souvent en répétition et voici l’aventure de Suis La Lune lancée sur orbite. Un 7" dès 2005 pour laisser entendre le son de guitare propre au combo, puis une apparition sur la compil’ Emo Armageddon l’année d’après. 2006, le cycle lunaire a fait sa rotation, les suédois reviennent avec feux et larmes dans les rythmiques pour un mélange Emo / Screamo qui n’est pas sans rappeler Saetia ou Dominic. Le nom de l'album : Quiet, Pull The Strings !

15 / 20
1 commentaire (15.5/20).
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Distance / Closure ( 2015 )

A l’instar de ces paysages suédois que l’on imagine en noir et blanc, ce nouveau disque de Suis La Lune est ce frêle esquif qui vogue encore avec une fragilité métamorphosée ici en force. Distance / Closure, c’est la fuite de Riala vers de longues étendues (« Within »), aux écueils d’arpèges et aux éruptions délicates.
Et la pointe de ces arbres dessinant les contours de cet opus ne pouvaient pas mieux représenter ces dernières notes du disque, de plus en plus éparses et célestes. Alors oui, les soubresauts de Heir seront calfeutrés dans « Endless Cycle », le chant sera plus assuré tout en gardant son intention première mais l’empreinte de Saetia brillera toujours.
Lorsqu’on croit l’envolée se transformer en succession de coups, Suis La Lune transforme alors ses poings en lèvres, alternant directs et caresses, faisant de « Better Parts » un amour triste et de « Different Perspectives » un conte sépia. Là ou Quiet, Pull the Strings couplait une sincérité fragile à un espoir naïf, Distance / Closure semble avoir souffert du poids des années et des déceptions : « Utter Silence Is Fragile » semble bien lumineux face à « Endless Cycle » et « Can’t Believe I Spelled It Out To You » paraît candide en opposition aux quatre titres présentés ici.

Suis La Lune a encore réduit en miettes nos sentiments. Distance / Closure sera l’éternelle lueur d’une forêt désolée, le dernier flambeau avant la fin, avant de fermer les yeux une dernière fois. On y retrouvera l’innocence envolée, les fantômes des derniers souvenirs heureux. This is the End.

A écouter : Oh oui !
16 / 20
7 commentaires (15.71/20).
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Riala ( 2012 )

Quand Suis La Lune fit entendre ses premières notes en 2005, on annonçât "ils sont les nouveaux Saetia" ; aujourd’hui on se laisse à dire un peu partout d’une kyrielle de nouveaux groupes, "ils sonnent comme Suis La Lune". 7 ans séparent ces deux assertions. 7 ans qui ont fait de cette formation suédoise un pilier de l’emo-hardcore européen.

Tous ceux qui ont suivi pas à pas le parcours de Suis La Lune frissonneront dès "Cornéa", le titre d’ouverture de Riala. Le punctum cher à Rolland Barthes est là. Intarissable. Prenant aux tripes. Pliant le corps aux côtes. Avec l’afflux aux veines. Car Suis La Lune dénude à nouveau les émotions les plus intimes ("Remorse"), les plus impétueuses. Les arrachant au secret du silence. Organisant la rencontre de ses contraires pour exhiber ses contrastes. Et tout Riala respecte cet ordo, renvoie à tout ce que la formation nordique a déjà réalisé et qui la place à part.

A part. Suis La Lune. Une nouvelle fois. Rééditant les miracles de Quiet, Pull The Strings. Dans l’embrasure de la peine et de la révélation. Dans l’alliance du beau et du furieux. Marquant le visage de Riala de coups (d’éclat) et de baisers-bourrasques. En ajoutant un lit de piano et une trompette échouée sur "Wishes&Hopes". Ou en signant un de ses plus beaux titres jamais réalisé – "In confidence" – véritable Melancholia sonore où les soleils noirs se déchirent en spoken words et fracturent les nébuleuses post-rock dans une infinie tristesse.

The Saddest Landscape, il y a deux ans, avait rappelé à toute la frange emo-hardcore qu’il existait encore des groupes pour qui le screamo relève de l’art. Riala est un écho de ce cri. Une façon de rappeler que Suis La Lune n’a pas son pareil sur le Vieux Continent. Une façon aussi, de forcer ceux qui l’ignorent encore, à se plonger dans l’instant suis la lunien, cet instant maillé d’arpèges lumineux, d’élégies ardentes et de post-rock fécondé par l’hardcore. Là où l’urgence embrasse le renoncement. Aux extrémités. Sur cette arrête du ravin où George Bataille dit que se situe la vie.

En écoute ici.

A écouter : au firmament
15 / 20
3 commentaires (18.67/20).
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Heir ( 2008 )

Fruit de l’union entre la douleur et la colère, Suis La Lune est né dans l’écume emo des jours malades ; sur cette partie fragile de la vague où le tumulte pousse son ultime rugissement avant d’abaisser les armes.

Suis La Lune n’a pas son pareil pour capter l’éclat, celui de l’astre de nuit, celui qui luit malgré les ténèbres qui l’entourent. Avec Heir, les suédois démontrent une nouvelle fois cette capacité quasi picturale de dépeindre les différentes nuances de l’âme humaine en faisant resplendir toutes ses teintes. Car Suis La Lune est tragique, au sens antique du terme, mue par cette intarissable fièvre musicale qui joue sa partition dans le théâtre du destin. Au prologue, Suis La Lune fait ainsi chuchoter les guitares ; dans son épilogue, il les fait geindre. Ce qui était annoncé dans le murmure se réalise dans le cri.
Tout ce qui a un début à une fin.

Comme dans la Demo, comme dans Quiet, Pull The Strings!, Heir défend donc le versant émotionnel du Hardcore en élaborant une dramaturgie sonore qui fait hurler les chœurs et pleurer les instruments. La fureur des condamnés se retrouvent dans ces entames frénétiques typiques du groupe  ("September Gave Us Akwardness, October Gave Us Nothing") ou dans ces creux infligés au tempo qui exaltent les déclamations des cordes. Dernier acte ? "Can’t Believe I Spelled It Out To You" ou comment donner au déclin le parfum de l’apogée, entre arpèges post (la marque de fabrique du quatuor) et spoken word étouffés dans le lointain.
Tout ce qui est né doit mourir.

Ne pouvant égaler totalement Quiet, Pull The Strings! du fait de son court format (4 titres seulement), Heir maintient néanmoins, par sa qualité et la variation de ses compositions, les suédois dans les hautes sphères de la nébuleuse emo. Animé par une fragilité et un esthétisme unique, le groupe continue ainsi d’alimenter cette autre conception du screamo, guidé par une mélancolie pudique qui recherche la correspondance entre les ombres et les lumières ;
en quête du sublime.

En écoute du myspace.

A écouter : en pleurant
17 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Quiet, Pull The Strings ! ( 2006 )

Le titre ordonne, le contenu obéit. Suis La Lune ; et la fin de son parcours, lorsque les étoiles abandonnent la lutte et que les oiseaux de l’aube contemplent les restes du champs de bataille.

Avec un son d’introduction semblable à une harpe et des reverbs évoquant les rayons de l’aurore, Quiet Pull The Strings ! plonge son auditeur dès les premières secondes dans un univers poétique empreint de fragilité et de douleur. La nostalgie sur les lèvres, Suis La Lune évoque des images, les crée puis les incarne. Ici donc, le screamo se fait cristal ; la seule forme au fond capable de conduire à l’éclat. "Utter Silence Is Fragile" lance les premiers mots, sur des lignes de guitare désespérées là où le cri côtoie le murmure et la peine la fureur. Incroyablement, et en un seul titre, les suédois exhument un courant screamélancolique qu’on croyait mort et enterré avec Saetia. "Is it real ?" Mêmes compositions lancinantes, même drame au cœur, même énergie crépusculaire, le quatuor parvient à mêler ses antagonismes pour atteindre le même alliage subtile que le combo culte américain.

Enragé, refusant la mort de l’astre, Suis La Lune avance en soubresaut au milieu des riffs saccadés ("This Heart easily Tears"), des tempos punks ("Eris Flies Tonight") et des sanglots mélodiques ("My Mind Is A Birdcage"). Quiet, Pull The Strings!, s'apparente au final au gigantesque spasme d’un groupe dont le hardcore emotif trouve sa pleine éclosion entre complaintes et acharnements rythmiques ("The Light matters always matte"). En larsens ou en arpèges, en phrasés furieux ou en spoken word, Suis La Lune exprime son romantisme musical avec une rare intensité. Car là est la force du groupe, d’appuyer sans cesse sur ses propres plaies pour crier davantage, de les rouvrir pour laisser couler une mélancolie versatile qui cogne autant qu’elle caresse ("Quiet, Pull The Strings"), en un mot : de repousser constamment ses propres limites.

Suis La Lune n’est pas un groupe à ranger au milieu d’une nuée d’autres du même type. Grâce à un feeling atypique mêlant assauts syncopés et accalmies nocturnes (en atteste le chef d’œuvre "My Mind Is A Birdcage" et son final post rock), la formation suédoise parvient à (re)donner au screamo sa forme la plus noble et la plus sincère là où vivre, aimer et souffrir ne forme qu’un seul et même mot.

En écoute sur myspace.

A écouter : Depuis l'aube jusqu'au cr�puscule.