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Biographie

Sugartown Cabaret

Formé en Janvier 2005, à Caen- foyer de groupes Emo de renoms (The Apollo Program, Amanda Woodward), suite à la séparation du groupe de Metal cherbourgeois Society, Sugartown Cabaret ne met pas longtemps à se joindre à cette scène en enregistrant dès le mois de mars une première demo en autoproduction. Quatre titres gravés dans la roche afin de partir sur les routes, ce qui débouchera justement, un an plus tard, sur un album enregistré en live. 2007 permet aux caennais de franchir une nouvelle étape puisque le groupe commence l’année en partageant un split avec L’Homme Puma avant de la clôturer avec la sortie de son premier album, The First Time I Lost The Road Map, coproduit par Abstraction&Paranoïd Records.
Lors de tournées européennes, le quintet a partagé l’affiche avec les voisins d’Amanda Woodward et Aussitôt Mort, ainsi que quelques pointures comme A Day in Black and White ou Enoch Ardon. 2010 est une année chargée pour Sugartown Cabaret puisque le groupe sort un split avec Adorno et son second album : Beyond Foams.

Sugartown Cabaret ( 2017 )

Le chant du cygne. Naître et mourir en même temps, destin tragique mis en oeuvre par Sugartown Cabaret. Il aura fallu 7 ans pour que l’agonie se termine, dans un dernier soubresaut à l’apparence délicat.

Cet éponyme souffre pourtant d’un élément très perturbateur : son inconstance. Sugartown Cabaret évolue encore, mais prend mille visages et n’en garde aucun jamais plus de quelques échanges de regards. C’est cette hétérogénéité qui prendra la main sur les premières écoutes, cette sensation de ne pas savoir ou évoluer. Un bien pour un mal, quand on sait comment le combo a su évoluer sur ses différents albums, mais une difficulté pour celui qui cherche un disque d’un seul tenant. Ayant moi-même failli me perdre dans les méandres de « Hung », cherchant un fil conducteur pour au final tenter de percer l’aspect labyrinthique de l’ensemble.
Même si nous ne sommes pas dans un disque de Chaotic Hardcore, les ambiances changent légèrement au travers de chacun des titres, passant de nappes sonores à passages plus épurés, calant un riff hypnotique par moment (« Foundations ») mais sans jamais prendre le parti de faire un disque vraiment déconstruit.

S’il mixe encore Emo, Post-Hardcore et quelques soupçons de Post-Rock, le groupe garde ce chant entêté, qui porte sur le même registre que celui de Tang, notamment dans « The Spell », et le couple à des envolées Post (« The Pen »). L’ombre des premiers efforts, plus Hardcore, a définitivement disparu, n’espérez plus un « All the same she said » pour accélérer l’ensemble ou même un équivalent à « The Tower ». Sugartown Cabaret a allégé sa musique, le rendant plus lumineux pour certains aspects mais gardant des thèmes tout aussi sombres (« Foundations » ou « Quest »), confirmant cette mort annoncée (« Time has come, the death is here » ou « You wrote for me once again - None of us can win ! »). Pourtant, cet éponyme semble frêle, incertain, donnant à certains morceaux une sensation fade (l’entrée en matière de « TV Set », qui rompt avec la majesté de la fin de « Listless », ou encore la facilité de brefs instants de « Quest ») et une ambiance un peu moins épique que sur « Feeling thrilled with the guests ».

Sugartown Cabaret meurt en grande pompe.
Les trompettes résonnent encore lorsque le cortège quitte peu à peu la place, la foule s’écarte, digne dans la douleur, gardant à l’esprit les derniers instants de « The Spell ».

A écouter : Listless

Beyond Foams ( 2010 )

La tradition en musique, c’est souvent d’y aller en crescendo, de commencer par une introduction, par une douce mise en bouche. Mais Sugartown Cabaret emmerde la tradition.

"The Tides" le prouve, pour ceux qui en doutaient. Au départ en ligne, il n’y a que Sugartown Cabaret. Que sa tête, que ses instruments, que ses tentacules. Comme une hydre. Le groupe bouffe littéralement les premières secondes de l’opus et flanque d'emblée une bonne rafale à la platine par la nervosité de son couple chant/guitares emmêlées. On retrouve alors ce qu’on avait aimé dans les précédents efforts : ce cri contenu, mi screamé/mi parlé, porté par de beaux textes en anglais, et puis, ce je ne sais quoi de triste sans l’avouer dans l’agencement des notes.
 
Ce qui a changé toutefois – car entre chaque sortie, Sugartown Cabaret opère une mue -, c’est un certain délaissement des parties les plus énervées. Le côté corrosif n’est plus, remplacé par une facette plus désabusée que caractérise l’inclinaison de tout Beyond Foams pour un post-rock/post-core sinueux. A l’instar de Aussitôt Mort ou Le Pré où je suis mort, les caennais jouent un acte plus grave, plus étiré, en reprenant les sonorités et les variations rythmiques propres à la discipline ("Nothing Is Mine", "Hazard Lights"). Plus  languissant (l’excellente Feeling thrilled with the guests et son tempo en à-coups), plus maniéré aussi  –  au sens noble du terme –, Beyond Foams ne marche pas dans les mêmes plates bandes que son prédécesseur. D’aucun diront qu’il est de ce fait un peu moins inspiré, moins simple d’accès et d’apparence plutôt linéaire. C’est possible, et quelques variations plus énergiques n’auraient probablement pas nui au propos en effet. Mais ici, Sugartown Cabaret recherche autre chose que l’hétérogénéité. Il s’agit d’entrainer l’auditeur au milieu d’un nuage gorgé de pluie et d’éclairs.

En écoute sur MS.

A écouter : "Feeling Thrilled with the guests", "Hazard Lights"

The First Time I Lost The Road Map ( 2007 )

Après un enthousiasmant split enregistré en début d’année en compagnie de l’Homme Puma, Sugartown Cabaret avait pris rendez-vous à la croisée des ogives avec un message clair: "If you’re looking for trouble you came to the right place".

Riffs alarm(istes) en éclaireur et batterie sulfureuse au sillon, Sugartown Cabaret s’enfonce au coeur de sa première nuit, sous un concert de guitares criardes soutenues par une basse prompte à s’engouffrer dans la moindre brèche. Car avec ou sans carte, les caennais montrent qu’ils sont bien décidés à y aller. "Now I have to go to show them I can". Entraîné par un frontman tumultueux et bouillonnant, STC redonne donc à apprécier son phrasé punché (on se souvient du corrosif "Two Days Only"), décollant les planches par sa capacité à s’engager dans les chemins les plus sauvages (en atteste le break rockin’ your face de "Be Slacked" ou la prise d’espace quasi punk hardcore dans l’entame de "All The Same She Said"), revenant sans cesse à la charge pour trouver la place en équilibre, à la frontière du chant et du cri.

Conquérant et épaulé par les assauts incessants des 6 cordes, The First Time I Lost The Road Map se démarque ainsi du reste des productions du genre par un travail minutieux des guitares, qui juxtaposent traînées de poudre et pluies acides. La boussole fixée sur une tabulation aiguë, le quintet détend alors ses cordons, chahute les éléments et malmène sa partition pour livrer une autre part de son identité ("Assis à regarder" et son pont vaporeux duquel vient choir la complainte d’une trompette). Et c’est là, la force de ce premier album, de laisser sur le bord de la route les stéréotypes du mouvement au profit d’une arborescence sonore désireuse d’affronter le trouble. Sugartown atteint alors le paroxysme de son inspiration, ébréchant le carcan des minutes pour trouver la voix lactée au bout d’efforts progressifs/post ("Interlude ?", "Mai")

En perdant sa carte, Sugartown Cabaret à gagné en liberté, s'offrant à présent la possibilité d'élaborer son emo au gré de son imagination. Ce nouveau champs d’investigation ouvert, l’application (caractérisée par un bel artwork) et l’audace en découlant, Sugartown Cabaret a désormais toute la latitude pour ne plus suivre d’autre itinéraire que celui qu’il aura tracé.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Mai", "Be Slacked", "Assis, A Regarder"