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Biographie

Sublime Cadaveric Decomposition

Créé en 1996, le groupe s'axe d'emblée dans l'identité gore grind. Après plusieurs EP, le groupe sort son premier LP, I en 2001 puis II suivra en 2003. Après des changements de line up, le groupe sort en 2007 Inventory of Fixtures et Sheeps'N'Guns en 2011. Le dernier album en date Raping Angels in Hell voit le jour en 2017.

Chronique

Raping Angels in Hell ( 2017 )

Plus de vingt ans après leurs débuts, le groupe porte étendard de la scène underground française, Sublime Cadaveric Decomposition sort un nouvel opus du nom de Raping Angels in Hell. Comment les parisiens ont-ils adaptés leur sauvagerie avant-gardiste de l'époque aux temps modernes ? Réponse en chronique.

Il faut déjà un peu replacer les choses dans le contexte. Les années 90 c'était un peu l'âge d'or de la scène underground. Difficile à concevoir aujourd'hui avec facebook, soundcloud, youtube et la pléthore d'autres moyens de diffusion, mais à cette époque écouter une musique et découvrir un artiste était un petit événement. Les cassettes tournaient beaucoup sous les manteaux, et les bootlegs s'échangeaient comme des maladies vénériennes. Aussi quand on tombait sur un groupe comme Sublime Cadaveric Decomposition on allait de surprise en surprise. C'était inédit, lourd, rapide, brutal, anarchique et jouissif, aussi je ne saurai que vous conseiller de jeter une oreille sur I et sur l'Album II. (Oui on ne s'emmerdait pas avec les titres à l'époque. Avec les paroles non plus d'ailleurs)

Mais aujourd'hui l'adage "Grind is Dead" est devenu plus ou moins une réalité. À l'heure du numérique, du trigg, des simulations d'amplis, de pièces, d'enceintes, bientôt pourquoi pas simulation de bassiste, après tout c'est bien connu, ils ne servent qu'à conduire le van et ranger le matos, comment un groupe qui a fait du garage, du crade et du non conventionnel son fond de commerce peut-il survivre ? Sublime Cadaveric Decomposition a la réponse : retravailler l'identité sonore en gardant l'esprit grind. Ça passe par une guitare, avec un son très axé médium, qui a été doublée pour l'enregistrement, une batterie avec la grosse caisse et les cymbales très mises en avant, la caisse claire plutôt en retrait pour ne pas sonner deathcore, une basse qui passe un peu à la trappe pour permettre d'aérer les morceaux et l'ajout de paroles et de variations vocales au chant. Il n'y a qu'à voir sur le dernier morceau, partageant son nom avec l'album, petite pépite au demeurant, les différentes intonations et les différentes techniques employées pour rendre les effets pour comprendre là ou je veux en venir.

Mais du coup n'est-on pas perdu par tant de changement ? Non, car l'esprit est toujours présent. C'est surement une des choses les plus difficiles à expliquer dans une chronique, ça dépend d'ailleurs peut être plus du sentiment que du sensitif, mais c'est ce qui fait la différence entre une musique qui tient un propos, et une autre un peu plus artificielle. Non pas qu'une catégorie soit meilleure que l'autre, il peut y avoir objectivement des morceaux très incarnés qui sont assez maladroits (Je suis sur que Fadadès a une démarche originale et sincère), et d'autres qui respectent une mayonnaise déjà connue et qui fonctionnent très bien ( Before I forget de Slipknot) On pourra du coup citer les riffs hachés et en contre temps de The Day They Dissect Me qui ne sont pas sans rappeler la piste 11 de l'album I (quand je vous disais qu'on ne s'emmerdait pas avec les titres) La reprise mid tempo en sortie de riff complètement typique du style sur Apostate Angels. Les magnifiques arpèges en legato de Grumbling Hive.

Peut-on encore parler de grind pour autant ? Premièrement, je suis convaincu que les membres de SCD s'en battent joyeusement les valseuses de savoir s'ils collent encore à l'étiquette qu'on leur a donné ou non. Deuxièmement, on est dans une catégorie de style où il y a tellement de variations et de fusions dans tous les sens qu'il est compliqué de définir des codes précis et si quelqu'un tentait d'imposer un guide, la plupart des musiciens s'empresseraient sur le champ d'envoyer valser en l'air cette contrainte. Cependant si l'on s'attarde sur l'imagerie et les champs lexicaux de Raping Angels in Hell, avec des titres comme The Torture Chamber, Medico-Legal Psalmody, on est clairement dans cet état d'esprit typique à cette musique. Les changements radicaux de rythme et la guitare toujours à mi chemin entre powerchord et arpège se revendiquent également légitimement de cet héritage musical.

C'est un sentiment très positif au final vu qu'on retrouve les bonnes idées, la brutalité et l'esprit d'avant avec des nouveautés dans la recherche de son, de structures et d'énergie. Certes du coup on perd la notion d'imprévisibilité et de chaos des opus précédents, mais Raping Angels in Hell est une bonne porte d'entrée pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Sublime Cadaveric Decomposition ou le grindcore au sens large. 

A écouter : The Day they Dissect Me, Raping Angles in Hell
Sublime Cadaveric Decomposition

Style : Grind
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Origine : France
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