Vous êtes à la recherche d'un disque 0% prise de tête… Et bien Stupeflip est peut-être ce qu'il vous faut : un mélange habile de rap/hip-hop et de punk/pop avec des paroles débiles à souhait, qui fait alternativement penser aux Beaties Boys (pour les voix), à Bloodhound Gang (pour la zik, le mélange rap/pop/punk) et aux Svinkels (pour le délire, mais les paroles sont moins portées sur le cul).
Le délire est le maître mot de ce disque construit comme une grande farce : les chansons sont entrecoupées d'interludes racontant la " légende " du crou (terme sous lequel se désigne le groupe), une histoire " abracadabrantesque ".
Les Stupeflip nous livrent en intro une piste instrumentale avec une musique bien stressante accompagnée de scratch et une voix qui nous annonce que le " Stupeflip Crou ne mourra jamais ", pour enchaîner direct sur Stupeflip : le même beat est martelé à outrance pendant 4 minutes, et les paroles annonces tout de suite la couleur quand à la suite du cd (" truc stupide ", " musique de barrés ", " recette de tarés ", …). Le décor est planté, " stupeflip c'est le truc stupéfiant ". Et après un interlude, ça enchaîne sur les singles je fume pu d'shit / j'refume du shit aux paroles et musique diamétralement opposées, la première enjouée, la seconde déprimante, racontent les méfaits du cannabis (mais ce n'est pas pour autant qu'ils ne doivent pas en fumer). Passé ces 3 titres qui étaient déjà sortis sur des maxis commencent la vrai découverte de l'album : l'épouvantable épouvantail chanson punkisante avec un riff de gratte bien gras qui raconte la vie/résurrection de King Ju ; Les monstres ou comment faire une chanson sur les films de série Z ; Carry On, chantée en anglais, qu'on se demande comment elle est atterrie ici (même remarque pour la bavure de Pop Hip, un slow tout nul qui porte bien son nom : ces 2 chansons rompent la relative homogénéité de l'album, c'est fait exprès, ça fait partie du délire, mais cela reste surprenant) ; L.E.C.R.O.U. qui raconte un peu les galères du groupe, un hymne anti-undergroundisme sur fond de hip-hop ; A bas la hiérarchie hymne anti-capitaliste dont ils disent eux même " que même si la chanson elle sert à rien, ça me fera du bien de gueuler ce refrain ". On est fixé, les Stupeflip ne cherchent qu'à se faire plaisir à travers la musique. Restent The Cadillac Theory, à réserver aux fans de l'humour pipi-caca, et Passe mon truc, où l'histoire d'un mec qui veut passer sa k7 lors d'une teuf… Et pour finir un remix de Stupeflip et Annexion de la région Sud qui annonce les crédits du skeud de manière parodique. J'allais oublier de parler de Comme les zot', une des meilleures chansons, qui est une énumération de 1'30 de noms de chanteurs et chanteuses français accompagnés d'un gimmick (" comme Jacques Higelin je suis tombé du ciel ") : c'est très drôle et les imitations sont particulièrement bien réussies !
Sans casser des briques, parce que simples, les musiques sont bien trouvées et collent parfaitement aux paroles. C'est donc plutôt le chant qui donne tout son relief à l'ensemble, car en tout ils sont 4 à chanter, et ils ont tous un timbre de voix très singulier : King Ju, Cadillac et Mc Salo ont des voix de fou, complètement éraillée pour Cadillac, et seul Pop Hip (double personnalité de King Ju) chante calmement… ainsi que Mangu qui chante en anglais. Sur certaines chansons, les paroles seront braillées (L'épouvantable épouvantail, A bas la hiérarchie, The cadillac theory), sur d'autres, simplement chantées (Les monstres, L.E.C.R.O.U., Je fume pu d'shit).
Stupeflip est un album qui se laisse tranquillement écouter, les chansons sont toutes sympas, on pourra peut-être être gavé à force par les interludes…une fois que l'on connaît bien l'histoire.
J'espère ne pas en avoir trop révélé parce " qu'il faut garder un tout petit peu de mystère, exactement, comme le mystère au chocolat ".
A écouter : L'