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Biographie

Strapping Young Lad

Strapping Young Lad est un groupe de metal indus extrême crée par Devin Townsend en 1995, juste après que le musicien ait tourné et enregistré avec Steve Vai. Il écrit tout seul l'album Heavy As A Really Heavy Thing, premier effort du groupe alors composé d'une seule personne. Viendront se greffer sur le projet tout d'abord le batteur Gene Hoglan (Death, Testament, Fear Factory) qui l'aidera à écrire le deuxième album City, puis Byron Stroud (Fear Factory, Zimmers Hole) et Jed Simon (Zimmers Hole) qui prêteront main forte pour l'enregistrement et les concerts de la formation avant de devenir membres à part entière du groupe. Ce deuxième album fera des émules à sa sortie en 1997 et ne tardera pas à devenir un des albums les plus bourrins jamais enregistré, avant de devenir culte, certaines chansons ayant contribué au phénomène Strapping Young Lad en les inscrivant directement au panthéon des groupes les plus heavy de la scène métal internationale (Oh My Fucking God, Detox, AAA).
Le groupe enchaîne les concerts avec notamment Crowbar, Entombed et Obituary.
Devin Townsend mettra ensuite le groupe en pause, le temps de s'occuper de sa carrière solo et de son métier de producteur (Lamb of God, Soilwork, Zimmers Hole) pour revenir en 2002 avec le successeur de City, l'éponyme "Strapping Young Lad" et sa terrible chanson "Aftermath", véritable ode à la sauvagerie. Ils repartiront pour une tournée éprouvante avec entre autres Nile, Meshuggah ou encore Devin Townsend...

2005 sera pour le groupe l'apothéose de la sauvagerie, l'année de sortie de l'album Alien, excessif, violent et complètement dément. On dira même de cet album qu'il est la bande son parfaite d'une émeute, pas étonnant quand on sait que pour écrire Alien, Devin a arrêté de prendre le traitement qu'il suit pour son trouble maniaco-dépressif, afin de laisser s'exprimer toute la folie qui était en lui.
Ils reviendront un an plus tard avec leur dernier album "The new Black", très différent des autres productions, avant que Devin ne décide de dissoudre le groupe poue éviter selon ses dires de ne pas s'enfermer dans un style unique.

Le style de Strapping Young Lad est un Metal très très lourd et accordé très bas, proche de l'indus par certains aspects, mais ayant une dynamique plus heavy et des structures plus complexes, avec une utilisation frénétique de la double pédale quasi systématique, dont seul le métronome vivant Gene Hoglan a le secret. La plupart des chansons ne parlent de rien et sont juste un éxutoire, ou sont des parodies à l'humour douteux que Devin Townsend aime bien mettre en avant (Far Beyond Metal, Goat, Oh My Fucking God, Love?, ...).
Strapping Young Lad c'est aussi une voix, assez atypique dans le milieu du métal, puisque Devin est capable de chanter comme de pousser des hurlements suggestifs assez violents, très loin des growls ou autres grunts classiques.

Chroniques

The New Black City
15 / 20
3 commentaires (14.17/20).
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The New Black ( 2006 )

Dernier album des fous furieux canadiens menés par le non moins fou furieux Devin Townsend, The New Black dont l'artwork n'est d'ailleurs pas si sombre que ça (un signe ?) sorti en 2006, représente la mutation artistique déjà amorcée sur l'opus éponyme précédent, à savoir un album plus nuancé, moins bourrin, beaucoup plus travaillé. C'est donc tout naturellement et assez logiquement que s'est instauré un sentiment de déception à la sortie de ce dernier album pourtant très attendu. Sorte de faux vrai album de Strapping Young Lad, il témoigne plutôt d'une certaine tendance artistique que le frontman utilise pour ses projets solos, à savoir des compositions hautes en couleurs, très travaillées au niveau de la mélodie, plus accessibles, plus accrocheuses, moins directes. Si les albums City et Alien étaient de vrais exutoires pour son esprit malade, on sent bien ici la retenue gagner sur la folie tout au long de ce dernier effort.

Pourtant n'allez pas imaginer là que cet album est mauvais, loin de là. Juste très différent dans la composition, comme si l'artiste avait pris le dessus sur le maniaco dépressif notoire, c'est à dire qu'on va retrouver des titres de "Happy Metal" qui auraient pu figurer sur un album de Devin Townsend (Monument, Hope, Almost Again, Plyophony, et le groovy "Fucker" avec Bif Naked en guest star au micro) et d'autres qui attestent toujours un peu de la folie destructrice qui coule dans les veines du gentil diable (Decimator, You suck, Antiproduct, Wrong Side, Far Beyond Metal).
En clair, The New Black est un album annonçant la couleur, quelque part entre Devin Townsend et les débuts de Strapping Young Lad, d'où la frustration qu'ont dû éprouvé nombre de fans de la première heure, se sentant certainement trahis par des compositions  moins rentre dedans. C'est un parti pris du groupe, qui déclarait avant sa sortie ne plus vouloir être enfermé dans un genre à part entière mais essayer de toucher d'autres horizons, avec le talent qu'on leur connaît. Exit les boucles de double pédale de 3minutes, place désormais à des riffs plus structurés, plus conventionnels, place aux solos de guitare pas dégueu du tout, un peu moins de scream et plus de parties chantées (pas dégueu non plus), et force est de le constater, plus de conformisme. Exit le mur de son et la puissance qui caractérisaient tant le son d'un album de Strapping Young Lad, c'est d'ailleurs le plus gros reproche qu'on pourrait faire à The New Black. Toutefois rassurez vous, les riffs lourds sont toujours là, la double pédale aussi, et l'humour décapant (« And your girlfriend fucking suck ! Hell Yeah She fucking suck ! » sur You Suck). D'autres instruments plus atypiques s'invitent au programme : cuivres sur Antiproduct et Monument, claviers et nappes de samples sur la plupart des chansons, chœurs sur Almost Again, ...).

Une chose est certaine avec The New Black, c'est que Devin Townsend se situe artistiquement parlant à la limite entre ses deux groupes, et ce n'est ni une mauvaise chose ni une bonne chose, juste un tournant dans une carrière brillante, il le disait lui même à la sortie de cet album, il vieillit et a de plus en plus de mal à garder une direction artistique propre avec Strapping Young Lad sans se soucier des aspects financiers de la chose. Hé oui, Strapping Young Lad devenait à cette époque une machine de guerre omniprésente sur le front métal, et à en croire Devin, cela devenait plus un devoir qu'un plaisir de composer, le plus important là dedans est qu'il ait continué à essayer de faire au mieux, et que ce dernier album soit toujours aussi plaisant à écouter, plaisant de façon différente, mais toujours aussi cohérent et réussi artistiquement parlant.

Au final ce dernier album est plus un album bourrin de Devin Townsend ou un album mou de Strapping Young Lad (au choix), qui devrait décevoir pas mal de fans originaux, mais trouver de nouveaux adeptes moins friands de violence gratuite. Néanmoins il mérite toute l'attention et reste un très bon album.

A écouter : You suck, Antiproduct, Wrong side, Fucker, The New Black
18 / 20
13 commentaires (17.77/20).
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City ( 1997 )

Souvent considéré comme l’œuvre majeure du groupe, ce deuxième album sorti en 1997 a connu un succès retentissant au sein de la scène heavy à sa sortie, considéré comme l'un des albums les plus violents jamais réalisé, une boucherie sans nom pour l'époque, l’exutoire d'un esprit malade et complexe.
Revenons sans plus tarder en 1997, Strapping Young Lad est une formation toute jeune mais le talent de Devin Townsend n'est déjà plus à prouver, après avoir enregistré et tourné avec Steve Vai, le canadien s'est déjà fait un nom dans le milieu et commence à faire parler de lui dès 1995 avec son premier album sous le nom de Strapping Young Lad "Heavy As A Really Heavy Thing", déjà bien violent pour l'époque. Il réitère donc avec ce deuxième opus sobrement intitulé "City" dans lequel lui et le charismatique Gene Hogland (Fear Factory, Death, Testament) accompagnés de Byron Stroud (Fear Factory, Zimmers Hole) et Jed Simon (Zimmers Hole) vont littéralement se déchaîner.

Quand on ré écoute cet album aujourd'hui on ne se rend pas forcément compte du caractère pachydermique de l'ensemble des titres, pourtant à l'époque, rares étaient les groupes à avoir atteint un tel niveau de compétence en boucherie / charcuterie musicale, quand on dit que c'était l'album le plus violent à l'époque, certains trouveront peut être quelque chose à redire là dessus mais c'est en tout cas l'album étiqueté "sauvage" qui a le plus marqué son temps, et a fait passé Devin et son groupe de "presque" parfait inconnu à "stars montantes de la scène métal extrême".

Et ça dépote sévère mes amis, le genre d'expérience à vivre, dont on ne ressort pas indemne : les plus faibles vomiront, les plus forts en redemanderont. City ne laisse pas indifférent, et c'est incontestablement un album magnifiquement brutal : la brutalité dans un écrin de folie, le chaos à l'état pur, 40 minutes de bonheur.
Prenons deux titres emblématiques de cet album, tout d'abord le grandiloquent Detox, qui démarre sur une boucle de gratte hypnotique, puis Devin d'annoncer le début du carnage "Play that stupid piece of shit!", et c'est là que commence vraiment ce qui deviendra une des chansons les plus intenses que vous n'ayez jamais proposée à vos oreilles innocentes, Hoglan enclenche la fonction métronome humain pour 2 minutes 30 de double pédale et de blast hallucinants, servis par une rythmique complètement destructurée, accompagnés de riffs en pagaille en provenance directe de Verdun. Ca joue vite, c'est lourd, c'est bas, c'est bien ! On aurait pu en rester là tellement ces enchainements étaient suffisamment bien faits, mais le groupe enchaîne dans la douleur avec une minute de bridge complètement barrée, sorte de pause qui soulage les tympans, moment d'allégresse complet, avant de repartir à la charge sur le même tempo. Tout cela mis bout à bout fait au final de cette chanson la Mona Lisa de la violence musicale. Simple, carrée, efficace. Rien de moins.
Deuxième temps fort de City, les deux titres AAA et All Hail The New Flesh qui ont en commun une mélodie discrète mais soignée, qui feront les beaux jours de The Devin Townsend Band quelques années plus tard, mais pour le moment ce sera breaks furieux et guitares grasses pour All Hail et ambiance tendue pour AAA, où on sent une certaine retenue au niveau du rythme et de la structure pour mieux mettre en avant le côté malsain inhérent à la chose. Et que dire de Underneath the waves ? Tellement éprouvante,et de Room 429, sorte d'avant poste de la croix rouge au beau milieu d'un champ de bataille, chanson écrite à la base par Cop Shoot Cop et reprise ici avec talent, qui soulagera vos oreilles pendant quelques minutes.

Petits ou grands, vieux métalleux ou baby métalleux, il vous faudra absolument passer un jour par cet album essentiel, vous l'aimerez ou le détesterez (ça doit être possible), mais chacun admettra le talent et la folie qu'il a fallu à Strapping Young Lad pour accoucher d'une oeuvre aussi subversive que démente. Vous serez prévenus !

A écouter : Quand vous n'allez pas bien...