Auteurs d’une démo qui avait forte impression à sa sortie, début 2003, les ex- Strike Back refont surface avec leur premier véritable album : The Blackest Dawn. Une longue attente et beaucoup d’espoir pour cet album, que l’on voyait déjà propulser le groupe dans les hauts rangs de la scène hexagonale.
La première écoute surprend. Où est passée cette énergie bouillonnante qui faisait la force de leur première démo ? Qu’est-il arrivé aux guitares lors du mixage ? Pourquoi avoir abandonné le chant en français ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que Stillrise a mûri, digéré ses influences et propose désormais un hardcore/metal bien plus personnel, dans les sillages des excellents Unearth, Darkest Hour ou Caliban (époque Vent) : un fond hardcore métamorphosé par des riffs saccadés empruntés au metal, voire même ici au heavy (Something to hang on) ou au death (The rotten corpses).
Malheureusement ce qui fait l’originalité de Stillrise, à savoir cette diversité dans les riffs et la belle ingéniosité pour les incorporer à leur univers hardcore, se voit franchement pénalisé par la faiblesse de la production. Les guitares manquent nettement de relief et s’effacent derrière une batterie qui n’est pas non plus à son avantage, souffrant d’un son de caisse claire diffus et d’une grosse caisse sans puissance.
Malgré cela, les morceaux finissent par faire leur effet et l’écoute de l’album en est facilitée. Le premier morceau Drowned in poison annonce la nouvelle orientation musicale du groupe : plus de mélodies, une énergie davantage maîtrisée et des structures plus complexes. Cependant les couplets s’avèrent souvent longuets, et certains morceaux auraient gagné en efficacité s’ils avaient été écourtés. Les deux chanteurs enrichissent toujours les compositions par leur complémentarité de style. Sur Seem to be plane l’ombre de la scène new-yorkaise (Sick of it all, 25 Ta life…), amusante référence avec un finish tout aussi surprenant. Burn your flag est sûrement le morceau le plus intermédiaire entre la démo (désormais renommée StrikeBack et fournie en accompagnement de cet album en version remasterisée) et ce The Blackest Dawn. L’album se termine en beauté sur l’ironique The rotten corpses : une composition brutale, variée, terriblement efficace.
Avec The Blackest Dawn, Stillrise s’affirme et se distingue en évoluant dans un style hybride où s’entrechoquent metal, hardcore old school, death. Seulement cet album laisse un goût d’inachevé, déjà par le nombre de titres (seulement 7, plus une intro et un interlude), mais surtout par la fadeur de la production. Néanmoins on reste confiant pour la suite, car ce groupe est talentueux.
A écouter : Drowned in poison, Something to hang on, The rotten corpses