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Biographie

Steven Wilson

Steven John Wilson, né le 3 novembre 1967 à Hemel Hempstead, Hertfordshire au Royaume-Uni, est un guitariste, chanteur, producteur et compositeur britannique autodidacte principalement connu pour être le leader de Porcupine Tree.
Tout en continuant à se consacrer à ses nombreux autres projets, c’est à partir de 2003 que Wilson sort les premiers morceaux sous son propre nom, sous la forme de CD 2 titres composés d’un original et d’une reprise. Il en a à ce jour sorti six, intitulés Cover Version (dont le dernier en date en 2010), on y retrouve des reprises d’Alanis MorissetteABBA, The CureMomusPrince et Donovan. C’est en Novembre 2008 que sort Insurgentes son premier véritable album solo, enregistré à divers endroit du monde du Mexique au Japon en passant par Israël. Son titre fait référence à la plus longue rue de Mexico « Avenida de los Insurgentes ». L’album dans une de ses versions limités contient un livre de photos réalisé par Lasse Hoile un photographe danois et ami de longue date qui a également colaboré sur la vidéo de "Harmony Korine", premier extrait de l’album ainsi que sur l’artwork de celui ci (mais aussi avec Porcupine TreeBlackfieldThe Pineapple Thief, Opeth …).
Entre temps Wilson se replonge dans ses autres projets, avec nottement les sorties de The Incident, dixème album de Porcupine Tree et de Welcome To My DNA troisième album de Blackfield, et annonce également la création de Storm Corrosion en collaboration avec Mikael Åkerfeldt. Il revient en 2011 avec un double opus Grace For Drowning enregistré entre Janvier 2010 et juin 2011 dont l’artwork est une nouvelle fois signé Lasse Hoile. L’album (décomposé en deux parties "Deform to Form a Star" et "Like Dust I Have Cleared from My Eye") considéré par beaucoup comme le plus complexe de sa carrière se veut plus expérimental et plus aéré que son prédecesseur. Un troisième album studio est dors et déjà prévu pour 2012.

14 / 20
2 commentaires (15/20).

( 2016 )

Steven Wilson ne dort pas. Jamais. Moins d'un an après la sortie de Hand. Cannot. Erase., à peine rentré de la longue tournée liée à cet album, le Britannique est déjà de retour avec une nouvelle production, un EP cette fois-ci. En tout cas, selon son auteur, il s'agit d'un EP et il le justifie même par son titre :  fait la transition entre son quatrième opus, paru en 2015, et le suivant qui est déjà en gestation. En réalité, l'objet ressemble presque à un vrai album, avec ses 38 minutes et son artwork travaillé.

Si on reconnaît bien la patte de l'Anglais sur ces six compositions, elles font tout de même partie d'univers différents. On notera principalement une composante très rock faisant vraiment penser à Porcupine Tree, notamment sur le pavé My Book Of Regrets ou sur l’instrumental très heavy Vermilloncore, qui a des airs de The Creator Has A Mastertape par exemple.
D’autres titres, en revanche, n’ont rien à voir. Sunday Rain Sets In est un court instrumental (oui, encore un, trois pistes sur six n’ont pas de chant) à l'ambiance éthérée et poétique, agréable bien que quasiment vide en dehors d’une brève explosion finale qui semble droit sortie d’Heritage de Opeth. Un autre titre très décalé est Hapiness III, une chanson axée pop, simple et directe, avec un refrain enjoué. Dynamique, entêtant et efficace, mais plutôt différent des émotions des autres pistes.

Le côté disparate de cet EP s’explique en jetant un œil au livret. Les morceaux ont été écrits a des époques différentes, enregistrés dans des studios variés, les musiciens changent d’une piste à l’autre. Même les conditions d’enregistrement ne sont pas toujours identiques, deux des six pistes ayant été captées en live puis retravaillées en studio.
Ce disque semble donc être une sorte de fourre-tout permettant à Steven Wilson de présenter des pièces qu’il n’a pas voulu laisser au rebut. Dans cet état d’esprit, il n’est presque pas étonnant de trouver en dernière position une quasi-reprise de Porcupine Tree, le tout calme Don’t Hate Me, dont le chant est remanié pour un duo poignant avec l'israélienne Ninet Tayeb.

Si au final, chaque titre est agréable et caractéristique d’un aspect de la musique de Steven Wilson, ce  est bien moins cohérent que les “vrais” albums du Britannique. À écouter pour patienter, avant le cinquième album. Ce qui ne devrait tarder, vu l’hyperactivité du personnage…

A écouter : My Book Of Regrets, Don't Hate Me.
15 / 20
11 commentaires (17.18/20).

Hand. Cannot. Erase. ( 2015 )

Peu d’artistes sont aussi prolifiques que Steven Wilson. Non-content de proposer une douzaine d’album avec Porcupine Tree, le Britannique est aussi actif avec les projets Blackfield et Storm Corrosion, sans compter des participations sur diverses sorties des Suédois d’Opeth en tant que musicien et comme producteur ; et les tournées qui vont avec toutes ces galettes. Et l’homme trouve le temps d’avoir une carrière solo des plus intéressantes.

Au vu de la masse proposée se pose la question de la qualité, ou au moins de la pertinence de ces diverses productions. Et la réponse est limpide. Ne nous voilons pas la face, Steven Wilson peut se permettre ce rythme effréné car rien de ce qu’il fait n’est à jeter.

Ce n’est pas Hand. Cannot. Erase., nouveau jalon de sa carrière solo, qui va contredire cette affirmation osée : L’album propose de longues escapades progressives (Three Years Older, Routine, Ancestral) qui devraient être familières aux amateurs de Porcupine Tree. Néanmoins, et comme souvent dans les albums solo du chanteur, l’ensemble a un côté un peu moins burné tout en restant rock, privilégiant les ambiances planantes et nostalgiques, et les expérimentations sonores bruitistes ou électroniques. Seule Home Invasion n’aurait pas dénoté dans un album de Porcupine Tree, avec son intro dynamique et évolutive, poussant jusqu’à la mosh-part syncopée.

Le reste du disque est par contre beaucoup plus aérien (Transcience, First Regret). Cependant, malgré cette facilité à l’écoute, Hand. Cannot. Erase. offre une large palette d’émotions et propose des ambiances toujours différentes et complémentaires. Les longs solos de Regret #9, d’abord au clavier puis à la guitare, rappellent Pink Floyd. Les voix lancinantes de Perfect Life, sur un obstinant fond de musique douce, font penser à Ghost de Devin Townsend. Three Years Older se veut entraînante quand Routine est triste et sombre. Ancestral commence de façon épurée, presque vide, pour se métamorphoser en rock festif sur son final, sentant bon le Spock’s Beard ou le Yes. L’ensemble s’enchaine sans heurt, les changements s’auto-justifient et apportent une logique au disque plutôt que de brouiller les pistes.
C’est justement à partir de ce constat que l’on perçoit toute l’ampleur de la réussite de Steven Wilson avec ce nouvel album.

A écouter : Three Years Older, Hand Cannot Erase