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Biographie

Steve Von Till

Steve Von Till est le chanteur / guitariste de Neurosis. En plus de s’occuper de Neurot Recordings avec son épouse, il est l’auteur de plusieurs albums solo, sous son propre nom ou sous celui de Harvestman.
Il y développe une musique plus introspective et mystique, prenant ses racines dans un répertoire américain plus traditionnel (folk, country). Mais si les ambiances y sont plus apaisées, la noirceur et le désespoir ne sont jamais loin. Ces albums peuvent également être considérés comme un éloge de la contemplation, jamais très éloignée du fatalisme et de la résignation.
Il aura fallu attendre 7 ans après A Grave Is A Grim Horse pour que Von Till lui donne un successeur, A Life Unto Itself.

16 / 20
6 commentaires (16.25/20).
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A Life Unto Itself ( 2015 )

Ses albums en solo (et ceux de son autre projet Harvestman) permettent depuis une bonne quinzaine d’années à Steve Von Till, l’un des deux chanteurs-guitaristes de Neurosis, d’explorer des territoires plus calmes et nuancés que ceux arpentés, et souvent mis à sac de la plus brutale des manières, par le quintet d’Oakland.

Sept ans après A Grave Is A Grim Horse, Von Till n’a pas changé de cap mais a cependant donné plus d’épaisseur à ses ballades de folk crépusculaire. Ambiances plus travaillées, cordes et claviers rendent plus ténue encore la frontière séparant ce A Life Unto Itself de la discographie de Harvestman ou même de celle de Neurosis, dont le dernier effort (Honor Found In Decay en 2012), avait vu le groupe offrir une approche moins frontale, plus introspective et misanthrope qu’explosive et cathartique.

In Your Wings nous emmène immédiatement sur un terrain qui paraît balisé, mais où de subtils arrangements dessinent un décor duquel il sera ensuite extrêmement difficile de détourner les yeux. Un sentiment confirmé par le morceau éponyme, évocateur de grandes étendues où il est bon de se perdre totalement pour avoir une chance de finalement se retrouver, quelles que soient les épreuves à endurer.

Von Till prend son temps (trois morceaux de plus de 7 minutes), ralentissant le tempo pour mieux saisir l’essence même des notes qu’il égrène. Tel Sisyphe remontant éternellement son rocher, il insiste et trouve, si ce n’est le moyen d’échapper à son sort, une façon de ne pas se laisser écraser. C’est le cas avec A Language of Blood et son final avec cordes et choeurs, l’un des grands moments du disque.

La nouveauté est à trouver du côté du fascinant Night of The Moon, éclairé par une guitare quasi « floydienne » et dont la rythmique lancinante disparait ensuite progressivement derrière une brume électrique, aux limites du drone.

Si par moments l’auto-caricature n’est pas loin, comme sur Birch Bark Box, le barbu fait preuve de suffisamment de sincérité pour que l’émotion subsiste et atteigne une intensité encore supérieure sur le magnifique Chasing Ghosts, dont les quelques notes de piano résonnent comme un espoir lointain mais bien réel.

Cette traversée du désert s’achève sur un Known But Not Named qui donne l’impression de contempler ce à quoi pourraient ressembler de futurs morceaux d’un Neurosis qui aurait définitivement tourné le dos aux riffs apocalyptiques pour simplement accepter, avec sérénité, une libération salvatrice. Libération illustrée par les derniers mots de Steve Von Till sur ce disque : « to swim the stream as it was, and leave my grief behind me ».

A écouter : en se laissant pousser la barbe
16 / 20
3 commentaires (16.5/20).
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A Grave Is A Grim Horse ( 2008 )

Steve Von Till profite de cette accalmie pour Neurosis en 2008 pour nous livrer ce nouvel opus solo. A Grave is a Grim Horse (titre issu d'une vieille légende irlandaise sur la  vie après la mort) est un recueil fait de pâles espoirs et d'ombres mortuaires (beau livret rempli d'étranges chouettes anthropomorphes).

De sa belle voix trainante aux accents douloureux, Steve Von Till fait entrer l'auditeur dans sa sphère avec un premier morceau éponyme où les guitares scandent la marche désenchantée d'une âme en peine. Il se dégage de l'ensemble une dignité et une humanité touchantes. Les mélodies sont d'une simplicité désarmante, les arrangements de cordes et de guitares acoustiques guident l'auditeur en ces terres mélancoliques (Clothes of Sand, écrite par Nick Drake). Tout est grisâtre sur ce disque, probablement un peu trop sans doute, mais l'honnêteté de Steve Von Till n'est pas en cause.

Si la catharsis de Neurosis s'épanouit dans la souffrance et l'éruption émotionnelle, ici c'est le désenchantement qui l'emporte le plus souvent, nimbé dans des volutes de fumée acre (The Acre). Le côté folk/country de l'album est totalement assumé (usage extensif de la pedal steel, orgue hammond, Promises écrite par Lyle Lovett), si bien qu'à l'écoute il n'est pas difficile d'imaginer les étendues désertiques américaines de l'Idaho, un soir de pleine lune (magnifique Valley of the Moon). Contemplatif, Steve Von Till l'est assurément, sorte de cowboy moderne sur un chemin d'errance volontaire, davantage ermite que misanthrope (Looking for Dry Land), quoique peu porté sur la foi (Brigit's Cross), mais davantage attaché à la terre (Western Son / superbe Gravity résonnant d'échos humanistes).

A Grave is a Grim Horse est ainsi propice à l'abandon, aux rêveries du promeneur solitaire. Peut-être peut on lui reprocher de se répéter quelque peu, mais l'ensemble s'écoute d'une traite, et l'impression est celle d'un beau disque et d'un homme frappé par l'usure, sans illusions sur lui-même, et pourtant fier.

A écouter : A Grave is a Grim Horse, Gravity,