Découverte
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Biographie

Static-X

Static-X fait partie de ses groupes un peu partie de rien. Wayne static (chant/guitare) et Ken Jay (batterie) après quelques expériences infructueuses dans plusieurs groupes se rencontrent et décident de former un groupe. Très vite rejoins pas Tony Campos (basse) et Koïchi Fukuda (guitare) la formation écume les clubs et les bars et finis par se faire remarquer par Warner qui les signera et leur permettra de sortir leur premier effort Wisconsin Death Trip quelques mois plus tard, courant 98. Tripp Rex Eisen (guitare et également membre de Murderdolls) remplacera Koïchi lors de la composition du second opus sorti en 2001 : Machine. 2003 voit encore un changement de line-up, Ken Jay quittant le groupe pour être succédé par Nick Oshiro et l’ombre d’un nouvel album se profilant … Shadow Zone. L’indus-métal teinté de néo made in outre-atlantique semble avoir encore de beaux jours devant lui.

16 / 20
25 commentaires (16.08/20).
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Shadow Zone ( 2003 )

Face à ce nouvel (et troisième album en date) opus, deux attitudes peuvent être adoptées. La première consisterait à s’appuyer sur les précédents efforts et de comparer … On conclue alors biens vite que le groupe s’est adouci, a perdu de sa rage d’antan et dérive vers des rivages néoisant ce qui est …. Mal (je ne sais pas encore pourquoi mais bon …). La seconde serait d’oublier un peu le vécu et de se pencher réellement sur le cas de ce SHADOW ZONE, car il est évident que Static-x a évolué, tout en préservant un héritage issu de leurs origines.
Métal … c’est indéniable, tout les titres sont profondément marqués par une hargne et une énergie toujours bel et bien présente et il ne faut pas attendre de longues minutes pour le réaliser : Destroy all se charge d’ouvrir le bal avec autant de subtilité que le suggère le titre. Puissance est le maître mot et l’envie de bousiller le mobilier se fait pressante. Monster ne fait pas non plus dans l’élaboration : l’intro ministryenne et le chant haché à souhait soutenu par un rythme affolant ne ramène pas l’atmosphère à la douceur.
Indus … là encore ce n’est plus à démontrer : boucles, claviers et samples imprègnent chaque composition et apporte au groupe sa marque de fabrique. La construction de certains morceaux renvoie également aux références du genre (l’aspect répétitif ou encore une structure centrée sur un riff de guitare unique de Destroy all ou de Otesgoelectric s’inscrive dans cette « tradition » industrielle).
Mélodique … je situerais ici la réelle évolution. Alors que par le passé, Wayne ne se contentait que de hurler, chuchoter voire grogner, il s’exerce ici a un réel travail vocal : il démontre qu’il est également capable de chanter et le rendu est vraiment saisissant amenant parfois le groupe a un indus plus rock que métal, un peu dans l’esprit de 30 seconds to mars (So et Invincible résume à eux seuls la métamorphose vocale qu’a connu Static-x). C’est cette évolution qui apporte à cet album sa diversité et qui le distingue des deux précédents. Les styles se côtoient au lieu de s’éviter : le groupe se frotte aussi bien à un indus new-wave (dans le style d’Orgy) sur Shadow zone ( morceaux qui à mes yeux est le centre de cet album : il fusionne toute l’identité passée de Static-x à leur évolution … violent, indus, refrain plus qu’efficace … peut-être leur meilleur titre ?) qu’à un métal plus néo sur The only. A chaque album le groupe franchit un pas … ce dernier semble bien plus important que les deux autres et leur ouvre des voies bien plus diverses. Les puristes pourront toujours soutenir qu’il se sont vendu ou encore ramolli. Pour ma part ils sortent des limites d’un style qui serait devenu rapidement étouffant et s’ouvre à un public plus large. Ils abattent les cloisons du genre pour avancer et innover : « Destroy, destroy all » …
Le dvd présent dans la première édition de l’album apporte encore plus à cet album avec tout de même quarante minutes d’interviews et de morceaux lives … indispensable pour les adeptes du groupe … et j’en fait parti. On en redemande …

 

A écouter : Destroy all, Shadow zone, Invincible, The only
15 / 20
16 commentaires (15.75/20).
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Machine ( 2000 )

2 années se sont écoulées et après une gigantesque tournée, Static-X s’est retourné vers le studio pour mettre au monde leur nouvel opus : MACHINE. Une intro bal musette (entendre par là applaudissements et accordéons … sans commentaires) qui prête franchement à sourire en guise d’intro puis le drame … le sourire effacé, les yeux révulsés, tout les muscles contracté … rien ne pouvait apparemment préparer l’auditeur à un tel déluge de fureur, de décibels et de violence … Get to the gone et son rythme épileptique introduira bien mieux le sujet que les 30 premières secondes de l’album. Le groupe a progressé et évolué dans une voie à laquelle on ne s’attendait pas forcément. Le son s’est durci, la rythmique tends beaucoup plus vers le binaire, le chant est gras à souhait, basse et guitares ne peuvent que suivre le courant … en quelques mots, le groupe se rapproche beaucoup plus de formations comme Ministry ou Prong. L’aspect déjanté et acidulé du premier album s’est quelque peu effacé au profit d’un son plus lourd et d’une ambiance plus sombre. Certains regretteront sûrement cette évolution qui délaisse l’univers fou et original de WISCONSIN DEATH TRIP, incarné dans des parties vocales quasi incompréhensible et une liberté prise avec le style qui apportait un réel plus à cet album. Malgré tout, des vestiges de leurs débuts persiste dans plusieurs morceaux : This is not ou Otsego undead ont cette fraîcheur et cette énergie dont le groupes s’est quelque peu détourné.
Static-x apparaît comme plus froid et surtout plus violent, plus difficile d’accès également … L’osmose entre l’organique et le mécanique est bien plus présente sur MACHINE et justifie sans peine le nom de l’album. Chaque rouage a une identité propre mais ils s’assemblent pourtant parfaitement. Black and white réussit à fusionner riffs néo avec construction purement indus, ce qui pourra dérouter les adeptes des deux genres sans pour autant les dégoûter. Cold explore encore une autre voie mais dans un style beaucoup plus sombre et dérangeant … avec plus d’émotion également (véritable touche de contraste au milieu d’une mécanique glaciale et qui en semble quelque peu dénuée). Mais le groupe demeure le plus souvent dans son indus rageur, plus classique, mais toujours efficace. Structural defect, … in a bag ou Burn to burn se rangent dans le tiroir des brûlots bien bourrin qui ne lassent pas et restent toujours bon à prendre pour les réveils difficiles. Cependant les deux dernières pistes de l’album relève d’une toute autre dimension sonore : Machine et Adios alma perdida développent une ambiance digne d’un Ministry période PSALM 69 (… vraiment jouissif pour les connaisseurs) qui captive bien plus l’auditeur averti que les autres compos.
MACHINE n’est pas meilleur ou moins bon que le premier album, il est différent, plus froid et violent, moins original et jumpant. Certains seront déçus par cette évolution … pour ma part le groupe s’ouvre à d’autres horizons et démontre un talent et une créativité qui apporte une bouffée d’air au genre tout en restant proche de leurs prédécesseurs. Static-x ne devrait pas marquer les esprits seulement par l’édifice capillaire de leur composante vocale, c’est maintenant évident …

A écouter : Black and white, Cold, Get to the gone, Machine
15 / 20
23 commentaires (16.17/20).
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Wisconsin Death Trip ( 1998 )

Nine Inch Nails, Ministry, Fear Factory, à la rigueur Rob Zombie ; les représentants de l’indus-métal outre-atlantique se font rare et ont de la bouteille. C’est sûrement pourquoi l’arrivée de nouveaux venus fut si remarquable et provoqua pas mal de remous. C’est pourquoi, même sorti depuis un moment, il me semble important de revenir sur le premier opus de Static-X, WISCONSIN DEATH TRIP, sorti en 98.
L’entrée en matière est plutôt du genre directe … Push it mettra très vite tout le monde d’accord. Static-X a un truc que beaucoup d’autre groupes n’ont pas ! Une fraîcheur, une énergie et une certaine originalité frappent l’auditeur dés les premières secondes. Métal à n’en pas douter, indus ?… Le débat reste ouvert : bien sûr les samples et autres artifices électro sont présent, les compos ont un côté répétitif qui rappelle quelque peu Ministry mais la présence de mélodie « facile » et de riffs néos trouble la donne. Ce qui est sur, c’est que le groupe dégage une sacré puissance (sur cd comme sur scène mais c’est un autre problème …). La voix de Wayne est aussi hallucinante que sa coiffure et applique avec succès la recette « faire du bruit », les textes étant entrecoupés de bruits vocaux étranges qui renforce le côté fou et hors normes du groupe. Car c’est bien cet aspect déjanté qui donne à Static-X toute son âme ; héritage Robzombien … c’est possible mais après tout qu’importe. De ce mélange bâtard naît des compos aussi jumpante qu’efficace (I’m with stupid, Wisoncin death trip, bled for days) qui ne rime pas nécessairement avec élaboration (Fix avec un riff quasi unique et deux phrases de texte parvient quand même à séduire l’auditeur … comme quoi) mais ce n’est pas non plus ce qu’on leur demande !
Quelques morceaux se font plus subtils, le rythme se ralentit et les samples sont beaucoup plus présents ou, du moins, occupe une partie centrale dans la construction des compos . C’est le cas de titres comme Love dump, Otsegolation ou encore de Stem. Cette facette du groupe est beaucoup moins liée a leurs influences et apporte un soupçon de finesse et de diversité à un ensemble carrément épileptique. Une mention spéciale peut être accordée au dernier morceau de l’album : December. Guitare, batterie et basse en sont pratiquement absentes et laisse la place à une ambiance electro ou la voix se fait ici chuchotante, les paroles sont murmurées à l’oreille, l’atmosphère est froide mais apaisante, les bruits assourdis de métal tendent à nous faire sortir de la torpeur qui s’installe puis les derniers mots … Believe in nothing more … succédés par ce long sifflement, un son presque angoissant qui nous mène vers le silence.
Pour un premier exercice, Static-X n’a pas fait de fioritures et offre un concentré d’énergie saupoudrée de quelques poussières de douceur. Elève, en quelque sorte, d’aînés déjà bien installés, le groupe prends sa place sur la scène musicale et il y a fort à parier qu’un beau jour ils dépassent les maîtres … certains tout du moins.

 

A écouter : Push it, Otsegolation, Love dump, I