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Biographie

Sleeppers

Sleeppers est formé en 1989 par Laurent Girard (Basse), Fred Girard (Batterie), Emmanuel Bonnaud (Guitare / Chant) et Nicolas Duperroir (Guitare). Originaires de la Charente, on les associe maintenant à la scène bordelaise depuis 1993 évoluant dans à style à la croisée de la Noise, du Metal et du Hardcore. Le groupe sort trois démos qui aboutissent à leur premier album, Illogical Moody Mind en 1995 et à des premières parties de groupes comme BastardKepone ou Today Is The Day. Il est vite suivit par un ep, Noise Pollution et par un second album plus abouti, Subconscious Nocturnal Activity en 1997 chez Vicious Circle. Les concerts pleuvent en compagnie de Tantrum, Chokebore, Unsane et Neurosis, puis Sleeppers se lance dans sa première tournée européenne. L'ep Adrenalien paraît en 1998 avec une longue tournée européenne en 1999 qui débouche sur un ep Live.
Après dix ans de carrière, Sleeppers totalise plus de 600 concerts à leur actif et sort Cut Off, qui marque un tournant en matière de production sonore. Ce nouvel album est également largement défendu sur les routes (où Raphael Sere remplace Nicolas Duperroir), mais les bordelais ne s'arrêtent pas là puisqu'ils créent un collectif nommé Trigger pour promouvoir les formations rencontrées sur scènes comme Burning Heads, Seven Hate ou Improvisators Dub. Interaction, leur quatrième album toujours enregistré par Fred Norguet, paraît en 2003 chez At(h)ome. 
En novembre 2005, pour fêter leur 15 ans d'existence, ils sortent un dvd rétrospectif (15.597_Making Noises) réunissant les morceaux enregistrés lors de la tournée d'Interaction, mais aussi l'intégralité de leur discographie audio ainsi que plusieurs bonus. L'année suivante, le groupe revient avec Signals From Elements avec notamment la collaboration de Reuno de Lofofora. Comme à son habitude, Sleeppers se lance dans une tournée achevée en 2008, pour au final s'attaquer à un projet ambitieuse : le cinéma-concert avec l'adaptation de Dr Jekyll&Mr Hyde par J.S. Robertson.
En 2010, le projet d'un nouvel album voit le jour et Sleeppers s'attèle à sa création pendant près de 9 mois. Keep Focus sort finalement en 2012 chez At(h)ome.

16 / 20
7 commentaires (15.5/20).
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Keep Focus ( 2012 )

Il suffit de jeter un oeil sur la discographie de Sleeppers pour se rendre compte du (quasi) sans-faute réalisé par le combo de Noise français. Depuis les prémices sur Illogical Moody Mind jusqu'au dernier opus en date, les musiciens ont toujours rempli leur contrat au fil des années. Keep Focus, 6 ans après  Signals From Elements, revient sur ces sentiers maîtrisés depuis quelques temps.
On parlait de Noïse, Rock'N'Roll ou Metal : des genres qui se combinaient sur les derniers albums, avec des titres comme "Learn To Refuse" ou "Slaves". Keep Focus est de la même source, plongeant ses racines dans une musique que les musiciens semblent connaître par coeur.
Ceci ne veut pas dire que l'on se retrouvera sur les mêmes compositions que les sorties précédentes, mais bien dans un registre proche, avec une filiation réelle entre les différents albums.

Peut être moins atmosphérique que son prédécesseur (même si les 2 derniers titres, "Post Traumatic" et "Hidden Beauties", se révèlent plus posés que le reste du disque), Keep Focus démarre en trombe avec le morceau-titre et ses riffs lourds et incisifs, auquel se succèdent des compos haletantes ("Post Traumatic" et ses samples à tomber, "Blackout" qui reste rapidement en mémoire sans forcément briller de milles feux au premier abord, …) qui supportent le choc des écoutes. Autant de titres que d'éléments individuels qui gardent tout avant cohérence et richesse musicale mais en assurant une homogénéité globale. Quant à la voix, elle reste fidèle à elle-même : un brin éraillée et rauque, lorsqu'elle ne se pose pas de manière presque nonchalante ("Blackout").
Car comme d'habitude, Sleeppers fait un travail d'orfèvre, planifiant au millimètre les montées en puissance, les changements de rythme ou les passages plus Noise. Ce qui pourrait paraître comme un manque de spontanéité est plutôt une volonté de peaufiner le moindre riff pour effleurer la perfection, si elle existe.

A noter la présence de 2 invités de marque : Dre (Fishbone) et Ez3kiel. Ce sont ces derniers qui s'imposent sur "Divide" avec l'aspect Electro ramené vers l'avant et surtout un apport qui ne dénature pas non plus la musique de Sleeppers sans pour autant se limiter à quelques petites touches évasives. Non pas que Dre n'est pas un ajout de choix, mais le titre ne se démarque pas suffisamment face au reste du disque si ce n'est grâce au changement de registre vocal.

Vous pourrez sans doute lire énormément de choses sur Sleeppers et Keep Focus. Je préfèrerais résumer tout ce verbiage en ces quelques mots : "Ecoutez. Appréciez.".

A écouter : Post Traumatic - Blackout - Hidden Beauties
17 / 20
13 commentaires (18.04/20).
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Signals From Elements ( 2006 )

En France nous avons Sleeppers, en France nous avons Sleeppers... C'est en se remémorant ces mots largement diffusés après la claque qu'était Interaction que je me convainquais que rien ne pouvait changer dans l'estime qu'il était possible de porter à ces bordelais. Signals From Elements est la suite de Interaction. En effet, celui ci conserve les éléments innovateurs et uniques du précédent effort tout en allant encore plus loin.

Signals From Elements est un cd de rock'n'roll au groove incessant, pêchu et lourd. Blacklisted et Slaves sont des exemples de chansons efficaces, directes, au feeling bien senti. Le sentiment général est même que le groupe propage une energie typiquement punk, comme le prouve le trés typé Amen (pour les voix, la rythmique et le groove enlevé des riffs) N Particles. A ce feeling s'ajoute la patte Sleeppers, qui vient de la scène noise. A ce titre, le groupe peut se targuer de posséder une base rythmique d'une lourdeur implacable. Comme chez les Unsane, la basse a un rôle complètement central, à tel point qu'elle lance des riffs suivis par une guitare pachydermique qui sert en fait de rythmique et soutient une batterie démentielle car très diversifiée. Les textures de guitare sont elles aussi noisy, elles résonnent et dérapent (Slaves) dans des tons très garage rock. Signals From Elements offre une nouvelle perspective de Sleeppers, qui s'offre de temps à autre une ambiance typée Meshuggah pour les guitares, où seule la base rythmique se permet de varier, dans un opressant Maelström sonore. De plus, la production rajoute à cette sensation puisqu'elle amplifie tout ce qui est grave en lui donnant une ampleur primordiale et sature tout ce qui est aigu, le rendant distordu et inquiétant.

Sleeppers ne se contente pas de jouer son rock'n'roll enlevé, ultra noise et pesant, mais se permet d'expérimenter. Au sein de ces déluges lourds et itératifs, Sleeppers parsème des éléments divers qui donnent du corps à tous les morceaux de cet album. On remarque en premier lieu la prépondérance de la machine par rapport à Interaction. On peut mettre en parallèle ce point là avec Terraformer de Knut qui lui aussi éparpille des samples çà et là. Tel est le cas sur Ruines avec ses passages inquietants, y compris dans les phases mélodiques.Tokio 3127, lui, sonne très trip-hop voire drum'n'bass. Le tout sonne ainsi très cinématographique, avec en l'ocurrence le traitement des voix qui utilisent toute la gamme possible : parlées, entrecoupées de voix ordinateur, voix feminines (Don't), voix claire quasiment typée Poison The Well (Undone, Recycle v 2.0, Monkey Decision), hurlée ou aigue dechirée.  D'ailleurs ces voix aigues sont complètement distordues et ont un côté très dérangeant, tout comme les arpèges qui parsèment tout le cd, et tâchés de bruits dégoulinants (Thrill). Inquiétant est donc le mot de base du cd, et malgré le nombre d'éléments jetés çà et là, le cd est d'une rare homogénéité et cohérence. Chaque transition est soignée et rien n'arrive inopinément.

Sleeppers est définitivement un surdoué du genre, de son genre, entre rock n roll, noise et passages plus atmosphériques. En quelque sorte, Sleeppers s'élève comme le Tool du Rock/Noise, capable de faire se rencontrer tous les éléments possibles. Landscape par exemple (avec l'aide des Rageous Gratoons) propose un assortiment de cuivres, violons, musique traditionelle orientale, qui se retrouve noyé dans le ras de marée rythmique. Chapeau au batteur, qui n'a rien a envier a un Danny Carey (Tool), vu la richesse de ses parties.

Etant plus difficile à cerner que son prédécesseur, Sleeppers facilite quand même l'approche de ce cd en montant petit à petit en puissance et en expérimentant de plus en plus tout au long du cd. Même la présence de Reuno de Lofofora sur Ruines passe très bien et s'intègre au monument musical que construit Sleeppers depuis tant d'années. D'ores et déjà mythique, car sans cesse renouvellé, et de quelle façon, Sleeppers s'impose comme le leader de notre scène française, voire européenne dans son rock malsain et magistral.

A écouter : Ruines, Landscapes, N Particles, Entre Les Autres.
15 / 20
4 commentaires (16.5/20).
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Interaction ( 2003 )

Tout ce que vous avez déjà pu lire sur ce disque est vrai. La presse rock est (pour une fois !) totalement unanime, nous sommes en face d’une des meilleures productions française, dans la catégorie musique « dur », qu’il nous a était donné d’entendre depuis bien longtemps. Pourtant le dernier Gojira nous avait déjà mis une bonne grosse claque, mais, mis à part leur origines communes (le sud ouest) et le fait qu’elles pratiquent toute deux une musique qu’on pourrait, sans trop s’épuiser, rangée sous l’appellation hardcore, on ne peut guère comparer ces deux formations tant leurs derniers albums sont de splendides exceptions que rien ne semble rapprocher, si ce n’est qu’ils ont réveillé nos cerveaux engourdi par une rentrée musicales somme toute assez pauvre (exception faite du dernier A Perfect Circle).

Les Bordelais ont choisi de baptiser leur nouvel album Interaction, peut-être à l’image de l’interaction qui semble de mise entre les membres du groupe d’une part, mais aussi avec leur nouveau guitariste, Raph, arrivée au poste sur la tournée Cut off. Le résultat ? Des compositions denses, puissantes, massives, une tension entretenue d’un bout à l’autre de l’album, des idées, du génie et surtout, une cohésion sans faille. On pense tour à tour à Helmet forcément, mais aussi à Neurosis et même à Virago quand le chant passe, avec une aisance surprenante, de l’anglais à la langue de Molière (Le bloc).

Sleeppers à beau être catalogué groupe noise, on ne peut s’empêchait de remarquer que, sur ce nouvel album, le groupe s’est permis quelques mariages douteux mais au combien efficaces. Noise, hardcore, musique industrielle et mélodies franches se mêlent ici pour notre plus grand bonheur. Au palmarès des réussites citons donc Learn to refuse : chant torturé parfait, tension au maximum et libération finale en prime, O.N.E. : plus complexe, plus aérien, plus hypnotique, et enfin Le bloc, incantation troublante de plus de 7 minutes magnifiquement exécutée. On vous laissera découvrir par vous-même la partie multimédia de l’album, constitué de remix ambiants et plutôt réussis du projet Trigger (regroupant entre autres Burning heads, Seven hate, Near death experience et Improvisator dub) : une cerise sur un gâteau déjà bien garni.
Trois ans après Cut off, Sleeppers revient en plus grande forme que jamais, toujours plus inventif, varié et puissant. Après l’écoute de ce disque il ne vous restera plus qu’à tester l’Interaction du groupe avec son public. Profitez-en, Sleepers est en pleine tournée, il y a forcément une date près de chez vous, ne les manquez sous aucun prétextes !

A écouter : O.N.E. - Learn to refuse - Le bloc