Sur les précieux conseils de Corgan, le processus créatif de SAL, couplé à une production irréprochable, engendrèrent en 2003 l’œuvre la plus aboutie du groupe, et probablement même de l’année en question : Ghosts. Une ré-indépendance soudaine, et quelque peu inquiétante, sera mère d’un troisième effort aussi proche qu’éloigné de son prédécesseur. Inquiétant et rassurant...
Proche de par la production qui doit, une nouvelle fois, énormément à Bjorn Thorsud (Dandy Warhols, Zwan,…), tout autant qu’à l’orfèvrerie de John Goodmanson (Death Cab For Cutie, Blonde Redhead,…). Une amitié au cœur de Keep No Score, qu’importe les moyens disponibles, servant ainsi un disque gorgé d’espoir, d’honnêteté et de vulnérabilité. Des valeurs, des thèmes comme l’Amour, la Foi, la Terre, ses enfants, leur œuvre et leur union, dans la droite lignée du fabuleux Ghosts. Et pour peu que l’on ne soit pas sensible aux propos de Ryan O’Neal, son grain de voix, aux faux-airs d’August Cinjun Tate (Remy Zero), et sa teneur, qui n’a bien sûr rien à envier à celle de Jonathan Grant Berlin (Bernard), se suffisent à eux-mêmes ("Careful Hands"). Point de nécessité de comprendre le message, contentons nous là de le ressentir ("Hold Still").
Eloigné, en tout relativité, puisque Keep No Score serait, pour les connaisseurs de Ghosts, davantage le reflet d’un titre comme "Hurry", que de l’ouvrant "Say". Le chant de Ryan y est toujours aussi délicieux, la batterie retentit avec justesse, quant aux atmosphères, celles-ci sont tout simplement divines. Clavier et piano se tressent avec tendresse, faisant malgré tout la part belle à la section corde de Susan Voelz (Poi Dog Pondering). Douze pistes plus douces, plus patientes, égratignées néanmoins par quelques pincements de cordes, en majorité acoustiques, conférant un petit côté Damien Rice à cet album ("Needle & Thread", "Heaven Breaks", "Keep No Score").
Sleeping At Last s’en sort à merveille sur Keep No Score, à en croire que des Anges se seraient réellement penchés sur son berceau. Le trio y approfondit plus encore cette sérénité entrevue sur Ghosts, avec peut-être un peu trop de temporisation cela dit. Mais qu’importe puisque leur indépendance, retrouvée, les rend maîtres de leurs choix, et de leur destin.
A écouter : Careful Hands; Umbrellas; Dreamlife; Keep No Score