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Biographie

Slayer

Slayer se forme en 1981 dans la célèbre Bay Area Thrash (Metallica, Exodus, Testament, Death Angel, Megadeth...) du côté de San Fransisco. Le groupe réunit le bassiste/chanteur Tom Araya (ex-Quits), le batteur Dave Lombardo (ex-Sabotage) et les guitaristes Kerry King (ex-Quits) et Jeff Hanneman. Le combo choisit de s'appeler Slayer en hommage au film "Dragonslayer" sorti la même année. Avec Metallica, Anthrax et Megadeth, Slayer fait parti de ce que les médias nomment « The Big Four » en raison de leur position de figure de proue du mouvement extrême phare de l'époque : le Thrash.
Aux côtés de Venom, Slayer est également le groupe qui contribua très largement à répandre l'idée « malsaine » du Metal. Slayer joue en effet beaucoup sur la provocation avec ses paroles sataniques, son penchant pour la seconde guerre mondiale qui fut assimilé par certains à du nazisme alors que Jeff Hanneman s'est toujours défendu d'être un passionné de cet événement, son père y ayant participé. Si le groupe dégageait une image plutôt subversive, il impressionnait tout autant de par sa musique, Slayer était en effet plus rapide et violent que tout ce qui se faisait à l'époque, au début des années 1980 alors marquées par le Glam Rock et le Hair Metal.

Slayer est mis sur le devant de la scène dès la publication d'Aggressive Perfector sur la compilation Metal Massacre IV. La voix d'Araya est perçue comme une agression pour beaucoup de gens et les rythmiques mêlant la vitesse du Punk et la technique du Metal défrayent les chroniques, même si Venom et Metallica l'avaient faits peu avant, aucun n'atteignait la vélocité et l'agressivité de Slayer. Brian Slagel remarqua vite le quatuor et ne tarda pas à le faire signer. Show No Mercy sort en 1983, mais passe un peu inaperçu, tout comme Hell Awaits deux années plus tard. Il fallut attendre 1986 et la sortie du fameux Reign in Blood pour que la réputation du groupe décolle réellement. Avec ce concept album de génie de 30 minutes à peine, Slayer influença toute une génération de musiciens, en particulier dans le courant Death Metal.

La sortie de South of Heaven en 1988 marque un tournant dans la carrière du groupe qui délaisse le satanisme, ralentit quelque peu le tempo et apporte des lignes de chant plus mélodiques. Deux ans après eut lieu une tournée d'anthologie aux côtés de Megadeth (qui venait de sortir Rust in Peace) et d'Anthrax, soit trois des quatre plus gros groupes de Thrash. Peu après cette tournée, Slayer sort Seasons of the Abyss en continuant sur la lancée de South of Heaven mais ce disque est nettement mieux conçu que son prédécesseur, à tel point qu'il divisa les fans sur le fait que Reign in Blood soit leur meilleur album ou pas.

Après un double album live 1991, Dave Lombardo quitte Slayer en 1992 et se voit remplacer par l'ancien Forbidden Paul Bostaph avec qui le groupe enregistre Divine Intervention en 1994 et l'album de reprises Punk Undisputed Attitude en 1996.

1996 fut également marquée par la mise en procès de Slayer en raison de l'enlèvement, de la torture, du viol, puis du meurtre d'une adolescente de 15 ans par trois membres du groupe de Black Metal Hatred. Le rapport avec Slayer ? Les meurtriers auraient été influencés par la chanson Necrophiliac. Slayer n'a été mis hors de cause dans cette affaire qu'en 2001.

Retour en 1996, Bostaph abandonne le groupe en pleine tournée pour s'occuper de sa carrière Jazz. Il est remplacé par l'ancien batteur de Testament John Dette, mais celui-ci retourna dans son ancien groupe dès 1998, laissant de nouveau la place de batteur vacante, reprise par Paul Bostaph. La même année sort Diabolus in Musica, album controversé car plus calme, enfin pour du Slayer. God Hates Us All « corrige » le tir en 2001 en revenant un peu plus vers ses bases, même s'il s'en démarque profondément au niveau du son.

L'année suivante marque le second départ de Paul Bostaph, pour Systematic, et le retour de Dave Lombardo derrière les fûts. Après une tournée remarquée en 2004 aux côtés de Machine Head, Slipknot et Mastodon, le groupe fit une pause avant de retourner en studio pour enregistrer son dixième album studio, Christ Illusion, sorti en 2006.

En 2009 Slayer remet le couvert avec World Painted Blood. Puis les Américains se lancent dans le fameux Big Four en compagnie de Megadeth, Anthrax et Metallica. Les tournées s'enchainent quand soudain le 2 mai 2013, Jeff Hanneman (un des fondateurs du groupe et principal compositeur) décède à 49 ans. Slayer se relève très vite de ce drame. Malade, la mort de Hanneman n'a pas été une réelle surprise. C'est le guitariste de Exodus, Gary Holt qui vient prendre la place de guitariste aux côtés de King, très vite à l'aise le gaillard donne l'illusion que rien n'a vraiment changé. En 2015 sort enfin une nouvelle réalisation, il s'agit de Repentless

15.5 / 20
33 commentaires (14.29/20).
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Repentless ( 2015 )

Lorsque l’on a dépassé les 30 ans de carrière et que l’on a atteint un statut de légende chaque sortie d’album crée un événement. Les attentes sont nombreuses, chaque détail compte, de la promotion jusque l’artwork en passant évidemment par ce qui reste le principal, le contenu. Six ans après un World Painted Blood qui a divisé, Slayer revient et jusqu’ici, la seule certitude, c’est que nous n’avons pas fini d’en parler. Repentless, ou comment entretenir sa réputation en « essayant » de mettre tout le monde d’accord.

Tuons tout de suite cet insolent suspens. Avec ce nouveau brûlot Slayer fait du Slayer, celui que son public aime, à savoir un Thrash ultra agressif, et violent. Il faut tout de même le temps d’une introduction (Delusions Of Saviour) avant que la machine se lance, comme pour faire monter la pression et dire : « attention baffe en approche ». Effectivement, le titre éponyme fait mal, sans être totalement old school celui-ci rappelle les grandes heures de la formation, les riffs déferlent à une vitesse ahurissante, la batterie frappe sèchement et les soli sont incisifs, un véritable duel se joue entre King et Holt, le refrain est très entêtant, simple, Araya le hurle : ça tabasse méchamment. Même constat sur Take Control, avec un schéma relativement similaire, ce début d’album prend à la gorge par son agressivité, le rouleau compresseur est lancé. Cela étant, ce ne sont pas deux titres qui feront le bonheur des fans, convenons-en, il en faut plus, beaucoup plus. La suite de Repentless se partage entre titres tout aussi ravageurs comme Implode ou Atrocity Vendor et des morceaux plus mi-tempo et écrasants à l’image de Cast The First Stone et du très bon When The Stillness Comes débutant par une longue introduction sous forme d’arpèges avant que ne s’abattent de puissants riffs lourds accompagnés par un chant à la limite du chuchotement. Slayer souffle le chaud et le froid en alternant agressivité pure et ambiance plus angoissante qui offrent de la diversité et de l’intérêt à cette nouvelle réalisation dont la production haute gamme ne connaît pas de faille.

L’une des composantes principales de Repentless, qui mérite une analyse, est fatalement l’arrivée de Gary Holt (Exodus) en remplacement du regretté Jeff Hanneman qui a toujours été l’un des compositeurs majeurs du groupe. Aussi étonnant que cela puisse paraître sa disparition a été très bien gérée, Slayer s’y attendait presque malheureusement. Holt est rapidement devenu plus qu’un guitariste pour le live, il est un membre de la formation. Si son implication dans l’écriture reste somme toute assez discrète, l’illusion que « rien n'a changé » est là, du reste Gary Holt n’est pas le premier venu, Slayer n’a pas fait appel à un peintre pour prendre la place de Hanneman. 

Reste à déterminer la place de Repentless dans la discographie du combo. Plus impactant et mieux construit que World Painted Blood ou God Hates Us All, infiniment meilleur que Diabolus in Musica, il est cependant un cran en dessous des merveilles que peuvent être Reign In Blood et South of Heaven, mais ce n’est pas une grande surprise. Ces derniers datent tout de même de 25 bonnes années, ils ont eu le temps de traverser deux décennies pour écrire leur légende. Sans les oublier, il serait regrettable de voir Slayer uniquement au travers de ces monuments, Repentless n’est pas fait pour les substituer mais pour continuer l’aventure.

Basher les gros groupes qui ont contribué à faire du Metal ce qu’il est aujourd’hui est très tendance. À contrario, si c’est mauvais, il faut en être conscient et ne pas les encenser juste sur leurs noms, sachons faire la part des choses. Si vous êtes de ceux qui pensent que « Slayer est mort avec Jeff Hanneman, de toute façon ils le sont depuis 1990 » rien ne vous force à écouter Repentless, mais ça, c’est un peu vivre dans le passé tout de même.

A écouter : Tout et très fort
17.5 / 20
99 commentaires (15.95/20).
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Christ Illusion ( 2006 )

Un statut de groupe culte qui sévit depuis plus de vingt ans, cinq années passées sans le moindre album, le retour du batteur prodigue, une promo plus qu'alléchante et j'en passe ; dire ainsi que ce Christ Illusion est l'un des albums les plus attendus de l'année 2006 relève de l'euphémisme tant ce disque était attendu. Alors aujourd'hui qu'en est-il ? Slayer nous ressort-il un pâlichon opus dans la lignée de God Hates Us All ou bien un disque de la trempe de ce que le quatuor faisait à la fin des années 1980 ?

En fait après écoute Christ Illusion apparaît comme une sorte de condensé de la carrière de Slayer, oscillant entre des titres très rapides (Flesh Storm, Consfearacy) du temps de South of Heaven ou de Seasons in the Abyss, et d'autres très lourds (Skeleton Christ, Eyes of the Insane) qui rappelleront les meilleurs titres du très mésestimé Diabolus in Musica, formant de ce fait un savant mélange de titres véloces qui serviront volontiers d'exutoires, et de morceaux délicieusement Heavy, à la limite du malsain.
Du Slayer tout craché donc, avec des structures toujours aussi fouillées faisant la part belle à de nombreux changements de rythmes, passant allégrement des « Mosh Part » bien senties aux gros breaks bien lourds faisant l'apologie du Riff.

Au delà du simple fait que Lombardo soit revenu derrière les fûts, il semble avoir eu une influence bénéfique sur le groupe puisque l'on retrouve avec plaisir le Slayer de la fin des 'eighties' avec notamment ces fameux roulements dégainés à une vitesse folle et les traditionnels temps morts ô combien jouissifs auxquels Slayer nous a habitués ; et comme à son habitude là dessus Lombardo excelle, voire même plus sur l'épatante Consfearacy, le brûlot politique écrit par Kerry King à propos des politiques étasuniennes actuelles.

Pour en venir aux paroles justement, les textes de Hanneman et consorts sont très portées sur le credo habituel de Slayer, à savoir la religion et la guerre, et ce bien sûr dans leur coutumier esprit de provocation. Parmi les chansons remportant la palme de la provocation, citons Jihad, écrite du point de vue d'un terroriste du 9/11, Black Serenade qui vous fera entrer dans la tête d'un tueur en série, et Cult, critique acerbe de la religion. Et pour prêcher la bonne parole d'Hanneman rien de tel qu'un Tom Araya en pleine forme, qui hurle et débite les textes à tout va...

Au final, et sans surprise, Slayer nous pond un disque ravageur de qualité sur lequel il est difficile de trouver à redire en dehors de sa faible durée car Christ Illusion est en effet relativement court, même pas quarante minutes.
On pourrait également reprocher le fait que certaines lignes de chants reviennent (War Ensemble...), ainsi que certains riffs. Les puristes reprocheront au groupe de ne pas se renouveler, mais les autres apprécieront, on savait de toute façon à quoi s'attendre, dixit Kerry King : « We Won't Change. We'll Always Be Angry », ça peut paraître stupide comme déclaration mais c'est on ne peut plus vrai.

Après un God Hates Us All en demi-teinte Slayer a retrouvé l'inspiration qui a fait de lui un grand groupe. Ceux qui attendaient un disque de Slayer ne seront pas déçus avec ce nouvel album, assurément le meilleur depuis Seasons in the Abyss.

A écouter en intégralité en stream sur MySpace.

A écouter : Trs fort en compagnie d'un pack de bires
13 / 20
68 commentaires (16.02/20).
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God Hates Us All ( 2001 )

Les maîtres incontesté du Thrash reviennent en force sur le devant de la scène avec le onzième chapitre de leur création, God Hates Us All. Le ton est donné. On savait les thrasheux de la Bay Area extrémistes, mais on s'étonne de les voir parvenir à rejeter toujours plus loin les limites de la violence. Si Slayer continue dans la lignée de Diabolus In Musica qui à très certainement marqué un tournant décisif dans l'orientation musicale du groupe, on note toutefois que Slayer s'efforce de s'approprier un son beaucoup plus lourd et plus actuel, tout en s'enracinant à ses origines sataniques et extrémistes. Bref, Slayer évolue en gardant son identité Thrash.
 
Dès l'intro, on prend une claque. On comprend que le groupe s'est efforcé de répondre à la demande de ses fans, en prodiguant le Thrash le plus brutal qui soit. Pour se faire Slayer ralentit le tempo (quoique...) pour mieux l'alourdir, et donner plus de noirceurs aux sonorités. Les guitares sonnent plus grave, se rapprochant plus du courant néo comme de véritable marteaux, la basse a gagné en saturation et la double pédale est monstrueuse et omniprésente. En même temps, Slayer s'éloigne des sonorités aiguës (soli, intro de South Of Heaven ou de Spill The Blood...). Tom Arraya est impressionnant et son chant semble avoir gagné en puissance. Bref, Slayer est une machine de guerre.
 
La ligne mélodique (le fameux triton satanique) et les lyrics viennent renforcer le sentiment d’oppression à l'écoute de l'album, et traite avant tout d'amour de paix et de marguerites (entends par là de haine, de guerre et de satanisme). L'album fourmille de morceaux intéressant avec Disciple la chanson la plus représentative de l'album, Payback qui clôture l'album et qui rivalise avec Get This de Slipknot ou Deviance plus originale.
 
Slayer se refait une jeunesse avec God Hates Us All, album qui conciliera les purs fans de Slayer et les amateurs de nouveau Metal. cet album respire la violence, la noirceur, l'agressivité, le Thrash mais aussi la technique, la diversité, la sincérité et permet au groupe de s'affirmer en leader de la scène Thrash, près de 20 ans après la formation du groupe... Ce qui inspire forcement le respect et l'humilité.

A écouter : Disciple - Payback - Deviance
19 / 20
99 commentaires (18.02/20).
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Reign in Blood ( 1986 )

Début des années 80, le thrash est lancé par des groupes comme Slayer, Metallica, Anthrax, … Mais il faudra attendre 1986, avec les sorties de Master Of Puppets de Metallica et ce Reign In Blood de Slayer pour que le genre musical dévoile son voile sanglant sur le monde. Du long de ses 30 minutes, le groupe, aidé de Rick Rubin, offre un condensé sauvage, ravageur, et surtout malsain de cette scène de mi-1980.

Sur un cri s’ouvre ce quatrième mais non moins important album de Slayer, avec ses paroles sataniques, relents de l’enfer imagé par l’artwork. Sous ses apparences de brouillis sonore se cache un abysse sombre, d’où résonnent les cris et instruments du quartet meurtrier. A ne pas confier à toutes les oreilles, les émanations diaboliques de cet album sont assurées par les paroles et la musique.

Slayer livre ici un album majeur dans l’histoire du thrash car il se veut très rapide, violent, sombre, … allant là où aucun groupe n’avait été avec cette fameuse année 1986, repoussant les limites musicales. La batterie se veut martelée à une vitesse surprenante, notamment sur Epidemic, où le bruit répété devient presque hypnotique, soutenu par des riffs ensorceleurs, succubes de l’enfer apporté par Slayer. Le quartet va droit au but, n’offre aucun moment de répit, rouant de coups son auditeur, lui offrant une descente dans les limbes à l’aide des instruments de l’apocalypse.

Les nombreux solos de King et Haneman résonnent tels des cris de démons prêts à fondre sur l’auditeur, échos des supplices infernaux chantés par Araya. Piece By Piece et son instinct meurtrier, Jesus Saves et son anti-christianisme profond, … tels sont les thèmes hurlés à une vitesse presque inhumaine (Criminaly Insane coule presque de la bouche d’Araya, tel un flot de sang venu du plus profond du chanteur). Angel of Death va même jusqu’à raconter les expériences du médecin nazi Mengele sur des cobayes juifs à Auschwitz.

Puis, après ces 30 minutes intenses, les dernières notes du riff culte de Raining Blood s’interrompent brutalement, dans un maelstrom de sons, pour mieux laisser l’orage arriver, pluie de sang annonçant le futur règne de Slayer dans le thrash et clôturant le légendaire album de la scène Thrash.

Reign In Blood ne vieillit pas, il reste intemporel, pavé dans la mare sanguinolente de la musique, grâce à ses paroles malsaines, ses riffs assassins, son tempo rapide, et sa voix diabolique. Il reste l’album essentiel de Slayer, l’apogée musicale du groupe, bien loin des plus doux God Hates Us All et Seasons In The Abyss.

A écouter : avant lapocalypse !