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Biographie

Skepticism

Skepticism est un groupe très secret, qui ne laisse que très peu d’informations circuler à son sujet. Malgré cela, la formation a acquis au fil des ans un statut de groupe culte dans l’histoire du Doom, puisque considérée comme le meilleur groupe de Funeral Doom Metal depuis Thergothon, le seul groupe ayant réellement réussi à pousser plus loin le concept créé par ses légendaires compatriotes.
Le groupe est formé en 1991 à Riihimäki (Finlande) par Matti (chant), Jani Kekarainen (guitare), Eero Pöyry (claviers) et Lasse Pelkonen (batterie). Ceci demeure le seul line-up connu, étant donné que le groupe refusera toujours de communiquer sur un autre sujet que sa musique. La première démo de la formation, Towards My End (1992), montre un groupe de Death Metal, dont la seule originalité se situe dans quelques passages ralentis. Heureusement, la direction musicale change bien vite, les membres optant pour la lenteur du Doom alliée à la puissance du Death Metal (comme Thergothon) et à un usage conséquent de claviers, spécialement l’orgue.
Cette nouvelle orientation musicale apparaît clairement dans une deuxième démo datant de 1994, Aeothe Kaear, avec des compos sérieusement ralenties et enjolivées de nappes de claviers. Mais ceci n’est que l’ébauche des productions à venir.
Stormcrowfleet paraît l’année suivante. Reprenant le concept sonore de Aeothe Kaear, il va plus loin en proposant six chansons d’une longueur moyenne de dix minutes, prémices d’un genre nouveau initié par Thergothon, le Funeral Doom Metal.
Le groupe sort par la suite sa première paire, constituée d’un EP et d’un album reliés thématiquement, dans le sens ou le son est moins noir mais les paroles beaucoup plus abstraites. Ethere, EP sorti en 1997, et Lead And Aether, album datant de l’année suivante, sont la parfaite incarnation du son Skepticism, entre dépression et méditation. Le morceau The March And The Stream, qu’on retrouve en deux versions différentes sur chacun de ces disques en est l’exemple idéal, puisque aujourd’hui considérée comme l’une des chansons Doom les plus dépressives jamais enregistrées.
En 1999, le groupe s’attelle à un nouveau genre d’exercice avec l’EP Aes. En effet, celui-ci ne contient qu’une seule chanson de plus de vingt-huit minutes qui montre une formation capable de composer de très longues chansons avec des paroles et des thèmes musicaux variés, qui parviennent à captiver l’auditeur durant toute l’écoute.
Les dernières productions du groupes apparaissent une nouvelle fois sous forme de paire, avec l'ep The Process Of Farmakon - Emanating Darkness datant de 2002, et Farmakon, ultime album sorti en 2003. Ces deux disques diffèrent quelque peu des autres albums du groupe car on remarque un travail nouveau de dissonance et d’expérimentations sonores.

Le groupe ferme son site officiel en 2005 et fait silence radio. Dans l’attente d’un hypothétique nouvel album, un album tribute à Skepticism, Entering The Levitation, élaboré auquel Shape Of DespairIt Will Come et Monolithe participent, entre autres. Finalement, un nouvel album intitulé Alloy sort en 2008, réalise quelques dates avec Esoteric en 2009 puis se montre extrêmement discret les années suivantes, ne se produisant que rarement sur scène qu'à des occasions très spéciales. En 2015, le quatuor sort Ordeal via le label Svart Records.

16 / 20
1 commentaire (17/20).
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Ordeal ( 2015 )

Skepticism fait son retour en 2015 avec un nouvel opus intitulé Ordeal, sept ans après Alloy.  Cet album a la particularité d'avoir été enregistré live, le 24 janvier 2015 au Klubi de Turku en Finlande. Le résultat? Une nouvelle offrande doom de belle facture de la part du groupe. 

Un growl puissant et caverneux, des riffs monocordes et une section rythmique plombée, de beaux passages de guitares, des nappes de claviers et d'orgue, une production étouffée, tels sont les ingrédients de ce disque. Ordeal ressemble ainsi à une longue procession vers les abysses. La première piste, You, imprime un mouvement monolithique  aéré par des guitares mélodiques qui poussent au climax directement enchaîné à la deuxième piste Momentary. Là, les claviers dessinent une trame sur laquelle se posent tout en force le chant guttural et les guitares dévastatrices. Le décor est planté, entre brume et nuages, obscurité et désolation, il n'y a guère d'espoir ici. The Departure enfonce le clou dans la plus pure expression doom. L'apport en fond sonore d'un orgue donne une touche funèbre à un morceau qui ménage de longues plages instrumentales où claviers et guitares se répondent, pour un très beau résultat. On prend bien son temps avec Skepticism, on l'aura compris, puisque de toute façon "next decade will wait for me". 

The March Incomplete se révèle effectivement une marche de la peine et de la perte sur une rythmique monotone. Le growl alterne avec le chant parlé déclamatoire et les passages mélodiques de guitare font le sel de cette longue plage en forme de supplice (ordeal en anglais). Triste voyage certes, mais perle doom. The Road frappe fort avec un mur de guitares et des claviers omniprésents. Le chemin de pénitence se poursuit ainsi vers une destination inconnue. Closing Music semble sortir d'une église avec un gros riff principal sur lequel s'appuient les notes d'un orgue. Pas de doute, lorsque l'orgue joue seul, on assiste bien à un enterrement. Le chant se fait incantatoire, imprécateur : "With the sand /The music becomes distant /And almost to soon /There is only silence". Pouring est de facture plus classique, tantôt écrasante, tantôt mélodique. Le groupe conclue avec The March And The Stream, un morceau déjà connu du répertoire de Skepticism. Des percussions minimalistes et notes de guitare éparpillées au départ, puis on oscille entre growl et claviers funèbres. 

La mélancolie est prégnante tout au long de Ordeal et le dispute au désespoir le plus profond. Skepticism frappe fort avec ce nouvel album. Les amateurs de doom tiennent là une nouvelle belle pièce pour cette année 2015. 

A écouter : The Departure, The March Incomplete, Closing Music
12.5 / 20
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Alloy ( 2008 )

On ne peut pas vraiment dire que Skepticism ait occupé le devant de l’affiche depuis la sortie de Farmakon en 2003. Au contraire, la fermeture du site officiel du groupe en 2005 et le silence radio total qui a suivi laissaient bien peu d’espoir quant à la suite de l’histoire d’un grand parmi les grands du Funeral Doom, d’autant plus avec la sortie d’un tribute qui ressemblait fortement à une oraison funèbre. Puis soudain, un nouveau site officiel ainsi qu’une page Myspace sont lancés début 2008. Les annonces de concerts ne tardent pas, avec en point d’orgue la participation du groupe au Dutch Doom Days 2008 aux côtés de Worship et Pantheist, notamment. Enfin, les finlandais finissent par rendre officiel ce qui s’imposait de plus en plus comme une évidence au fil du temps : un nouvel album est sur les rails. Ce petit nouveau, intitulé Alloy, sort à l’automne 2008, et d’emblée de nombreuses questions se manifestent, en premier lieu : cet album est-il au niveau de ses illustres prédécesseurs et, conséquemment, permettra-t-il à Skepticism de retrouver son trône laissé vacant trop longtemps ?

Commencez avec un  nom d’album étrange (« alliage » en Français), ajoutez une pochette minimaliste, une tracklist réduite à six titres et Red Stream en guise de label, et vous voilà avec la recette de n’importe quel album de Skepticism. Cette fois c’est sûr, le groupe est bien de retour. En ce qui concerne la musique, là encore, les ingrédients sont toujours les mêmes, c’est bien évidemment de Funeral Doom dont il s’agit ici, avec son lot de nappes de claviers diaphanes et bien sûr l’inamovible orgue, le tout enveloppé dans l’habituelle prod’ étouffée que le groupe semble affectionner. La piste d’ouverture The Arrival s’inscrit d’ailleurs dans cette lignée puisqu’elle semble provenir tout droit de l’époque Lead And Aether avec l’omniprésence de l’orgue, son growl massif et l’éternelle ambiance mystico-funéraire qui habite chaque disque de Skepticism. L’utilisation des guitares est toujours reconnaissable entre mille, avec cette alternance lancinance / gros riffs Metal, sans doute là pour rappeler qu’ici on parle de Funeral Doom old school, plus Metal qu’Ambient, s’entend (March October).

Ceci-dit, c’est bien joli de retrouver le Skepticism que l’on connaît, mais le groupe nous avait tout de même habitués à des innovations d’album en album, comme c’était le cas sur Farmakon qui flirtait justement avec l’Ambient, par exemple. Or ici, rien de tel, on revient en terrain connu, d’autant plus lorsque cette façon de jouer, autrefois caractéristique du groupe, a été reprise par plus ou moins tous les groupes de Funeral Doom qui ont suivi. Du coup, même si la formation possède toujours une identité musicale indéniable, elle perd énormément en originalité, comme si elle avait voulu s’assurer un retour positif à tout prix, sans doute dans le but de s’éviter une litanie de salles à moitié vides lors des nombreux concerts qu’elle continue de donner un peu partout. Ainsi, l’absence de prise de risque dessert énormément l’album, dont un gros tiers des compos est à jeter, avec des titres sans intérêt tels qu'Antimony ou The Curtain, voire Pendulum qui possède néanmoins un petit côté Stormcrowfleet pas dégueu'. De plus, sans innovations, on commence à remarquer certains défauts qui ont finalement toujours été présents mais sur lesquels on pouvait jusqu’ici toujours passer grâce à la constance dont le groupe faisait preuve dans l’élaboration de ses albums. De fait, on finit par réaliser que le growl est assez mal exécuté et manque singulièrement de puissance (flagrant sur Oars In The Dusk) par rapport à ce qu’on peut trouver ailleurs, ou encore qu’à la longue l’omniprésence de l’orgue fait plus grimacer de dépit que de chagrin.

Au final, que penser de ce Alloy ? Et bien que cet album rentre parfaitement dans le moule Funeral Doom moderne utilisé par tout le monde en ce moment. Ainsi, ce disque est parfait pour les curieux désirant s’initier en douceur au genre, mais pour les fans plus anciens, il n’empêche que la déception est immense. En abandonnant l’expérimentation au profit de « l’efficacité », Skepticism prend le risque de se retrouver noyé dans la masse de groupes qu’il a lui-même engendrée. Un comble.

A écouter : The Arrival, March October

Entering the Levitation: A Tribute to Skepticism ( 2007 )

Oui bon, en général l’intérêt d’un tribute album est plus que discutable tant la grande majorité n’est constituée au final que de médiocres compilations de reprises imbuvables, occultant complètement le but initial d’un tel projet, à savoir rendre hommage à une formation qui a eu ou a toujours un impact certain sur la musique (n’y voyez aucune allusion au tribute to Katatonia). Seulement ici, on s’attaque à une des formations les plus révérées de la scène Funeral Doom, et quand on voit le casting réuni sur ce Entering The Levitation : A Tribute To Skepticism, on se dit qu’on tient peut être l’exception qui confirmerait la règle.

Initialement prévu pour début 2007, ce disque ne verra finalement le jour qu’à la toute fin de l’année… bah ouais, on fait les choses lentement ici. L’objet est bien beau, double CD (un disque Doom, un autre plus expérimental) à la jaquette totalement en accord avec ce que fut (et est toujours, espérons-le) Skepticism, à savoir un groupe énigmatique dont la musique n’est jamais pleinement appréhendée par l’auditeur, comme…eh bien, un monolithe dont on serait trop proche pour en mesurer la taille réelle.

Ils sont douze à avoir été sélectionnés, douze formations reconnues ou non qui ont essayé au mieux de rendre hommage à un de leurs groupes cultes et ont réussi, à des niveaux variables cependant (mais où sont Tyranny et Ahab ?). Ainsi Shape Of Despair (Aether), Monolithe (-Edges-) et Shroud Of Bereavement (Forge) confirment qu’ils font bien partie des meilleurs représentants actuels de la scène Funeral Doom en livrant chacun une prestation remarquable. Des outsiders tels que Why Angels Fall (Shred Of Light, Pinch Of Endless), It Will Come (The Falls), Darkflight (The Raven And The Backward Funeral) ou encore Corpus Omni Domini (dont la reprise de The Rising Of the Flames marque le retour après un split de plus de dix ans) profitent de l’occasion pour démontrer toutes leurs qualités, sans pour autant côtoyer les sommets. Sommets que Nest atteint par contre avec brio grâce à son interprétation sublime de The Gallant Grow version Ambient de luxe, sans conteste le meilleur morceau de ce disque.

Mais tout n’est pas non plus parfait sur ce tribute, à l’instar de l’inclassable Aarni qui interprète à sa sauce Untiltled pour un résultat assez mitigé malgré un effort d’expérimentation louable. Quant à la prestation de Calmsite qui reprend Towards My End version Death Mélodique, elle dénote fortement au sein de cet océan de lenteur ; bien que parfaitement exécutée, on peut se demander si elle ne remet pas en cause la cohérence jusqu'ici parfaite de la tracklist. Mais la plus grosse crainte qu’on pouvait avoir concernait la présence de Rigor Sardonicous, objectivement un des groupes les moins intéressants de la scène Doom Death, qui ne s’en tire finalement pas trop mal avec une reprise de Chorale pas des plus moches même si assez commune. Enfin, ultime regret par rapport à l’absence de deux des meilleures compositions jamais réalisées par Skepticism, la fabuleuse The March And The Stream et la colossale Aes, qu’il aurait été intéressant (mais peut être aussi suicidaire) de revisiter.

Qu’à cela ne tienne, Entering The Levitation : A Tribute To Skepticism n’en demeure pas moins un formidable hommage à une formation légendaire dont on ne peut qu’espérer un hypothétique retour… Hautement recommandable pour découvrir le groupe ainsi que certains parmi ses plus fidèles disciples.

 

A écouter : Pour découvrir