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Biographie

Shining (Sue)

Shining est un groupe de black metal dépressif incorporant de nombreux éléments doom originaire d’Halmstad en Suède, formé en 1996 par Niklas “Kvarforth” Olsson (qui en est l’unique compositeur et leader). Comme tient à le préciser son créateur le nom du groupe n’a rien à voir avec le livre ou le film du même nom, mais signifie simplement “la voie de l’illumination”. Les thèmes abordés dans ses compositions sont principalement le suicide et l’autodestruction.

Malgré des débuts chaotiques et des changements de line up incessants le groupe parvient à sortir un premier ep Submit To Selfdestruction en 1998 (sorti sur Selbstmord Services, le label qu’Olsson à fondé en parallèle, qui produira également les deux premiers opus). Bien que les choses démarrent péniblement, en 2000 et 2001 Shining parviendra à sortir respectivement ses deux premiers albums : I - Within Deep Dark Chambers et II - Livets Andhallplats, avec Kvarforth au chant et à la guitare, Andreas classen (Bethlehem) en tant que chanteur secondaire, Tusk à la basse et Ted Wedebrand (Forgotten Tomb) à la batterie. Peu de temps après, nouveau remue-ménage, Tusk quitte le groupe et est remplacé par son frère Phil A. Cirone, Jan Axel “Hellhammer” Blomberg (Mayhem, Arcturus) remplace Wedebrand quant à lui viré et Inisis un second guitariste est incorporé dans le line up. Le troisième album du groupe :III - Angst, Självdestruktivitetens Emissarie sort en 2002. En août 2004 alors que le quatrième album IV - The Eerie Cold est prévu l’année suivante (et qui sortira bel et bien), Olsson annonce la fin du groupe (John Doe ayant remplacé Inisis entre temps et Casado (Silencer) recruté en tant que guitariste). La séparation ne dure pas longtemps puisqu’en 2006, Kvarforth annonce qu’il travaille sur un nouvel album avec un line up entièrement remanié : Fredric "Wredhe" Gråby et Peter Huss aux guitares Ludvig Witt (Spiritual Beggars) à la batterie et Johan Hallander à la basse.

Alors que les choses semblent repartir pour Shining, durant l’été de la même année la rumeur du suicide de son leader apparaît (confirmé par son site officiel, qui laisse toutefois planer un léger doute), Olsson aurait visiblement disparu tout en prenant soin de laisser des indications quant à la personne devant lui succéder, un certain Ghoul que personne dans l’entourage du groupe ne connaît. Un nouvel album est alors annoncé pour début 2007 et pour l’occasion, un concert est organisé à Halmstad. La représentation démarre par une mise en scène pendant laquelle Niklas Kvarforth réapparaît et limoge Ghoul (joué par Attila Csihar de Mayhem). V - Halmstad (en hommage à sa ville) le cinquième album souvent considéré comme le meilleur du groupe ne paraît qu’en avril augmentant largement la renommée du groupe grâce aux frasques et déclarations de Niklas.

Dans l’intervalle les bonne vieilles habitudes refont surface, de nouveaux mouvements sont enregistrés au sein du groupe, mais VI - Klagopsalmer, un sixième album sort tout de même en 2009 qui rompt avec les précédents albums puisque largement orienté Heavy-Metal. Un nouvel opus, VII - Född Fölorare, est annoncé pour 2011, sur lequel on retrouve entre autres Erik Danielsson (Watain) en tant qu’invité. Shining continue sa mutation musicale sur Redefining Darkness en 2012 en accentuant le côté acoustique et même jazzy sur certaines compositions. En 2015 sort IX – Everyone, Everything, Everywhere, Ends, toujours chez Season of Mist.  

16 / 20
6 commentaires (14.67/20).
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IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends ( 2015 )

Un de plus. Ce qui porte le total à 9 albums studio pour Shining. L’inspiration de Niklas Kvarforth ne connaît que peu de limite, celui à qui l’on accorde volontiers la paternité du DSBM continue son travail d’usure mentale sur le public avec cette nouvelle offrande au titre aussi long que mystérieux : IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends

Depuis plusieurs années Shining a pris un virage musical qui l’a peu à peu éloigné du Black Metal dépressif et suicidaire de ses débuts pour l’emmener doucement mais surement vers une musique plus éthérée, plus diversifiée mais toujours empreinte d’émotions et de tourments. IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends s’inscrit directement dans le lignage de son prédécesseur, le très beau Redefining Darkness, où Niklas Kvarforth avait montré l’étendu de son talent et de son génie créatif en mêlant habilement des sonorités acoustiques et jazzy à son Black Metal froid. Une nouvelle fois le Suédois, personnage haut en couleur, repousse ses limites pour proposer au travers de cet opus une musique triste, riche, mais également brutale qui s’émancipe des codes qui régissent bien trop souvent ce que doit être un album de Black. Pour autant Shining n’oublie pas ses racines, le tempo sera soutenu par moment (Vilja&Dröm et Människotankens Vägglösa Rum) avec des guitares acerbes dans l’esprit scandinave, des hurlements venus de nul part provocant une véritable ambiance malsaine comme Shining a toujours su le faire. À cela se mélange de nombreux passages acoustiques, très calmes où les vocaux de Niklas prennent une dimension incroyable, durant ces moments la musique est presque secondaire, l’émotion n’existant que par la voix du Suédois (Framtidsutsikter, Inga Broar Kvar Att Bränna). Et lorsque la formation se met à fusionner tous ces éléments cela devient tout bonnement génial, Besök Från I(ho)nom est, sans doute possible, l’un (voire le) des titres phares de IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends, Shining s’octroyant même le luxe de sonner Heavy. Le petit plus (en fallait-il un) est cette reprise de Rammstein, Ohne Dich. Exercice des plus délicats s’il en est, reprendre un groupe est toujours dangereux, il faut savoir s’approprier la chanson sans la dénaturer mais sans la reprendre à l’identique et là, le bluff est total, Shining parvient à offrir une version splendide où encore une fois les vocaux de Niklas Kvarforth font des merveilles.

En tout points IX - Everyone, Everything, Everywhere, Ends est un album indispensable pour la frange dure des fans de Shining, mais également pour un public plus large. Délicat, mélancolique et beau à la fois cette œuvre ne peut que vous délivrer de vos tourments.

A écouter : Oui, sauf si vous êtes sous Prozac
13 / 20
3 commentaires (14.5/20).
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VII - Född Förlorare ( 2011 )

Oui, lors des premières écoutes, ce nouvel album des suédois de Shining fait un peu « cahier des charges ». Cahier des charges de tout album de Dark Metal un peu sombre et mélancolique qui se respecte. Depuis l'épisode V – Halmstad, le groupe s'était résolument tourné vers une forme de Metal Hybride et alternatif, entre Indus légèrement blackisé, passages acoustiques de mise sur tout album du genre, voix schyzophrénique du Leader charismatique qu'est Niklas Kvarforth, entre autres ingrédients.

Ce que nous reconnaissons volontiers à Shining, c'est bien cette capacité à proposer un musique schyzophrénique, sur le fil du rasoir. Là où un riff très headbanguant et groovy (je pense par exemple au monstrueux Besvikelsens Dystra Monotoni sur V-Halmstad) peut laisser place à une Lamentation acoustique plus ou moins belle sur fond de cris psychotiques, pleurs et autres réjouissances.
Encore une fois, le groupe choisit une photographie et un artwork plein de sens pour la pochette de l'album, dans des tons des jaunis/sépia qui correspondent bien à l'ambiance générale de ce « Fodd Forlorare » - expression suédoise que vous traduirez « Born a Loser ».. - Encore plus que les thèmes suicidaires des premiers albums, Kvarforth aime aujourd'hui à parler du malaise presque Nihiliste de l'homme moderne. L'album est ainsi marqué par l'image du « perdant », ces deux clochards assis par terre, l'homme inadapté chronique à la vie, bouffé par le monde qui l'entoure et qui trouve son refuge dans l'extrémisme. On pourrait reconnaître en lui le Frédéric Beigbeder du Metal, dans sa manière de traiter les sujets quotidiens et la petite misère solitude. Vous pouvez aller jeter un coup d'oeil aux traductions des paroles ou des titres, ça peut être intéressant.
Alors si le groupe est souvent étiqueté « Depressive Black Metal » et autres sous-genres dépourvus de sens, le Shining qui sévit depuis le V-Halmstad n'a plus grand chose de Black, et leur musique ne doit pas être considérée à mon sens comme telle. Mieux, la galette s'ouvre sur un Riff très Rock avec Förtvivlan, Min Arvedel. Après des petits chuchotements de jeune fille psychotique et le « Ugh ! » caractéristique de notre cher Kvarforth, l'on se rend compte au travers des riffs que les guitares sonnent toujours aussi lancinantes et transpirent de ce feeling crade typique du genre, malgré la production très propre et sans aspérités. Assez peu d'évolution en apparence donc. D'autant plus que le Break acoustique de ce premier morceau semble être sorti tout droit des deux derniers albums du groupe ; on a déjà vu plus original. Ca nous en touche une sans faire bouger l'autre. Tiden Läker Inga Sår, la deuxième track, est l'une des deux meilleures de cet album : elle repose sur une progression dramatique de la structure sur huit minutes de musique servis par un très joli orgue, guitares acoustiques, et chant clair lancinant en ouverture.
Petite digression sur le chant par ailleurs : de la même manière que ses performances Live sont plus « académiques » et moins extrêmes que par le passé, Kvarforth module sa voix de façon plus mature sur cet album, mais s'aventure beaucoup moins hors des sentiers battus. Son personnage y gagne toutefois en charisme.
Cette deuxième piste, Tiden Läker Inga Sår contient en son Climax l'un des moments les plus furieux et brutaux qu'ait produit le groupe depuis la période pré-Halmstad : rythme très Black et violent, avec Erik Danielsson de Watain en renfort au niveau du chant, pour un moment qui se veut intense. Et pourtant, ce passage ne me touche pas du tout. C'est assez mal amené, mal foutu.. Bref, les premières écoutes ne nous étonneront peu. Mais détrompez-vous, Shining sait aussi avoir ses moments de grâce : Tillsammans Är Vi Allt, (Together we are everything) est à mon sens l'un des meilleurs morceaux qu'ai jamais composé le groupe. Peut-être l'un des plus lumineux aussi, avec ce titre romantique et beau, et le chant clair de Håkan Hemlin du groupe Pop Nordmann assez déroutant au départ, mais qui rayonne sur tout l'album, et qui donne cette couleur si spéciale à l'ensemble. Finalement, c'est quand Shining ose le nouveau, sort de sa carapace et va vers le monde extérieur qu'il est le plus fort. D'autant plus que ce morceau est servi par une construction juste parfaite, des notes de pianos qui, cette fois-ci transpirent de quelque chose d'unique, ce chant clair et quelque peu écorché de toute beauté sur des accords acoustiques, et des riffs on-ne-peut-plus-épiques. Un vrai régal. « FFF » conclut l'album de très belle manière, avec un solo final magnifique, un batteur qui mitraille sévèrement la double pédale et une conclusion très intimiste avec cette orgue mystique toujours très présent.

Fodd Forlorare montre un groupe qui évolue, lentement mais sûrement. Mais Shining est encore trop hésitant et a surtout tendance à se reposer beaucoup trop sur ses lauriers. Toujours ces 6 pistes, globalement les mêmes structures, et passages peu inspirés. Tillsammans Är Vi Allt et Tiden Läker Inga Sår en ressortent toutefois comme de très bons morceaux. Constat plutôt mitigé donc, Fodd Forlorare est un bon album, mais qui ne restera malheureusement pas dans les esprits pour très longtemps. A réserver aux fans du groupe et du genre.

A écouter : Tillsammans Är Vi Allt, FFF