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Biographie

Shellac

Line-up:
Steve Albini (guitare/chant)
Bob Weston (basse)
Todd Trainer (batterie)


Shellac est formé à Chicago en 1992 par Steve Albini (Big Black, Rapeman…), Bob Weston et Todd Trainer. Très vite ils enregistrent une série de vinyles 7 pouces, The Rude Gesture: A Pictoral History, Uranus et The Bird is the Most Popular Finger. Le groupe se démarque par un son très caractéristique et brut, enregistré en analogique et sans overdubs. Ils iront même jusqu’à construire eux-mêmes leurs amplis, avec seulement un bouton on/off et un bouton pour le volume.

Puis sort At Action Park en 1994 sur Touch & Go, ainsi que Terraform en 1998 et 1000 Hurts en 2000. Les agendas des trois musiciens étant ensuite toujours très chargés, Shellac est mis de côté jusqu’en 2007 qui voit la sortie de Excellent Italian Greyhound.

Steve Albini est également très connu pour son travail de producteur, notamment pour Nirvana, PJ Harvey, Neurosis, les Pixies, Fugazi, Godspeed You! Black Emperor ou encore The Stooges dernièrement.

Chronique

17.5 / 20
2 commentaires (16.75/20).
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Excellent Italian Greyhound ( 2007 )

Shellac n’a jamais été très productif au long de sa carrière, jusqu’en 2000 et en huit ans d’existence le groupe n’aura sorti que trois véritables albums. Mais cela fait tout de même sept longues années qu’aucun disque de Shellac n’a vu le jour, sept longues années pendant lesquelles les fans se seront rongés le frein en espérant une nouvelle sortie . C’est désormais chose faite avec Excellent Italian Greyhound qui marque le retour de la formation mythique de Chicago et de son noise rock ravageur.

La première approche ne laisse aucun doute, Shellac est toujours Shellac, semble aussi énergique qu’auparavant et même plus enragé au fil des écoutes. Rage sur laquelle souffle un léger vent de mélancolie qui donne une véritable dimension émotionnelle à l’album, tout particulièrement sur le morceau Kittypants. The End of Radio ouvre magistralement l’album avec son cri libérateur ("Can you hear me now?") et annonce la teneur agressive de la suite, comme si ce vide causé par sept années de silence devait être comblé coûte que coûte. Mais n’allez pas croire pour autant que Shellac joue la carte de la facilité, chaque agression est lancée sournoisement, à chaque moment de répit apparent.

L’accalmie, le silence deviennent des armes, pour mieux surprendre l’auditeur et le poignarder dans le dos, à coup d’aigus et d’assauts typiquement noise. Genuine Lulabelle en est le parfait exemple, placé au milieu de l’album et d’une durée approchant les dix minutes, le morceau fait régner le silence, un silence dans lequel vient parfois se poser la voix de Steve Albini, comme nu, provoquant une sensation de malaise qui s’amplifie avec la reprise soudaine (et sournoise) des assauts noise.

On reconnaît immédiatement les riffs de guitare tranchants et jouissifs ainsi que ce son toujours aussi exceptionnel. Son qui est d’ailleurs la marque de fabrique du groupe, qui a toujours refusé l’enregistrement numérique au profit de l’analogique, donnant un aspect très authentique et abrasif en totale harmonie avec l’esprit de leur musique.

Shellac nous offre là un disque d’une grande qualité, alliant la rage à l’émotion la plus brute. Pas de révolution majeure mais peu importe, l’intérêt n’est pas là et un nouvel album de Shellac est tellement rare et celui-ci tellement bon qu’il serait dommage de s’en priver. Excellent Italian Greyhound marque le retour en grande forme d’un groupe au son unique qui fait encore aujourd’hui office de référence. L’un des albums de l’année?

A écouter : Genuine Lulabelle, Kittypants, Boycott