Biographie

Serpent Column est un duo assez confidentiel de Black Metal, étayé de multiples influences. Le groupe fait son apparition pour la première fois en 2017 avec Ornuthi Thalassa (signifiant "Rise, Ocean"). Après une sortie numérique en indépendant dans un premier temps, c'est finalement Fallen Empire Records qui édite ce premier effort en vinyle. Basé sur la philosophie mais aussi sur des récits tels que l'Iliade, Ornuthi Thalassa compte une bonne partie de ses textes chantée en Grec Ancien.  

Chronique

15 / 20
2 commentaires (15.5/20).
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Ornuthi Thalassa ( 2017 )

Coutumier du fait, Fallen Empire Records a une nouvelle fois rendu possible l’émergence d’une formation Black Metal quelque peu à la marge qui méritait de dépasser le simple circuit souterrain. Focus aujourd’hui sur Serpent Column et son Noir Metal abâtardi.  

Ornuthi Thalassa ne se cache pas derrière son petit doigt, lâchant immédiatement son auditeur dans un bain bouillant de riffs entremêlés, empruntant les coups de médiator corrosifs du Thrash. Les deux musiciens ne semblent pas tenir en place, rendant les premières écoutes déstabilisantes tant Serpent Column pratique un Black protéiforme et sans temps mort. Les Américains évoquent Vektor pour leur vélocité et l’enchaînement hyperactif des mouvements, ou encore Nadra pour ses guitares bien en avant. Vitesse et abondance sont les deux mots d’ordre de ce premier effort chaotique, mettant en scène des six-cordes et une batterie boudant autant que possible les schémas classiques et répétitifs. En tendant l’oreille, on percevra dans la furie du combat des incursions Prog, Thrash Technique, Black moderne, par soubresauts furtifs. 
Tout un programme, et comme nos intéressés du jour ont semble-t-il une myriade de bons riffs à déballer, pas question de traîner. Malgré un album relativement court (36 minutes), les six libations nourrissent leur homme à ras-bord, laissant pour seul véritable répit l’interlude Theasis qui arrive à point nommé après l’entrée en matière Biogony I&II, franchement pas de tout repos. 

Le risque avec ce genre de disque labyrinthique est bien sûr de perdre le cap tout en risquant l’overdose côté audience. Serpent Column parvient à consolider quelques motifs qui resteront en mémoire (comprendre : qui durent plus qu’une simple poignée de secondes) sur Men Of The Polis par exemple, mais pourra laisser sur le bord du chemin les moins persistants. Pas facile de poser ses repères sur cette musique à cent à l’heure, et de ce côté, la seconde moitié du brûlot est plus clémente lorsque Feldweg et Feuersäule désencombrent l’espace pour exposer des élans Black plus étendus, aérés et digestes. 
Ornuthi Thalassa est de ces œuvres sans détours qui méritent plusieurs passages sur le billot pour être pleinement apprivoisées et appréciées. Espérons malgré tout que cette première offrande (tout de même assez homogène) ne soit pas l’unique coup de poker que nous réserve le duo et que celui-ci saura se renouveler efficacement. 

A l’heure des formations dissonantes, orthodoxes, j’en Post et des meilleures, Serpent Column trace sa route toutes voiles dehors, disséminant quelques unes de ces tendances dans son sillage faussement bordélique. Nos Américains ont les cartes en main pour faire la différence dans le BM Game, et c’est bien tout le mal qu’on leur souhaite. 

A écouter : Men Of The Polis, Feuersäule
Serpent Column

Style : Black/Thrash
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Origine : USA
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