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Biographie
Inutile de présenter ce groupe phare, maître du thrash (avec Slayer certes) et du death du début des années 90 avant qu'il n'amorce un tournant plus tribal dont la consécration sera l'énorme Roots. Après cet album, son leader Max Cavalera décide de quitter le groupe et exploitera plus amplement son métal tribal avec Soulfly. Il est alors remplacé par Derrick Greene, grand gaillard issu du milieu hardcore. En 2002, un double album live voit le jour, enregistrement du dernier concert du groupe avec Max Cavalera. Celui-ci ravira les fans et offrira un best-of digne de ce nom à Sepultura.
Voilà 3 ans que Sepultura ont sorti leur dernier album, après un retour un poil plus violent avec un Roorback qui paraissait légèrement brouillon, beaucoup de fans de Sepultura n'attendent plus grand chose de la part du groupe: un Against en demi-teinte, un Nation assez ininterressant, et un Roorback avec lequel on a plutôt l'imptression qu'ils voulaient retrouver quelques admirateurs perdus depuis l'ère Cavalera...
Pour commencer, inutile de comparer une énième fois le Sepultura du temps de Max Cavalera au Sepultura d'aujourd'hui. Ce sont bel et bien deux groupes aux compositions differentes, pas la peine donc de s'attarder à des banalités du genre "c'est moins bon qu'Arise"... Premier élement qu'on ne peut ignorer à l'approche de ce disque tant il saute indéniablement aux yeux: la pochette. Assez originale de par son graphisme et ses couleurs en adéquation avec le concept du cd, elle se démarque clairement des pochettes actuelles et ne se révèle n'être pas si moche qu'on a pu l'entendre dire. L'album est divisé en trois parties: l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis d'après La divine Comédie de Dante Aleghieri (des instrumentales scindent le disque en trois parties). Deuxième élement ô combien important: le son. Il est la plupart du temps déçevant sur les dernières réalisations du groupe, par son son de guitare essentiellement, bien trop néo pour du Sepultura... Et bien ça ne faillit pas à la règle, le son de guitare est dans la lignée des derniers albums, et le son de batterie fait vraiment pâle pour un jeu de la trempe d'Igor Cavalera. Les toms sur l'intro de Convicted In Life en sont la preuve, cela donne même un effet de batterie en retrait sur certains passages de l'album. On aurait préféré un son plus lourd à la Dave Mc Clain (Machine Head) peut-être...
Cela fait-il de Dante XXI un album dans la lignée des précedents? assurément non. Car les compositions sont bien plus inspirées que sur Against ou Nation. Même si le premier titre Darl Wood Of Error fait indéniablement penser au I de Meshuggah, le groupe enchaine ensuite un Convicted In Life bien énergique, un début d'album assez violent donc. Par la suite, les compos ne perdront pas en energie, ni en riff Kisserien (Fighting on, Burried words). Mais ce qui différencie ce Dante XXI des trois précedents albums et l'effort d'incrustation de violons, violoncelles et autres cuivres peu commun au groupe. Le résultat sur Ostia est vraiment réussi, et les courts titres instrumentaux qui viennent parsemer ce disque (intro 1, 2, 3, still flame) donnent une veritable identité à l'ensemble, et ne viennent pas juste remplir la place disponible sur le cd comme on a eu souvent l'impression avec Sepultura ces dernières années... A noter de nets progrès au chant également pour Derrick Green qui s'impose beaucoup plus sur ce disque.
Bon ce n'est pas l'album de l'année non plus c'est certain mais il n'est pas non plus mauvais, Sepultura remonte la pente en réalisant cette fois ci un album cohérent, ce qui a fait défaut au groupe ces dérnières années. De plus, l'effort artistique et musical se révèle assez interressant (le dernier titre clotûre bien le concept de ce cd). Le bon point pour l'ensemble du disque qui se laisse bien écouter, mais un mauvais pour le son qui aurait vraiment gagné à être plus puissant.
Des morceaux en écoute sur myspace.
A écouter : Convicted In Life, Ostia
16 décembre 1996, Londres, la formation (quasi) initiale de Sepultura donne son dernier concert. Presque 6 ans plus tard, tout les malchanceux qui n'étaient pas en Angleterre ce soir là peuvent enfin se rattraper, grâce à ce double album (ironiquement) intitulé Under a pale grey sky qui restitue la prestation dans son intégralité, rappels compris. Ce live constitue en fait le meilleur des best of possible, car Sepultura n'a jamais était aussi efficace qu'en concert. Ici, pas de fioritures, tout les membres du groupe se donnent à fond, Max (Cavalera) hurle comme un possédé sans jamais prendre de pause (quand respire t-il ???), Andreas Kisser, à moitié caché sous son abondante chevelure, envoi de sérieux coups de médiator, Paulo Jr maltraite sa basse et Igor Cavalera martèle les fûts comme si sa vie en dépendait. Rarement un groupe aura été aussi compact et intense, rarement quatre personnes auront fait tant de bruit et hypnotisé un public comme cela. Best of aussi de part les morceaux choisis, car s'il s'agit bien ici de la tournée Roots, tous les albums du groupe sont représentés. Certes les immenses Roots et Chaos A.D. se taille la part du lion, à raison. Roots bloody roots annonce la couleur en ouverture, puis les titres s'enchaînent Territory, Attitude , We who are not as others , un superbe Kaiowas qui embrase la foule, un Ratamahatta d'anthologie et même un Refuse/resist légèrement remanié. Les vieux titres, plus death, n'ont pas pris une ride et on retrouvera avec joie Troops of doom , Necromencer et autre Arise . Orgasmatron , emprunté à Mötorhead pour l'occasion, viendra clore la soirée en beauté sous un déluge de saturation. Du bon, du bon et encore du bon, quelque soit le titre joué le groupe y met tout son cœur pour le plus grand plaisir des fans rassemblé se soir là, et pour le notre aujourd'hui. Que vous connaissiez déjà Sepultura ou non, ce disque est tout simplement indispensable.
A écouter : Attitude - Refuse/resist - Kaiowas
Sepultura a toujours mis un point d'honneur, depuis le début de sa carrière, à établir un lien logique entre ses albums. L'un amène le suivant avec une incroyable pertinence, tout en apportant son lot de nouveautés. Mais ce "Chaos A.D" marque néanmoins un tournant important dans la carrière des brésiliens, véritable coup de tonnerre dans un milieu métal alors en perte de vitesse et de perspectives.
Disons les choses telles qu'elles sont, les douze brûlots réunis sur ce disque sont autant de cocktails Molotov prêts à heurter les tympans de l'auditeur masochiste. Une recette simple pour un résultat efficace et ravageur. Cette nouvelle impulsion dans leur répertoire provient essentiellement de la redécouverte par Max Cavalera des grands noms du punk hardcore que sont Discharge, ou encore Jello Biafra et ses Dead Kennedys. La dilution de ces influences dans les compositions du combo va s'opérer au détriment des ambiances death des précédentes productions, pour favoriser désormais l'alternance de virulents rythmes hardcore et d'époustouflants passages heavy. Au-delà des nombreux titres taillés pour le headbang, Sepultura accouche de véritables hymnes transcendés respectivement par le chant vindicatif et l'impressionnant jeu de batterie des frères Cavalera ("Refuse/Resist", "Territory", "Slave New World"). Les riffs acérés d'Andreas Kisser ne sont toutefois pas en reste, alternant avec maestria stridence, pilonnage, et soli épileptiques (le dévastateur "Propaganda"). Les natifs de Belo Horizonte quittent donc peu à peu le thrash pour un métal qui servira de modèle à de nombreux groupes par la suite. Ils vont par ailleurs explorer de nouvelles sonorités au sein des morceaux, qu'elles soient hypnotiques ("Amen"), ou entêtantes ("We Who Are Not As The Others"). Dans cette même optique, Sepultura révèlera déjà tout l'intérêt qu'il porte aux musiques tribales dans la plus grande tradition brésilienne (le brillant et dépouillé "Kaiowas"). Mais le groupe sait d'où il vient, et c'est à ce titre que "Biotech Is Godzilla" renoue avec la rapidité thrash, sans pour autant trahir l'esprit novateur du disque. Les fans de la première heure ne seront ainsi pas déstabilisés.
Mais ce qui vient véritablement cimenter la simple succession de titres brillants, c'est cette spontanéité et cette révolte constante qui émane de "Chaos A.D". Après avoir abordé les schémas post-apocalyptiques durant la période thrash/death du groupe, Max Cavalera s'intéresse désormais à son époque, exprimant son dégoût (sans être démago) envers le pouvoir oppresseur et la violence, tant physique que sociale, à laquelle il conduit. Rien ne semble échapper au charismatique chanteur/guitariste, que ce soit le conflit israélo-palestinien, la société de consommation, la désinformation, les conditions de détention dans les prisons brésiliennes, la toute-puissance des grands laboratoires génétiques, ou encore l'éradication progressive de la culture nomade/tribale. Il s'avère difficile de rester de marbre face à une telle conviction et une telle énergie déployée. Sepultura nous plonge inéluctablement au cœur du conflit, sans pour autant mettre l'auditeur mal à l'aise. Au contraire, c'est le poing levé et la démarche sûre que l'on rejoint les rangs, comme absorbés par cette imparable et rassurante puissance.
"Chaos A.D" est donc un album maîtrisé sur toute la ligne, aussi bien sur la substance que l’ambiance guerrière qui s’en dégage. Il propulsera de facto les brésiliens parmi les ténors du métal, et constitue une étape cruciale dans leur discographie. Sepultura peut ainsi poursuivre sa quête de modernité, qui s’accompagne paradoxalement d’un retour à ses origines, "ses racines".
A écouter : Absolument
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