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Biographie

Saxon

Formé en 1977 dans le South Yorkshire (Angleterre), le groupe, qui sera associé au mouvement de la NWOBHM, se compose à l'origine de  Peter "Biff" Byford (chant), Paul Quinn et Graham Oliver (guitares), Steve "Dobby" Dawson (basse) et Pete Gill (batterie) et débute sous le nom de Son Of A Bitch avant de rapidement prendre le nom de Saxon. Le groupe se fait remarquer en assurant les premières parties de Motörhead et signe dès 1979 son premier contrat avec Carrere, sortant cette même année son premier album éponyme. Mais c'est en 1980 que Saxon explose en sortant à quelques mois d'intervalle ses deux albums incontournables : Wheels Of Steel et Strong Arm Of The Law. La même année en août, le groupe participera au premier Monsters Of Rock à Donington. Le groupe part en tournée dans toute l'Europe et au Royaume-Uni et perce même dans les charts au Japon. Il faudra attendre la fin de 1981 pour que le groupe trouve le temps de sortir son quatrième album Denim And Leather. Peu de temps après, Pete Gill est contraint de quitter le groupe suite à une blessure et est remplacé à la batterie par Nigel Glockler. En 1982, Saxon sort son premier album live The Eagle Has Landed et participe pour la deuxième fois au Monsters Of Rock.
En 1983, Saxon part à la conquête de l'Amérique avec sous le bras son cinquième album Power&The Glory. La tournée US est un succès mais le groupe doit faire face à l'émergence de la scène Glam. En 1984 pour l'album Crusader, ils adoptent un son plus commercial et partent en tournée avec Mötley Crüe ou Krokus en première partie. Alors que le mouvement de la NWOBHM commence à s'essouffler, cet album, avec la signature chez EMI, marque un tournant plus commercial pour le groupe, qui continuera dans cette voie avec les albums Innocence Is No Excuse et Rock The Nations. Avec Destiny en 1988, le groupe n'arrivera toujours pas à s'installer durablement dans les charts US et finira pas se faire lâcher par EMI. Nibbs Carter (basse) rejoint le groupe la même année. Malgré l'émergence de la scène Grunge, Saxon continue d'enchainer les albums : Solid Ball Of Rock (1991), Forever Free (1992) et juste après la fin de l'enregistrement de Dogs Of War (1995), ils virent le guitariste Graham Oliver pour avoir tenté de vendre des bootlegs du concert du groupe au Monsters Of Rock 1980. Doug Scarratt le remplace. Puis la vague Nu-Metal passe par là mais Saxon continue, droit dans ses bottes, et sort Unleash The Beast (1997), Metalhead (1999) et Killing Ground (2001). En 2003, Saxon finit par gagner sa bataille juridique contre deux anciens membres qui avaient déposer le nom "Saxon".
2004 marque le retour sur le devant de la scène pour le groupe avec Lionheart. Le groupe adopte un son plus moderne tout en restant fidèle à ses racines Heavy-Metal.
Les albums suivants continueront sur la même voie. En 2012, Heavy Metal Thunder, film documentaire sur le groupe, sort mondialement et l'année suivante le groupe sort Sacrifice. Leur dernier album studio en date est Battering Ram, sorti le 16 octobre 2015 et le groupe s'apprête à sortir son dixième album live, Let Me Feel Your Power, le 23 septembre 2016 chez UDR.

Chronique

15.5 / 20
1 commentaire (14/20).
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Battering Ram ( 2015 )

Vingt-et-unième album en trente-huit ans d’existence, bon nombre de groupes seraient déjà en train de sucrer les fraises depuis un bail arrivé à ce stade de leur carrière, mais Saxon n'est pas fait de ce bois-là. C’est certainement la raison qui fait que le groupe a survécu au cours des décennies aux vagues Glam, Grunge puis Nu-Metal, sans jamais s’arrêter. Et si le groupe a connu des hauts et des bas au fil des ans, cela fait déjà une décennie que Saxon est revenu à son top. Avec Sacrifice, ils avaient amorcé un tournant vers un son plus ciselé et des compos plus percutantes, et peut-être que la patte d’Andy Sneap n’y était pas indifférente. Est-ce que cette deuxième collaboration avec le producteur allait être aussi fructueuse ?

Saxon
débute Battering Ram par la chanson titre de l'album, et celle-ci a été forgée dans le même moule que Sacrifice : Riff assassin flirtant avec le Thrash, tempo enlevé et duel de solos de guitare. On retrouvera cette même petite touche sur plusieurs autres titres comme Destroyer, Stand Your Ground ou The Devil’s Footprint. Sur cette dernière, en guise d’intro, deux voix d’outre-tombe qui parlent de Satan forment un beau clin d’oeil à The Number of the Beast d’Iron Maiden. Paul Quinn et Doug Scaratt se complètent parfaitement à la guitare que ce soit au niveau des riffs (l’un en rythmique, l’autre en arpèges sur Top Of The World), lors de duels présents dans la plupart des solos, sans oublier, bien évidemment, les parties harmonisées (Hard and Fast, The Devil’s Footprint). Intelligemment, Saxon n'y a pas recourt de façon systématique et les place à des moments opportuns, par en plein milieu d'un solo pour lui redonner une dynamique comme sur celui de Stand Your Ground. Nigel Glockler est impérial derrière la batterie et nous offre quelques passages très inspirés, comme son jeu de cymbales, tout en toucher, sur ce même titre.

Il arrive quand même au groupe de lever le pied et de proposer des mid-tempo aux sonorités sombre (Queen of Heart et son riff entêtant) ou mélancolique, avec les deux dernières chanson de l’album, To The End et Kingdom Of The Cross. La surprise viendra surtout de cette dernière, avec ses couplets parlés, qui racontent le souvenir de personnes tombées au combat et qui tombent dans l’oubli. La voix de Biff, de plus en plus grave, se prête parfaitement à cet exercice, fort réussi.  Autre excentricité pour le groupe, l’usage de claviers et de nappes de synthés par endroit (fin de Stand Your Ground, refrains de The Devil's Footprint et de Queen of Heart) qui surprend quelque peu. Mais cet élément est largement contrebalancé par la basse, très sobre dans son jeu mais cependant très présente, qui offre un enrobage doux et chaleureux à l'ensemble.

Saxon livre ici un album plus que solide et varié, contenant son lot de morceaux de bravoure. Un album utile, à la différence des dernières productions décevantes de certains groupes mythiques, mais qui pourra également s’avérer frustrant car il y a fort à parier que peu de chansons le composant feront le poids face aux classiques du groupe au moment d’établir la setlist du concert du soir. Il paraît en effet impossible de balayer trente huit ans de carrière en l’espace quarante six minutes, et pour une fois, ce serait presque dommage.

A écouter : Battering Ram, Destroyer, The Devil's Footprint, Stand Your Ground