Si Safety devait expliquer son nom au regard de sa musique, il y aurait plus à dire sur la sûreté de son ton que sur un quelconque désir de sécurité.
Sûreté de ton, oui, car les floridiens ne sont pas du genre "Serein contemplatif, ténébreux bucolique" et vont droit au large, par amour des grands espaces, et ce avec ou sans bouées de sécurité. Y aller, voilà bien ce qui compte le plus, qu’importe la manière, on fera le bilan en fin de parcours. La pétillance de l’expression renvoie ainsi dès son ouverture à un featuring d’influence entre Big D and The Kids Table et The Flatliners ("Vacation Bible School" et son formidable finish acoustique avec chant de taverne). Le tempo griffe et gifle, intarissable, savamment placé au cœur d’un ring punk dans lequel le duel basse/guitare constitue à la fois les cordes et les lutteurs ("Hold It Likes This").
Le ska ici sert à l’agencement des accords ("We’ve running Out Of Time"), jamais au ralentissement. Too young to go slow down, tel pourrait être la devise du trio. Curses se proposent donc de refaire le coup des 7 fléaux d’Egypte, mais cette fois ci en 12 actes. Les amateurs de Freygolo ou de Suicide Machines retrouveront donc avec bonheur ces croisements de genre que la glue de la sueur cimente, entre ska sauvage, punk débridé ("The Crow Meets The Sparrow : Part III Revisited") et parties à consonance hardcore-live ("The Cheapening") ; le tout avec un bon côté US bourré de mélodies chantantes ("Power Surge !!!", "What Am I Gonna Do On A Submarine ?", "Sprood"), de cris enfiévrés et de coupures folk tradi’ (Intro de "We Defeated The Dinosors", Chanson cachée…).
Curses ressemble au final à un grand concert de bienfaisance où on croiserait un peu de Rancid, d’Against Me, d’AntiFlag et toute la clique ska punk susnommée. Le résultat est diablement séduisant ; fugace et attachant comme un amour de vacance. L’avantage ici, c’est qu’en se le procurant, on peut le garder, ailleurs que dans sa seule mémoire.
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