Albums du moment
Pochette Fallow
Pochette Material Control
Pochette Eroded Corridors Of Unbeing Pochette The Dusk In Us
Chroniques
Pochette Surveillance
Pochette Hostage Animal
Pochette Strange Peace
Pochette Electric Shades Pochette Endeligt
Découverte
Pochette Démo

logo Rotting Christ

Biographie

Rotting Christ

Les frangins Sakis et Themis Tolis accompagnés de Jim "Mutilator" Patsouris sont membres de Black Church, avant de former Rotting Christ en 1987, l'orientation musicale est Grindcore pendant quelques démo, puis Black Metal à compter de leur premier EP Passage To Arcturo (1991).

Thy Mighty Contract le premier album des grecs sort en 1993 chez Osmose Productions (Absu, Samael, Diabolical Masquerade...), année où le groupe fait sa première grosse sortie en participant au Fuck Christ Tour avec Immortal et Blasphemy, suit Non Serviam (1994) chez Unisound Records. Après une signature sur le label allemand Century Media Records, Rotting Christ enchaine avec Triarchy of the Lost Lovers (1996), opus sur lequel des influences gothiques se font sentir, le phénomène est amplifié sur A Dead Poem (1997) où le tempo ralentit, et où on entend même des guitares acoustiques; Fernando Ribeiro de Moonspell est invité sur Among Two Storms. Après Sleep Of The Angels en 1999, Khronos est le sixième méfait du groupe à voir le jour en 2000, et comme ces prédécesseurs il continue de creuser un sillon dans un univers Doom Gothotique, la reprise de Lucifer Over London de Current 93 en atteste, la production est assurée par un Peter Tagtgren à la réputation grandissante (Pain, Hypocrisy, Bloodbath). Rotting Christ est sur un rythme de sortie constant, et en 2002 il propose son septième album Genesis, un retour aux racines de sa musique est palpable, mais le combo ne lâche pour autant pas ce qu'il a expérimenté ces dernières années, cette fois ci aux manettes c'est Andy Classen (crédité sur des albums de Die Apokalyptischen ReiterNaglfar, ou encore The Old Dead Tree). Plus complexe mais dans le même esprit Sanctus Diavolos sort en 2004, celui qui pourrait être considéré comme une synthèse de la musique du groupe se voit être fignolé par Fredrik Nordström, guitariste chez Dream Evil mais surtout producteur de renom (In Flames, At The Gates, Opeth...).

Trois années s'écoulent et Theogonia arrive dans les bacs, le neuvième opus de Rotting Christ est le premier chez Season of Mist, le Black Metal des débuts est loin, les grecs ont fait évoluer leur son pour atteindre une maturité rare, s'inspirant de tous les horizons de la musique metal, le résultat, une création subtile et intélligente. Après le même intervalle, Aealo paraît en 2010, puis Katá Ton Daímona Eaf̱toú en 2013, un objet sombre et comme à l'accoutumée marqué d'influences folkloriques. Ce dernier est un véritable succès, certains titres comme In Yumen-Xibalba deviennent vites des classiques lors de prestations scéniques sublimes. En 2014 Rotting Christ fête ses 25 ans de carrière avec une compilation : 25 Years : The Path Of Evil Existence. En 2015 parait le live Lucifer Over Athens. À la fin de cette même année les Grecs annoncent la sortie d'une nouvel opus pour 2016, Rituals

Chronique

13.5 / 20
9 commentaires (15.61/20).
logo amazon

Rituals ( 2016 )

Pochette obscure et monochrome représentant le Christ le visage souillé par la terre séchée, titre de l’œuvre aussi transparent qu’évocateur et ouverture des hostilités sonores par un salut aux divinités et figures religieuses : tous les ingrédients réunis par les grecs de Rotting Christ ne pouvaient qu’aboutir à une messe noire élaborée dans les plus strictes règles de l’art. Et le fruit de ce mélange n’est autre que Rituals, quatorzième production d’un des groupes de black les plus imposants de la scène sud-européenne.

D’entrée de jeu, les musiciens annoncent la couleur : une foulée d’hymnes à la gloire de Satan se succèdent, glorieusement mis en musique par la voix rugissante et cadencée de Sakis Tolis et les motifs de batterie succincts et percutants de son frère cadet Themis. Les chants guerriers, transpirant la virilité par leur hargne sincère, et truffés de maximes hérétiques, combinés au côté grandiose et épique des parties instrumentales, permettent en effet de renforcer l’immersion dans l’univers occulte et pesant de Rituals; Chaque note, chaque instrument et chaque silence semblent à leur place et il n’y a ici aucune place laissée à l’égarement : fermez les yeux et vous entendrez les spartiates claquer sur le sol pavé, les boucliers et les lances de métal s’entrechoquer.

La seule bête noire du disque réside dans le fait que le « concept album » axé sur le rituel religieux soit poussé un poil trop loin, au risque de rendre certains morceaux légèrement insipides par leur longueur ou leur monotonie musicale (Apage Satana), insufflant ainsi cette dérangeante impression d’avoir à faire à une suite d’interludes durant la seconde moitié du disque. Malgré cela, la bête reste efficace et pour faire simple, Rituals se situe à la croisée des dernières productions de Behemoth, antéchrist dans son essence mais doté un côté guerrier plus assumé, et des récents albums de death mélodique des finandais d’Insomnium. Le tout est malicieusement saupoudré de morceaux interludes remplis de voix féminines frénétiques et possédées criant la fin des temps (Elthe Kyrie), d’instruments folkloriques (mélodies à la cornemuse sur Thou Thanatou) ou encore de références poétiques (Les Litanies de Satan).

Sorti de l’écoute, la musique infernale et profane des grecs laisse sur les tympans un arrière-goût de bande-son de péplum, mystique et sanglant. L’auditeur est finalement placé devant un disque bien plus riche qu’une énième révérence musicale au maître et possesseur des enfers, malgré une légère baisse de régime sur les dernières notes. Rotting Christ, à l’aide de choeurs et d’incantations blasphématoires, assène un coup de fouet à son œuvre avec cette épopée belliqueuse et occulte et nous livre ici l’une des pièces les plus immersives de sa discographie.

A écouter : Elthe Kyrie, Thou Thanatou