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Biographie
Formé en 2003 Rosetta est la rencontre de Dave Grossmann (Sense Fracture), Matt Weed (Sundayrest) Mike Armine (Mykado) et BJ McMurtrie (Sense Fracture, Sundayrest), cette rencontre se fait lors d'un concert où les titres ont été totalement improvisé, séduit les membres décident de continuer en enregistrant une démo 4 titres, remarqué par Translation Loss Records (Mouth of The Architect, Irepress, Intronaut) le groupe signe sur ce label. Ouvertement influencé par les ténors que sont Isis et Neurosis le groupe sort en 2005 son premier album The Galilean Satellites ; postcore lorgnant vers le post rock et le drone le groupe y développe son univers tout en rendant hommage à Isis / Neurosis. En avril 2007 le groupe sort un split (Project Mercury) avec Balboa et leur second album, Wake/Lift, sort en octobre 2007. De nombreux split sont également en préparation, notamment avec Souvenir's Young America (myspace) ou les français de Atheist Prayer (myspace).
Le Postcore, ah le Postcore... Vraie
révolution pour certains, ou simple effet de mode pour d'autres.
Scène qui prit naissance au début des années 2000 avec des
monuments comme Through Silver in Blood de Neurosis, S/T de Cult of Luna , Oceanic d'Isis et qui connut un engouement plus ou moins
considérable au XXIe siècle. Rosetta est l'un des représentants de
cette scène Postcore « Deuxième Vague » avec des Year
of No Light, General Lee et autres Transmission 0... Qui possèdent
chacun leurs propres styles et leurs propres richesses. Si il y a ceux, là dedans, qui
assument tout en essayant d'évoluer, il y a
ceux qui se tirent clairement une balle dans le pied (Comme Johannes
Persson de Cult of Luna qui critique virulement la scène Postcore
dans certaines de ses Interviews avant la sortie d'Eternal Kingdom..) et qui veulent se rebeller totalement contre cette scène
et voulant faire quelque chose de radicalement différent. Rosetta
fait partie de cette deuxième catégorie. Enfin, là où chez Cult
of Luna ça donne un Eternal Kingdom, chez Rosetta c'est A Determinism of Morality. Et Rosetta ne trouve pas mieux pour se sortir de
Carcan très fermé du Postcore que de faire.. Du Postcore. Les bougres.
Après cette digression plus générale
il est temps de nous atteler à la musique du quatuor de
Philadelphie. La première chose qui saute aux oreilles à l'écoute
de ce Determinism of Morality est la longueur des morceaux : si le
premier morceau, Ayil, ressemble à une intro avec ses 4 secondes 59
il n'en est pas, et les morceaux suivants adoptent en général un
format similaire, oscillant entre 5 et 7 minutes - Ce qui n'est pas
un problème en soi - . Mais si Rosetta navigue toujours sur le fil
du rasoir entre explosions Post-Hardcore et passages ambiants, le
côté progressif et ambiancé y perd largement. (Plus de morceau
épico-galactique de dix minutes à la Europa...) Si l'alchimie
fonctionnait certainement sur Wake/Lift, on tombe ici rapidement dans
le cliché « Couplet-Break-Couplet-Break-Refrain... » Et
ce, même si les compos sont peut-être plus travaillés que leurs
deux précédents efforts. La production est toujours
aussi aérienne (rappelant Ausserwelt de Year of No Light dans le
même genre.) Peut-être un son moins brut et moins metal au niveau
des guitares. Rosetta garde globalement le même créneau en suivant la voie déjà toute tracée et prévisible d'une musique plus calme. (Condition Sine Qua Non du genre ?) Mais n'est pas Cult of Luna qui veut. Le batteur, plutôt en retrait dans le
mixage, est impressionnant de technique, notamment à la caisse
claire, ou dans cette utilisation des cymbales si typique du
Postcore. Au niveau du chant, si il demeure
globalement le même c'est ce chant clair sur Release remarquablement
maitrisé, mélodique et poignant, qui en fait la meilleure piste de
l'album. Ici, Rosetta réussit très bien l'étape du passage à un
chant clair. (On se souvient des essais plus ou moins réussis d'autres groupes du genre). Il n'en demeure que si la voix de
Michael Armine, le chanteur principal, reste très impressionnante au
début, la surprise se dissipe vite. Attention, ce chanteur possède
l'une des plus belles voix de la scène Postcore, mais ici elle est
nettement moins écorchée que sur un Gallilean Satellites par
exemple - Il ne donne pas l'impression d'y mettre toutes ses tripes -
et surtout, elle n'est pas en accord avec l'atmosphère générale
beaucoup plus calme. Mais en travers de tous ces menus
défauts (et aussi ces qualités) , ce qui transpire le plus, c'est
qu'après 3 albums Rosetta n'aie pas franchement évolué. Enfin, il
évolue, mais clairement sur la pente descendante, en suivant toujours le même créneau. On sent que le
groupe a perdu sa rage sur les passages les plus violents (En
témoigne la voix de Michael Armine) , et les mélodies sont moins
accrocheuses sur les passages étherées et Post-Rock. En outre, si
les compos sont plus travaillées, elles sont nettement moins
profondes.. Enfin bref : on s'ennuie. Et on oubliera vite ce Determinism of Morality. A écouter pour voir ce que devient le
quatuor « cosmique », mais on préfèrera un Roads de
General Lee par exemple, pour les sorties estampillées Postcore
récentes.
A écouter : Release
Après un premier album qui avait permis à Rosetta de briller dans la masse de groupe s’engouffrant dans le post-métal (pour simplifier), suivi d’un split avec le screamo de Balboa revoilà les américains avec Wake/Lift toujours sur Translation Loss Records. Pas de double CD à écouter en simultané cette fois uniquement un CD dans une pochette épurée et certainement beaucoup de travail.
Dès les premières notes on sent que Rosetta a évolué, le mix entre post-hardcore, ambient et noise s’affine, d’un côté les guitares gagnent en rugosité, les éléments ambient / noise sont directement intégrés aux pistes (tapant quelque part entre The Galilean Satellites en version 1CD et 2CD simultanés) tandis que le chant s’écorche toujours autant mais en ralentissant un peu le rythme. La prod, exemplaire, permet à chaque membre de pleinement s’exprimer, les instruments et la voix sont toujours parfaitement discernables, et surtout les éléments atmosphériques qui arrivent à poindre au milieu de ce déluge de riffs gras et lourds au possible. Et c’est certainement cette particularité qui fait sortir Rosetta du lot, ce dosage d’orfèvre réalisé entre mélodie de fond et le mur de son tressé par les cordes. C’est dans ce mélange que Rosetta puise sa diversité et permet au disque de ne jamais tomber dans le banal ; ce Wake / Lift est une bête féroce sous laquelle semble poindre quelque doute sur l’utilité de cette violence. Cette dichotomie, auparavant symbolisée même physiquement, transporte l’auditeur tantôt dans une stratosphère nimbée de noir tantôt dans les tréfonds parmi lesquels pointe une aura salvatrice. Comme pour son précédent album Rosetta n’est pas précurseur, n’invente rien de spécial mais arrive à capturer l’essence de quelques ténors en y insufflant un côté plus progressiste, plus ambient permettant à ces sept pistes de se faire remarquer.
Vous l’aurez compris Wake / Lift est un album travaillé et soigné, évitant les pièges du plagiat et proposant une musique écrasante allégée par de subtils passages ambient. Si vous avez aimé The Galilean Satellites aucune hésitation à avoir face à ce Wake / Lift, Rosetta se bonnifie tout en gardant et en affirmant sa personnalité. Pour les autres il est encore temps de prendre la navette en route, pour où… ça on espère voir la prochaine étape très vite.
Un titre en écoute sur leur myspace.
A écouter : Dans l'espace
Pour un premier album les américains de Rosetta ne font pas les choses à moitié, déjà par la durée, 2 CD d'une heure, ensuite par le superbe Artwork signé Aaron Turner (Isis) et fort heureusement également par leur musique. The Galilean Satellites a pour thème le voyage dans l'espace, celui d'un homme voulant se couper du monde et qui décide de se réfugier sur Europa (satellite de Jupiter).
Cette thématique du voyage spatial et de cette misanthropie sera exprimée avec conviction le long de ces 2 heures. Rosetta cite volontiers Isis ou Neurosis comme influence majeure, et inutile de le nier cela saute aux oreilles, pourtant le quatuor arrive à imposer son style et ne pas être une pale copie de plus. Dans le foisonnement de la scène post-core (ou quel que soit le nom que vous lui donnez) les groupes apportant une pierre à l'édifice sont nombreux, mais peu viennent apporter de quoi cimenter tout cela, Rosetta fait partie de ce dernier groupe. Aux influences des deux « is » le groupe apporte une pincée de post rock pour des passages aériens calés là où il faut (qu'on comparerait bien à Explosions In The Sky) et balayés par une tornade de guitare saturée, le schéma est certes connu mais l'interprétation force le respect (cf le début d'Itinérant). Massif, voilà un adjectif qui siérait parfaitement à la musique de Rosetta, la voix n'a rien à envier à celle Von Till (Neurosis), à elle seule elle exprime une souffrance, une rage intérieure alors pendant ce temps les guitares / basse hurleront leur mépris ou au contraire la vacuité spatiale. Pour le moment on ne parlait que du premier CD, le second lui sera dans une veine ambient, mais du genre ambiance plombée, lourde et pas franchement joyeuse. Le genre de CD à mettre en fond sonore pour une ambiance bien glauque. Par contre, en bon fan de Neurosis, Rosetta recycle les idées du groupe en permettant la superposition sonore des deux galettes, en effet les deux disques contiennent le même nombre de pistes et de durée identique, il suffit donc de mettre les deux CD en même temps pour découvrir un nouvel univers. Là où les compos pouvaient paraître aériennes on aura droit à une tout autre version, encore plus sombre, plus noise, une nouvelle lecture allant encore plus bas dans le côté dépressif et chaotique.
Rosetta signe là une très belle pièce, de par son artwork, son concept et ses petits bonus cachés (la superposition des titres) vraiment prometteuse pour un tout jeune groupe mais aussi grâce à sa musique qui arrive à respecter les codes du genre tout en l'adaptant à la personnalité du groupe. Un futur grand?
A écouter : Un CD à la fois, plus les deux à la fois.
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