Strike ! Le van dans ta gueule. La pochette de Balloons est on ne peut plus explicite. Room 204 (pour moitié le batteur de Papier Tigre) n'y va pas par quatre chemins pour t'exploser dans les doigts. Le duo n'a dans le viseur que l'essentiel et finalement que le nécessaire. Pourquoi étirer une idée ou un plan de tueur sur 5 minutes alors qu'une seule suffirait à tout dire ? Cette question, les nantais ne se la sont même pas posée. Pour eux l'important est de filer droit sans jamais regarder dans le rétro'. Certes leur rock lorgne vers le math (rock), mais jamais Room 204 ne cherche à te noyer, à condenser le maximum de notes en un minimum de temps ou à ressembler à Don Caballero. Ce qui modèle une bonne partie de leur empreinte reste ce foutu son qui donne l'impression d'avoir les oreilles scotchées aux amplis. Une sensation sans aucun doute accrue par l'utilisation d'une guitare barytone, donc accordée plus bas, qui communique à l'ensemble un grain et une couleur rauques complètement jubilatoires.
Là où certains duos laissent une impression (loin d'être mauvaise la plupart du temps) de lutte bicéphale, la paire joue ici dans le même camp. Ca se télescope pour crever le plafond. Ca se replie gentiment un court instant pour mieux te gifler recto verso dans la seconde qui suit avec une justesse bluffante. Ces deux là sont nés pour tirer à la catapulte ensemble. Un qui arme, l'autre qui tranche la corde (et vice versa). Leur nom est moins rigolo que Pneu, ce n'est pas une bonne raison pour faire l'impasse. Balloons est un album de moins de 20 minutes qui peut boucler à l'infini et qui sort sur Kythibong, label déjà responsable de Fordamage et Komandant Cobra.
A écouter : en boucle