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Biographie

Rise And Fall

Cedric - guitar
Vince - bass
Bjorn - vocals
Wim - drums

A l'origine side-project créé en 2002 à Genk (Belgique), l'aventure Rise And Fall prend véritablement forme à la suite du split de The Deal. Après de multiples changements de line-up, le groupe se stabilise autour de Cédric, Bjorn, Vince et Murph et enregistre son premier album Hellmouth en avril 2004.

Dès lors, l'activité de Rise And Fall est permanente. Le groupe accumule les concerts et une tournée est organisée en compagnie de 100 Demons. Juste avant l'enregistrement de Into Oblivion, en juillet 2005, Murph est remplacé par un nouveau batteur, J.P.
Après la sortie de Clawing en 2007, Rise And Fall parcours les routes européennes et américaines, partageant l'affiche avec Converge, Coliseum, Ceremony etc. Deux ans plus tard, les belges signent un deal avec Deathwish sur lequel voit le jour Our Circle Is Vicious.

Faith ( 2012 )

Ce Rise and Fall, il m'aura donné du mal. La possibilité de le chroniquer m'avait alléché à l'idée de renouer avec ce groupe dont j'avais bien apprécié le Into Oblivion, mais que j'avais franchement perdu de vue depuis. Mais l'écoute s'est révélé en deçà de mes attentes. J'en avais peut-être un peu beaucoup d'ailleurs, parce que ce disque est un disque correct de Hardcore Metal sombre, avec ce qu'il faut d'influence doom, crust, sludge...Son principal défaut, c'est d'être sorti après toute cette vague de Hardcore pas sympa plus influencé par les obscurités du metal extrême européen et les relents de vomit de la scène sludge que par les moulinets à la new-yorkaise et les pectoraux tough guy. En 2005, on pourrait dire que le hardcore mid-tempo arrosé de heavy et de crust de nos amis belges, c'était plutôt original. Mais en 2012, sortir un condensé du même type débarrassé des remous rock'n'roll pour y suppléer les influences metal, grind/crust, sludge ect...ben c'est vraiment arriver en dernier dans la file d'attente. Entretemps, le Holy Terror a prit le pouvoir, Trap Them, Cursed, Torch Runner, Weekend Nachos, Iron Lung et j'en passe et des meilleurs nous ont mit notre dose de tatane. Si bien que, comme tout boxeur assidu à l'entrainement, le choc des coups diminue avec l'habitude.

Bref, je pourrais vous dire avec la meilleur honnêteté du monde que cet album est plutôt bien fait, qu'il est péchu et catchy, comme on l'attend, que les droites et high-kick sont au rendez-vous, ça ne suffit pas. Écoute après écoute, oui la qualité est là mais ça me rentre par une oreille et ça ressort par l'autre. La majorité des chansons n'ont pas énormément de personnalité, en particulier les 4 premières, pas scandaleusement mauvaises mais ressemble à un Ep de Trash Talk/Nails en moins bandant donc pas très intéressant. C'est bête de l'avoir mit au début de l'album, qui est censé être l'accroche qui donne envie de poursuivre l'écoute.

Il faut attendre la cinquième piste Things Are Differents Now pour avoir véritablement quelque chose à se mettre sous la dent. Elle tranche avec le début de l'album avec son petit côté post-hardcore à la Fugazi, qui du coup donne un côté émotionnel désespéré pas franchement désagréable qui vient nous rappeler le savoir-faire suisse en la matière (Cortez, Impure Wilhelmina). S'en suit Breath qui tient un peu du même métal, mais tirant un peu plus du côté de Cult Of Luna. Personnellement, son riff principal répétitif aura fini par me taper sur les nerfs et gâche une bonne partie de la chanson. Ensuite on repart sur le même propos qu'avant. Bucheronneries, d-beat, rage téléphonée, intrusion de blast par-ci par-là...mouais, bref autant écouter les vieux Victims ou Disfear, au moins ils avaient la fraîcheur qui forgent les disques imprimés à vie dans votre cortex. Il faudra attendre la fin et Faith/Fate pour que l'oreille se relève et soit attiré d'elle-même vers le son. Pour le coup, on tape dans le registre du post-hardcore violent et noir. On ralentit le rythme, on cale des riffs profonds et qui sonnent comme dans une cathédrale et une ambiance mêlé d'amertume et de revanche à la Unsane. Paf, voilà une bonne chanson, avec de la conviction qui prend aux tripes et reste dans la tête et le cœur.

C'est plutôt vers ça qu'ils auraient du faire. Plutôt que tartiner de courtes compos ne présentent qu'un condensé assez cliché de ce que la scène hardcore « sombre » nous a délivré mais sans saveur, ils auraient du prendre leur temps comme sur Things Are Differents Now et cette dernière Faith/Fate, de quatre à six minutes cinquante, qui par contre prennent le temps de développer musicalement et émotionnellement tout le propos de Rise And Fall, qui du coup peut se révéler captivant. Dommage de ne l'avoir fait que de manière marginale, car le reste, d'autres le font mieux qu'eux.


A écouter : Things Are Different Now, Faith/Fate

Our Circle Is Vicious ( 2009 )

Une bonne dose de venin. Voilà peut-être ce qu'il manquait à Rise & Fall pour s'affirmer pleinement et donner plus de densité à son punk metal un peu fruste. Certes Into Oblivion était largement prometteur, mais l'arrivée sur Deathwish a fait prendre aux belges une dimension autre (les tournées successives avec Converge et Have Heart également). C'était peut-être risqué mais la production au cordeau signée Kurt Ballou, ainsi que le digipack bien dans la veine du label, n'ont pas complètement dénaturé le propos de RAF. Même si le groupe a peut-être perdu une part d'authenticité, il s'est paré d'autres atours pour offrir une oeuvre plus léchée, plus propre, sans trop en faire pâtir le côté frontal. Our Circle Is Vicious évoque le tortueux par ses mélodies aux accents sinueux et lancinants. L'influence de Converge se fait ici plus pregnante surtout lorsque le beat s'emballe, devient hystérique sans toutefois atteindre le degré epilleptique que l'on retrouve chez le combo de Boston.
Mais RAF prend bien garde à ne pas totalement s'engouffrer dans ce trou béant, préférant s'aménager une porte de sortie plus discrète. Ainsi, avant d'être totalement  dévastés par de gros parpaings primaires, limite sludgy ("Harm's Way"), annonciateurs du chaos ("Stillborn"), bon nombre de morceaux de Our Circle Is Vicious résonnent d'accords postcore loin d'être inintéressants ("Built on Graves"), aux effets acides et mélancoliques, ponctués de petites touches mélo ("To the Bottom") parfois même catchy ("In Circles"), démontrant le gros travail de composition effectué depuis quatre années.

Une oeuvre des plus variées, un travail sérieux et appliqué, mais auquel il manque toutefois un chouia de folie, de prise de risque, pour être totalement addictif. Rise & Fall souffre toujours de ce côté lourdaud, d'une certaine retenue qui disparaît sur scène mais qui l'empêche pleinement de prendre son envol sur disque. Ambitieux mais peut-être trop pondéré. Dommage.

Tracklist : 1. Soul Slayer, 2. Built On Graves, 3. Harm's Way, 4. It's a Long Way Down, 5. To the Bottom, 6. In Circles, 7. Het Oog Van de Storm, 8. Stillborn, 9. A Present Tense, 10. Knowing

A écouter : Knowing, Built on Graves, Stillborn
14 / 20
2 commentaires (17.5/20).
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Into Oblivion ( 2005 )

Le monde se divise en deux catégories. Il y a ceux qui ont besoin d'un minimum d'adaptation, de mise en place, et ceux qui rentrent directement dans le vif du sujet. Rise And Fall appartient à la deuxième. Autant dire que Into Oblivion, deuxième album des belges sorti fin 2005 sur Reflections Records, ne s'adresse pas spécialement aux rêvasseurs.

Produit par Vincent Tetaert (Amen Ra) et mixé par Kurt Ballou - décidément partout celui-là - Into Oblivion nous plonge dans une atmosphère brutale, rustique, imposée par une guitare grasse et une basse caterpillar qui nous assomment dès les premières notes de "Forked Tongues". Un son lourd, émanant d'une sorte de monstre hybride où les influences punk les disputent à celles du métal. En effet, même si le son et l'exécution des morceaux est indéniablement tourné vers le hardcore punk voire crust de Discharge, Doom ("Into Oblivion", "To Hell and Back"), l'inspiration est résolument à chercher du côté métal, pas uniquement à cause des soli qui parsèment quelques morceaux ("The Void", "Failure is as Failure Does"), mais également en raison d'une certaine ambiance beaucoup plus proche de Fudge Tunnel ou Doomriders.

Toutefois il est injuste de croire que l'on a uniquement affaire à des brutes épaisses. Certes il est difficile de faire admettre le contraire mais, aussi surprenant que celà puisse paraître, Rise And Fall fignole ses morceaux, sait les rendre énergiques, vifs et dynamiques par des variations de rythmes et des changements de tempo assez fréquents. De plus, le groupe fait preuve d'imagination, ne se contentant pas d'asséner des rythmiques basiques mais montrant également une propension à l'exploration, à la découverte d'autres horizons. Rise And Fall nous offre un côté obscur qui n'est pas sans rappeler Neurosis sur "Lost Among the Lost", "Stakes is High" et son refrain où Bjorn troque sa voix gutturale contre un timbre plus maladif confèrant au morceau une note plus harmonieuse et apportant une pause méritée sous cette avalanche. La tendance se poursuit sur "Ruins", instrumental lent et lourd où Rise And Fall parvient à se sortir du guêpier tendu par une intro classique à pleurer et à faire évoluer le morceau avec succès.

Afin de donner davantage de relief à cette ambiance aux antipodes du Grandguignolesque, Rise And Fall s'est adjoint les services d'un spécialiste du genre, le dénommé Jake Bannon (Converge). Fidèle à son style, le designer nous gratifie d'un artwork véritablement en accord avec Into Oblivion, proposant un livret composé d'êtres décharnés échappés d'on ne sait quelle peinture rupestre, assorti d'une représentation toute personnelle de la Passion de Jesus Christ.

Il est certain que le côté en apparence classique de Rise And Fall peut rebuter. Il est toutefois conseillé de ne pas s'arrêter à cette première impression, Into Oblivion nécessitant une immersion complète qui, à la longue, nous dévoile un groupe beaucoup plus intéressant et plus inspiré qu'il n'y paraît de prime abord. Sans être un millésime, un album qui mérite largement le détour.

Télécharger : "The Void"

A écouter : Forked Tongues, The Void