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Biographie

Revok

Revok naît en 2003, en banlieue parisienne (Yvelines). Les membres sont issus de formations défuntes (Seanews, Belle Epoque, Gameness). Revok ne revendique pas d’influences mais un goût prononcé pour la noirceur et le malsain, sans artifices. Depuis sa création, le groupe a partagé la scène avec Monochrome, Looking For John G, Comity, Don Caballero, MicrofilmPanthers, Tang, Every Reason To, Year Of No Light, Traktor, Silent Front, Time To Burn
En 2007, les Parisiens sortent un premier album, Bad Books And Empty Pasts, 2009 voit la sortie d'un split avec Pneu, avant la parution en 2011 d'un deuxième album : Grief Is My New Moniker. 2015 marque la sortie du troisième album du groupe : Bunt Auf Grau.

16 / 20
5 commentaires (16.2/20).
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Bunt Auf Grau ( 2015 )

Grief is my New Moniker est le genre d’album que l’on n’oublie pas. De ceux dont l’empreinte reste quelque part collée sous la peau, indélébile et sensible au toucher. Revok était parvenu à se hisser au delà de toutes considérations techniques ou de styles. Dès lors, ne comptait que leur message, cinglant et ténébreux, catalysé par un son qui leur est propre. Localisé à l’épicentre du vécu respectif des parisiens et porté aux nues par un chant qui traverse littéralement un puits de lave avant de venir s’encastrer au fond du crâne.

C’était il y a déjà 4 ans. Pile le temps qu’il aura donc fallu à Revok pour monter tous les curseurs d’un cran supplémentaire sur l’échelle de l’intensité. D’une unique coulée de glaise, Bunt of Grau apporte à la fois de la nuance et de la noirceur au propos du quintette. Tout est davantage mis en relief. La profondeur des trous noirs creusés au forceps est accrue par les cavités de lumière que Revok a su parfaitement disséminé, comme des couleur chaudes sur des cendres froides. Bunt auf Grau n’est pas ‘un album de hardcore’, c’est ‘un album hardcore’. Vicieux et implacable ("Dear Worker"), insidieux et tourmenté ("Bunt of Grau"), parfois même céleste comme sur "Perfection is a sin", un morceau qui pourrait durer, durer, et durer encore.

Sans rentrer dans le rang, sans concéder le moindre centimètre à la surenchère, Revok dilapide morceau par morceau son agressivité suintante et inocule millilitre par millilitre son poison aliénant. Il n’y a pas de comparaison légitime à faire, les membres de Revok portent leur propre croix à même le sol, laboure des terrains dont ils se sont appropriés chaque aspérité et chaque grain de matière tout en sachant poser le pied dans la brume, au delà de leur zone de confort. Redoutable, c’est le mot.

A écouter : Dear Worker - Perfection is a Sin
16 / 20
3 commentaires (16.5/20).
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Grief Is My New Moniker ( 2011 )

Je crois bien que Revok est définitivement passé dans la catégorie supérieure. Ce nouvel album rassemble, et de loin, les meilleurs morceaux écrits par les parisiens. Tout prend un sens avec Grief Is My New Moniker. Infiniment plus dense et sombre que ses prédécesseurs, ce disque fait l’effet d’une pelleté de glaise grumeleuse en pleine poire. Revok ne cherche plus l’attitude à adopter, en croisant les genres, pour toucher au but, mais adhère à son propos d’un seul tenant. Il n’est plus question de morceaux indigestes et inutilement alambiqués, tout est sculpté dans l’immédiateté et l’impact. Les riffs de tueurs à la fois funèbres et éclairés, les embardées de batterie fracassantes et les vocaux littéralement terrifiants (qui trouvent enfin la place qu’ils méritent) forgent le même faisceau de lave vitreuse. Servis par un son - il faut le préciser - monstrueux, les instruments délaissent les apparences et les effets de style pour ne laisser filtrer que le substrat émotionnel. Celui qui te cueille à la gorge dès le début pour ne te lâcher les chevilles qu’après le silence fait, en ayant pris grand soin de te tordre les boyaux tout le long de la descente. Car oui, Grief Is My New Moniker dévale une pente, rude et tapissée d’échardes, qui mène au pied d’un monolithe. Insécable et intense du début à la fin, ce manifeste de Revok ne tombe pas un seul instant dans la caricature que pourraient suggérer son nom ou même son visuel et se veut un exutoire des plus sincères et personnels.

Je crois bien qu’avec ce disque de rock acerbe et cinglant, Revok a trouvé le genre de chose qu’un groupe comme Neurosis a peut-être (définitivement) perdu aujourd’hui ( ?). Quelque chose comme une hargne viscérale sans nom. Quelque chose comme un hurlement, qui au lieu de se perdre dans les ténèbres, les déchire sauvagement sans la moindre peur ni retenue. Je crois bien, pardon je suis persuadé que Revok est définitivement passé dans la catégorie supérieure. Dans la catégorie de ceux qui ont les burnes de se tailler une route à la serpe, là ou rien n’est acquis et où tout est à édifier à s’en faire péter les ongles.

L'album est librement téléchargeable.

A écouter : Tunnel
15 / 20
2 commentaires (16/20).
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Bad Books And Empty Pasts ( 2007 )

Les premiers efforts de Revok n'avaient que moyennement convaincu l'auditoire post-hardcore ténébreux, la faute à une tension parfois mollassonne et une originalité peu évidente dans un style largement abordé. Pour leur premier album, exit les pochettes sombres et torturées, accueillons un corps clair, poings tendus et touché en plein cœur par le bien nommé Revok (le groupe, mais aussi le personnage de Cronenberg qui détruit les neurones à distance par la seule force de sa pensée). Le combo n'a en tout cas pas abandonné sa croisade ni changé son fusil d'épaule, en témoigne le sympathique livret illustré par une main coupant le fil d'une ampoule, nous laissant ainsi définitivement dans l'obscurité (totale).

Seulement voilà, les premières mesures acres et arides de Bad Books And Empty Pasts mettent en évidence le franchissement de cap réalisé par Revok. Toujours post-hardcore dans le fond, comptez donc avec les inévitables montées en puissance et les silences perturbants, Revok parvient tout de même à surprendre grâce à une tendance peu commune à faire jaillir guitares et vocaux là où on ne les attend pas forcement. Au niveau du chant justement, la progression est de taille. Optant pour un grain abrasif et granuleux se rapprochant de Neurosis, ce dernier s'impose enfin et répand son venin au-delà d'une orchestration précise et constante dans sa qualité. Très homogène voire monolithique, ce premier album n'en est pas moins varié. Ambient prenante, noise lourde et oppressante, Post-"Ce que tu veux" parfois même stoner ou tout simplement rock, les parisiens ratissent large tout en conservant la bonne direction. On ne pourra reprocher qu'une production un peu lisse faisant sans doute perdre un peu de mordant aux passages les plus intenses ("Ambulatory Self") qu'on aurait aimés un peu plus nombreux.

Un peu à la manière de Lvmen, Revok se lance dans un post hardcore complexe aux structures alambiquées qui dénote largement du reste de la scène. Rien que pour ça, on ne peut que s'incliner.

Télécharger : Bills Pay Pills, Ambulatory Self.

A écouter : Ambulatory Self - A Morbid Assault in an Indecent Exposure
13.5 / 20
2 commentaires (13/20).
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Bicarbon Amalgamate ( 2005 )

La première chose qu’enchantera, ou tout du moins interloquera, Revok seront les yeux: une pochette simple, voir même minimaliste mais efficace, qui donne déjà une identité à la musique : sombre et mystérieuse.

Cette très bonne impression sera bien vite confirmée dès le premier de ces 5 titres, on rentre dans le vif du sujet avec des riffs typés émo et une rythmique screamo qui vont vite se calmer pour un passage rock; ça y est, on les tient les influences de ce groupe (facile, diront certains, au vu du line up) ; pourtant là où réside le talent de Revok c’est de lier toutes ces influences relativement contradictoires dans des morceaux sans anicroche.

Le chant oscillera lui dans un registre screamo avec des chœurs et passage lorgnant du coté de l’émo / indie rock ; le tout avec un son plutôt rock / métal. D’ailleurs la production est impeccable et il y aura très peu de choses à dire de ce coté, le mastering étant effectué par JP Bouquet (Nihil, Zombie Eaters, Tang, Lofofora …). Le groupe a voulu faire les choses de façon correcte, heureusement car ce style musical sans une bonne production tomberait vite dans une bouillie inécoutable.

En 5 titres, Revok nous évoque (désolé) violence, tristesse, haine, … des sentiments noirs et oppressants qui collent parfaitement avec la musique du quintet (un morceau sera même chanté en français).

On reprochera par contre au groupe d’encore trop coller aux clichés du style et de rester un peu trop dans des sentiers déjà battus ; cependant on sent que le groupe n’a pas envie de se faire poser une étiquette (grâce à l’intégration de parties plus aériennes, de guitares plus légères, … qui a parlé de post rock ?); ça promet donc un avenir radieux pour le groupe qui, s'il confirme, devrait venir se caler dans ma discographie entre Amanda Woodward et Overmars.


MP3  : Cranex 350

A écouter : sediments, aide-moi ? na?tre, cranex 350