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Biographie

Revocation

Revocation est un groupe de technical death/thrash originaire de Boston. Il a été fondé en 2000 sur les bancs du Lycée par David Davidson à la guitare et au chant, Anthony Buda à la basse et au chant, ainsi que Phil Dubois-Coyne à la batterie. La formation s’appelait alors Cryptic Warning, nom sous lequel ils enregistrèrent deux démos et un album studio. Les trois compagnons changèrent de nom pour Revocation en 2006, occasion pour eux de prendre un nouveau départ. Deux ans plus tard, en 2008, ils sortent une démo (Summon the Spawn) et un album (Empire of the Obscene), tous deux autoproduits. Le groupe enchaîne les concerts à l’échelle régionale et sort Existence Is Futile en 2009 sous le label Relapse Records.
Le son de Revocation est caractérisé par des riffs dissonants, des breaks de basse et des soli façon « shred », le tout agrémenté d’une double pédale galopante, de tempos très rapides et de breakdowns typés Hard Rock. Le chant est un growl de death metal qui tire parfois sur le grind. Le tout donne un mélange explosif de technical death et de thrash. Il faut aussi noter les influences jazz apportées par le guitariste qui a suivi des cours au « Berklee College of Music » où il a étudié le jazz et la polyrythmie.

En 2011, Revocation sort son troisième album, Chaos Of Forms. Le groupe est rejoint par le guitariste Dan Gargiulo qui jusqu’alors suivait les suivait dans leur tournées sans être un véritable membre officiel.

17 / 20
2 commentaires (18.25/20).
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Chaos of Forms ( 2011 )

La discographie de Revocation a des allures de rêve pour tout amateur de Metal : des albums qui n'en finissent pas de sortir sans que le groupe ne connaisse la moindre baisse d'intensité et surtout d'inspiration et Chaos Of Forms, leur troisième disque, ne déroge pas à cette règle. Ses douze titres sont tous des tubes en puissance, une débauche d'énergie, de violence et de destruction massive qui tient l'auditeur en haleine pendant un peu plus de trois quarts d'heure. 

On pourrait, si l'on aimait la facilité, décrire cet album comme un très bon représentant du Thrash Technique moderne, mais Revocation semble bien l'avoir laissé au placard depuis ses débuts, la facilité. Alors, bien évidemment, il est évident que ce genre transpire de toute part ici : il n'y a qu'à écouter « Harlot » pour réaliser que Exodus, Death Angel, Metallica et Megadeth ne sont pas loin. Les riffs s'empilent les uns après les autres à 450BPM au moins, les poignets mitraillent les cordes à vide et font chauffer les power chords sans aucune pitié, bref on est loin du Doom et du Post Rock. 

Pourtant, on choisira plutôt de dire que Chaos Of Forms est un excellent représentant d'une vision moderne et excitante du Metal sous un bon nombre de ses formes. Du Thrash, on l'a déjà dit, au Heavy 80's (l'harmonisation des guitares sur « No Funeral » pendant le solo) en passant par le Metal Progressif (qui n'a pas pensé à Opeth lorsqu'il a entendu pour la première fois le break de « Conjuring The Cataclysm »?)  jusqu'au Deathcore Moderne ( « The Watchers »). Revocation ose et réussit tout ce qu'il tente, même ce qui pourrait tomber dans le kitsch comme lors de « No Funeral » et ses choeurs ou de « Dethroned » qui rappelle avec enthousiasme ce que Voivod a fait de mieux. 

Ce disque, c'est un parc d'attraction où les musiciens guident l'auditeur, dévoilant leur maîtrise sur chacune des pépites qui le constitue. On obtient alors une œuvre jouissive et on a peine à imaginer un groupe qui marie aussi bien une technique effarante avec un song writting aussi efficace et plaisant tout en restant cohérent. Il faut dire que la personnalité du leader de Revocation, David Davidson, chanteur et guitariste de son état, y est pour beaucoup. Particulièrement inventif, le gaillard n'hésite pas à user de plans aussi ingénieux qu'originaux, sans que leur richesse ne soit un frein à l'écoute. Expressifs, complexes et mélodiques, ses soli rappellent ceux de Marty Friedman période Rust In Peace. Le mot est lâché : s'il fallait trouver un hériter à ce classique de 1990, nul doute que ce troisième album de Revocation figurerait en bonne place. 

Que dire de plus sans crainte de nous répéter ou de tomber dans ce qui pourrait passer pour de la flagornerie ? Il serait bien déplacé pourtant de croire qu'un seul des compliments fait à ce disque ne soit justifié. Tout ici transpire le talent, la précision, la maîtrise et le dévouement. Et le pire, c'est qu'ils ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Un groupe qui, en moins de dix ans, a produit des classiques dont il ne faut pas passer à côté, sous peine de rater une pierre angulaire du Metal moderne. 

A écouter : En prenant des notes.
15.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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Existence Is Futile ( 2009 )

Révocation : Acte par lequel l'auteur d'un fait décide de l'anéantir/mesure disciplinaire qui vise à retirer les pouvoirs confiés à une tierce personne pouvant aller jusqu'à son éviction... Une pochette avec un monstre inspirant crainte et souffrances... On s'attend donc ici à trouver un groupe de Death qui envoie la sauce sans subtilité, Existence is Futile sorti en 2009 nous montre que, et bien pas du tout, c'est justement l'inverse.

Ce doit d'ailleurs être assez compliqué pour les personnes qui ne s'y connaissent pas un minimum pour apprécier ce Thrash/Death technique à sa juste valeur. Les rythmes sont plutôt compliqués, et il y a très peu de riffs accrocheurs (cf : Dethonomics). Revocation n'est donc pas le genre de groupe à faire écouter au petit frère de sa collègue, qui souhaite découvrir le metal. C'est en revanche le seul groupe de Thrash depuis les titans que sont Slayer, Pantera  ou Metallica à s'offrir une réelle identité auditive, une originalité dans l'approche des morceaux et le tout de qualité, s'il vous plait. Tous les musiciens ont un niveau stratosphérique, la recherche sonore est nickel et le mixage parfait, rien à dire de plus sur le savoir-faire employé pour confectionner l'album.

Autre marque de fabrique et pas des moindres, Revocation est un groupe qui est extrêmement technique et dans cette gamme de groupes en général il y a deux catégories : ceux qui sont tellement techniques qu'on ne comprend plus l'instrumentation ou les morceaux, et ceux qui font de la démonstration technique sous prétexte de musique. Ici, il n'en est nullement le cas. Grâce à la richesse d'inspiration et de composition, les Américains parviennent à créer des partitions virevoltantes sans sombrer dans aucun travers mentionnés précédemment, comme peuvent en témoigner Leviathan Awaits ou Across Forests and Fjords. Tantôt mélodiques avec des breaks inédits comme sur The Tragedy of Modern Times, ou plus rentre dedans comme sur Pestilence Reigns, chaque plage sonore respecte cette règle de justesse.

Alors certes toutes les chansons d'Existence is Futile ne se valent pas, mais tous ont en commun la virtuosité avec laquelle elles sont interprétées. A l'écoute ça parait simple, ça sonne bien mais c'est en réalité très compliqué ! Les solos, présents sur quasiment toutes les pistes, sont inventifs (cf Dismantle the Dictator) et réalisés avec une maestria digne de celle des plus grands, on pourra citer Dimebag Darrel, Alex Skolnick (Testament) ou Tosin Abasi (Animals As Leaders). Il faut ajouter à cela qu'en 2009, Revocation est encore un trio, et que David Davidson fait toutes les guitares et est le chanteur du groupe, ce qui ajoute encore une difficulté supplémentaire à sa prestation qui est déjà magistrale.

Nous avons ici un opus d'une grande qualité, très subtile et travaillé, qui est en réalité un exemple que devraient prendre beaucoup de musiciens confirmés pour améliorer leur technique ou leur recherche créative, quand on sait par la suite que le groupe fera sept albums du même acabit en huit ans, cela ne peut que forcer le respect.

A écouter : Across forests and fjords, Dismantle the dictator