Biographie

Redgrave

Redgrave sort de nulle part. De Chicago pour être plus précis.
Formé en 2010, le duo composé par Angie Mead (guitar/chant) et Stephen Howard (batterie) réveille par surprise la scène indé locale en dévoilant un Rock dépouillé et lourd marchant tant dans les pas des origines du Blues que sur son adaptation, travaillée, à des sonorités plus modernes. Le travail des deux musiciens se voit concrétisé en 2011 par la sortie d'un premier 7" chez Lovitt Records.

Chronique

Redgrave ( 2011 )

Lovitt Records c'est toute une histoire. Sobrement et intégralement résumé dans un slogan clair comme de l'eau de roche "Independantly released music since 1995". Une autre époque, qui semble devoir durer éternellement du coté d'Arlington. Lovitt, on vous en causait il y a peu au sujet du dernier 2 titres de Frodus, formation mythique revenue par la petite porte et dont le destin reste comme étroitement lié à celui du label. Lovitt n'a jamais cessé de sortir, de fouiner, de mettre en avant des artistes allant, parfois, de l'anecdotique au, plus souvent, génial. Comme beaucoup Redgrave fait partie de la seconde catégorie.

Deux membres, deux titres et une musique bourdonnante branchée à la base de la nuque qui file droit au cœur. Stephen (Batterie) et Angie (guitare/chant) plus devinés que visibles sur leur petite jaquette cartonnée sont beaux. Tous les deux. Beaux à travers leur musique brumeuse et électrique, beaux par la délicatesse que revêt la forme autant que la profondeur donnée au fond.
Redgrave est Blues, Redgrave est Rock, lourd, grave, presque Doomy. Redgrave est minimaliste mais généreux, appliqué mais sensible, frémissant. Mélancolique mais loin de l'apitoiement. Redgrave, avec trois fois rien et en même pas dix minutes va à l'essentiel. A déjà l'essentiel. Le duo de Chicago vibre, son âme à fleur de micro, à chaque instant, convoquant tout autant le feu bourbonné de Janis Joplin que la torpeur Stonegaze d'un True Widow avec ce léger décalage, ce petit coté brut, dépouillé, de fond de rade et de plancher qui craque, qui fait toute la différence. En un trois mots: l'urgence, la tension, le vécu. Même si "Mantis" et "Gone to wither" se trainent admirablement.
Forcément, on pensera un bref instant aux White Stripes mais Redgrave est par trop peu pop pour être comparé avec le duo garage mixte de l'état voisin. Encore plus insuffisamment occulte également pour être rapproché de Jex Thoth et de sa magnifique prêtresse. Le chant d'Angie Mead est pourtant, loin, très loin de manquer de charme dans ses intonations suaves puissantes et ensorcelantes, délicatement éraillées mais, non, Redgrave joue dans sa catégorie. 

Et bien sur, une fois encore, le format 7" fait des merveilles: trop court pour vouloir en perdre une miette, pas assez long pour voir l'intensité redescendre, Redgrave y brille (discrètement) de mille feux. On ne saurait se contenter de retrouver éternellement les chicagoans sur ce format réduit (quoique, si le résultat est à chaque fois de cette qualité...) aussi le duo devra confirmer sur un premier EP plus conséquent ou un album mais pour être honnête, j'ai déjà été moins confiant et plus pressé en la matière. Le nombre de passages effectués par Redgrave sur la platine ne dit d'ailleurs pas autre chose et il m’est avis que ce n'est pas près de changer. Bien vu, Lovitt. Comme toujours.

Les deux titres sont en écoute/achat physique et numérique via Bandcamp

Redgrave

Style : Heavy Rock / Blues
Tags : - -
Origine : USA
Site Officiel : redgravemusic.com
Second site : facebook.com/redgravemusic
Amateurs : 1 amateur Facebook :