A l’époque où le punk rock mélodique avait entamé sa vertigineuse ascension, où le hardcore s’était cimenté de la Côte Est à la Côte Ouest, RKL s’écartaient des chemins tous tracés en mariant le skate punk non pas au thrash mais au heavy metal.
Les embardées punk du quintet, menées par un Dave Raun en verve, revêtent dès lors un caractère épique, renforcé par des soli endiablés et des riffs à mi chemin entre la crête et la crinière. Histoire de pimenter encore un peu la sauce, les Californiens ajoutent leur volume de rock ‘n roll habituel, relevé par le chant écorché et dégoulinant d’un Jason Sears plus tordu que jamais (sauf quand il s’agit de rendre hommage à un ami disparu, "Will to Survive").
Animés par leurs fortes personnalités (à commencer par un frontman ô combien charismatique) et l’énergie du métissage punk-r’n’r-heavy, les Rich Kids on LSD vont irrémissiblement de l’avant… et haussent même le ton après un interlude country humoristique ("Rancho Burger") qui divise la galette en deux. La seconde moitié se veut en effet déjà plus traditionnellement punk hardcore, avec des pistes directes et brutes de décoffrage comme "Give it up" ou "Betrayed"; on perd alors un peu en originalité mais certainement pas en efficacité…
Si Riches to Rags n’est pas l’album préféré de tous les fans, il reste le plus abouti d’une carrière qui aura su rappeler tant Black Flag que les débuts de Maiden (avec Paul Di’Anno), tout en inspirant à son tour des groupes à tendance aussi bien punk hardcore que metal ; un tour de force plus qu’honorable.
Ecouter "Betrayed" sur la page Myspace du groupe.
A écouter : "Beautiful Feeling Part. 3” ; “In Your Mind” ; “Will to Survive”