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Biographie

Pyramaze

Pyramaze se forme en 2001 au Danemark autour du batteur Morten G. Sørensen et du claviériste Jonah Weingarten, seuls membres d'origine encore dans le line-up actuel. Citons néanmoins la présence au chant entre 2001 et 2006 de Lance King, le boss du label Nightmare Records, sur lequel sont signés Myrath, Anubis Gate, Teramaze...).
Le quintet sort Melancholy Beast en 2004, intègre un sixième membre (un deuxième guitariste en la personne de Toke Skjønnemand, toujours en poste aujourd'hui), et publie Legend Of The Bone Carver en 2006. Ces deux albums de Metal Progressif sombre et mélodique séduisent les fans d'Evergrey ou de Dream Theater. Très bien reçus par la critiques, ces disques ouvrent les portes du prestigieux festival ProgPower USA 2006 à Pyramaze, mais Lance King raccroche après ce concert.
Matt Barlow, chanteur de Iced Earth jusqu'en 2003 ayant depuis embrassé une carrière dans la police, décide de revenir à la scène Metal et devient le vocaliste de Pyramaze en 2007. Il enregistrera l'album Immortal mais quittera le groupe avant même sa sortie pour se concentrer sur Iced Earth, qu'il réintègre. Il sera remplacé par Urban Breed (Bloodbound) pour partir en tournée avec Volbeat.
 
Début 2011, Michael Kammeyer (guitariste depuis les débuts), Niels Kvist (bassiste depuis les débuts), ainsi que le nouveau chanteur quittent l'aventure.
Les deux musiciens seront remplacés par un seul homme, guitariste/bassiste, en la personne de Jacob Hansen (chanteur d'Invocator et ex-chanteur d'Anubis Gate, ex-gratteux de Beyond Twilight, mais aussi producteur et ingénieur du son de Pyramaze, mais aussi de groupes de Metal de tous les horizons, parmi lesquels Epica, Aborted, Heaven Shall Burn, Evergrey, Persefone, Volbeat...). Après de longues années sans chanteur, Pyramaze recrute Terje Haroy au chant et sort Disciples Of The Sun en 2015. Le batteur Morten G. Sørensen intègre Anubis Gate tout en restant engagé dans Pyramaze.
Le groupe retourne au ProgPower USA en 2016, dix ans après leur première apparition là-bas. Pour l'occasion, les anciens chanteurs Lance King et Matt Barlow sont invités sur scène.
Les Danois sortent Contingent fin avril 2017, avec le même line-up que Disciples Of The Sun.

Chronique

Contingent ( 2017 )

Dans le film Lemmy de 2010, un fan de Motorhead disait dans l'introduction qu'après la fin du monde, seules deux choses survivraient : les cafards, et Lemmy Kilmister. Maintenant que l'on sait, malheureusement, qu'au moins la moitié de cette affirmation est fausse, à qui pourrait bien revenir la position d'ultime survivant (en dehors des cafards) ? Pyramaze n'a absolument aucun lien musical direct avec Motorhead, mais ils sont néanmoins de bons prétendants au titre. Jugez vous-mêmes : après s'être sorti d'un passage à vide sans chanteur entre 2011 et 2015, après que le compositeur ait jeté l'éponge passé le troisième album, après avoir dû succéder à un vocaliste charismatique comme Matt Barlow (ex-Iced Earth, rien que ça), après s'être fait virer du label Nightmare Records pour avoir licencié leur chanteur Lance King (qui était et est toujours le boss de ce label), et malgré les obligations du bassiste-guitariste Jacob Hansen (producteur hyperactif et guitariste-chanteur d'Invocator, une sorte de Peter Tägtgren du Metal Mélodique au sens large) et celles du batteur Morten G. Sørensen (aussi batteur dans Anubis Gate)... eh bien Pyramaze malgré tout un excellent cinquième disque.
 
En attendant de savoir qui survivra à l'apocalypse, les Danois proposent justement avec Contingent un album au concept post-guerre futuriste. Des bruits d'ambiances (comme dans l'intro de Land Of Information, ou dans les deux interludes Contingent Part 1 et Part 2) renforcent la mise en scène de l'oeuvre, d'une façon assez similaire à ce qu'on peut retrouver dans le dernier Dream Theater qui aborde d'ailleurs un thème pas si éloigné. Le scénario tient la route sans décrocher l'Oscar de l'originalité, et on appréciera au passage la cohérence du clip de A World Divided qui reprend les univers visuels et scénaristiques de l'album.
Toujours en moins de 6 minutes, le quintet s'approprie définitivement le format "Progressif court" à l'instar d'autres références (Evergrey, Myrath...). Officiant toujours dans un registre entre Prog et Power Metal (on pense par exemple à du Anubis Gate en plus dynamique, ou à du DGM en moins technique), Pyramaze évite les pavés de seize minutes, et exprime plutôt son talent par des changements de tempo (le pont dans Land Of Information, Symphony Of Tears), de gamme (au milieu de Nemesis), d'ambiance (Under Restraint), ou des trois à la fois (le break de Kingdom Of Solace). La construction des titres est à la fois logique et technique, les solos sont loin d'être systématiques mais sont toujours très créatifs et servent le morceau (Under Restraint, Symphony Of Tears), et presque tous les refrains sont bâtis comme des tubes (A World Divided, Land Of Information, 20 Second Century, Heir Apparent...).
 
Pyramaze semble donc être en pleine forme après tant d'épreuves. Le frontman Terje Harøy met du cœur à l'ouvrage et fait plaisir à entendre. Sa voix rappelle celle de Nils K. Rue de Pagan's Mind par moments (au début de The Tides That Won't Change, dans les couplets de Nemesis ou de Under Restraint), ou celle de Russel Allen de Symphony X à d'autres instants (le refrain de Land Of Information). L'atout majeur que représente cet excellent chanteur est néanmoins pondéré par les deux instrumentaux qui auraient gagnés à accueillir un peu de narration, à la fois pour renforcer encore plus le concept et pour exploiter une autre facette du timbre envoûtant du vocaliste. De plus, le chant est partagé avec Kisten Foss dans The Tides That Won't Change, pour une ballade stéréotype non seulement dispensable en elle-même, mais qu'en plus on aurait préférée être chantée uniquement par Terje Harøy.
 
Alors, verdict ? Pyramaze, des survivants viables à la fin du monde ? Franchement, la question est bien trop idiote (ou philosophique) pour y répondre objectivement dans une chronique d'album. Ce qui est sûr, c'est que Contingent est excellent en (presque) tout point, et que les amateurs de Power Prog se souviendront longtemps de ce disque et de ses auteurs. Après tout, on dit que les artistes deviennent immortels à travers leurs œuvres. N'est-ce pas la plus belle forme de survie ?

A écouter : Land Of Information, A World Divided, 20 Second Century, Heir Apparent, Symphony Of Tears