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Biographie

Pryapisme

Pryapisme nous vient tout droit de Clermont-Ferrand (le groupe hein, pas la maladie) et propose depuis 2010 et leur Rococo Holocaust, une expérience musicale vraiment pas dégueulasse mais incroyablement dérangeante.
"Pryapisme est un groupe au patronyme grotesque, à la musique incongrue et de toute évidence voué à un échec commercial et critique inexorable.
Ses membres masochistes s’accrochent à leur rêve puéril de sexe et d'argent facile depuis 2000, dépensent des sommes folles dans du matériel sophistiqué au fonctionnement ératique, tout ça pour émettre des flatulences sonores d'un goût douteux. Leur humour scatologique et leur imagerie putassière n'ont d'égale que leur attirance irrationnelle pour la gente féline à l'odeur méphitique. Encore un groupe qui sombrera dans l'oubli."

On vous aura prévenu...

Si les performances live du groupe sont assez rares, tournez vous vers leurs albums, à écouter au moins une fois dans sa vie, pour pas mourir idiot, ou pour devenir idiot. Au choix. A géométrie variable, le groupe se compose actuellement de trois musiciens fous : Nicolas Sénac (guitariste de Session d'Igorrr), de Benjamin Bardiaux (claviériste de session d'Igorrr, Ultra Zook) et d'Aymeric Thomas, batteur de Stagnant Waters.

Line-up :
Nicolas Sénac - guitare, mandoline, basse
Benjamin Bardiaux - clavier
Aymeric Thomas - batterie, programmation, clarinette
Antony Miranda - bass, percussion, Moog
Nils Cheville - guitare

Diabolicus Felinae Pandemonium ( 2017 )

S'il est encore besoin de préciser en 2017 que les chats sont depuis toujours de sordides et perfides créatures - pour utiliser un vocabulaire convenable - voici pour vous les sceptiques Diabolicus Felinae Pandemonium (orgie de chat pour ceux qui n'ont pas pris latin au collège), le troisième LP de Pryapisme, l'album de l'immaturité, le dernier avertissement avant l'avénement de l'ère du chat, l'histoire de l’Élu qui soumettra l’humanité à l’aide de son pentagramme de croquettes.

- « Mais c'est pas bientôt fini tes conneries Jean Louis ? Y’en a marre, sur le prochain album, tu vas me mettre moins de chats, moins de 8 bits et surtout moins de blast beat. Voilà ! »
- « Miaou…. »
- « Bon d’accord, fais comme d’habitude… »

Ce troisième LP des fêlés du bocal clermontois est à l'instar des précédents opus du groupe : une franche réussite. Techniquement irréprochable, bien produit, et artistiquement toujours aussi à l'ouest des modes et des tendances... Quelque part entre Hyperblast Super Collider et Futurologie, les deux derniers méfaits en date du groupe, Diabolicus Felinae Pandemonium mélange leurs colorations sensiblement différentes, pour un résultat toujours aussi extrême, jusqu'au boutiste, dense et indescriptible, certes un peu moins zozo que le premier, mais un peu plus dynamique que le second, avec un vrai travail de cohérence qui n'était jusqu'ici pas toujours le point fort du combo. 

En bons pharmaciens du bonheur, metalorgie vous propose donc la prescription suivante : 10 écoutes étalées sur cinq jours, une le matin, une le soir, avec un lavage des oreilles le midi en écoutant quelque chose de fade (vous n'avez que l'embarras du choix). A défaut de vous sentir mieux - le résultat de l'ordonnance étant très aléatoire selon les individus - vous serez repu, diverti et rien de moins que fasciné. Effet garanti. Car c'est le résultat incontestable de ce petit traitement face à l'ennui et l'impression de (trop) souvent tourner en rond niveau musical ces derniers temps. Une fascination morbide, maladive face à ce bordel de pavé pas si désorganisé que ça, ô combien habile et synonyme d'accoutumance aiguë. La notice de l'album devrait d'ailleurs mettre en garde contre le quadriptyque "La Boetie stochastic process / 100% babines, pur molossoïde / A la Zheuleuleu / Tau Ceti Central", nous déclinons d'ailleurs toute responsabilité quant à l'overdose possible si la posologie n'est pas respectée. C'est important la posologie.

On nous avait annoncé le retour de l'humain au premier plan : sans avoir abandonné la programmation d'instruments saugrenus ou le placement d'au moins une bonne demi douzaine de détails techniques sur chaque plan, le recadrage de composition et d’exécution autour de quelques instruments plus traditionnels est bien perceptible. Riffs bas du museau ou arpèges "tendinite", les guitares sont à l’honneur et l’album regorge de repères appréciables pour la santé mentale : breaks, montées en puissance, jolis arrangements, tout y est. C’est la première fois que Pryapisme enregistre un album avec la formation live actuelle (cinq musiciens au lieu de trois précédemment) ; plus chalereux et moins artificiel, le résultat ne tarde pas à se faire ressentir, notamment grâce à cette dualité omniprésente de guitares très différentes et à l’utilisation de nombreux synthétiseurs analogiques. 
Evidemment l’album déballe toujours avec un plaisir non dissimulé son lot de samples débiles, de nappes 8 bits cradingues, use et abuse de vieilles consoles, de modems 56k, et autres synthétiseurs improbables. Tout cela contribue grandement à la folie ambiante, et un album de Pryapisme ne serait pas ce qu’il est sans ces artifices de vieux sorcier, mais à quelques exceptions près, c’est toujours bien fait et rarement dénué d’intérêt. 

Moins oppressant et plus facile à digérer, ce dernier opus a largement de quoi séduire, mentions spéciales aux titres évoqués plus au dessus, parmi les meilleures compositions du groupe à ce jour.

Et puis, à force de nous en mettre plein la gueule gratuitement, à grand coup de blast beat et de guitares grasses, on en vient vraiment, mais vraiment, à apprécier les délires hard tech, 8-bits, dub-step ou jazz disséminés ça et là, qui une fois pour toutes terminent de définir le style Pryapisme. Leur meilleur album à ce jour : 3 ans de travail, 10 titres, 57minutes, 88 gigas octets d’audio, et 861 pistes, ils ont vraiment bien bossé, ont réussi à faire du Pryapisme sans tomber dans la redite, ce serait bien dommage de passer à côté !

A écouter : La Boetie stochastic process / 100% babines, pur molossoïde / A la Zheuleuleu / Tau Ceti Central
15.5 / 20
1 commentaire (19/20).

Futurologie ( 2015 )

En ce début 2015, alors que le dernier Michel Houellebecq rencontre un joli succès, que l'Homo Erectus communique désormais avec des hashtags et que le chat est devenu un objet de culte à part entière, tout semble converger vers l'inéluctable analyse en 8 bits de ce sentiment que tout va de travers et qu'il vaut mieux en rire. Tous les éléments nécessaires à la confection de ce "Petit traité de futurologie sur l'Homo cretinus trampolinis (et son annexe sur les nageoires caudales)" sont réunis : des musiciens de qualité, des thématiques subversives inépuisables à base de chatons, et une envie d'offrir à l'humanité, telle une divinité farfelue, un cadeau qu'elle ne mérite absolument pas : son décadent portrait en 8 bits.

Avec Hyperblast Super Collider, nous avions reçus en pleine tronche un concentré hautement corrosif du talent qu'ont nos clermontois pour l'improbable, le surréaliste et une certaine capacité à rendre groovy et prenant à peu près n'importe quoi. Avec ce nouvel EP, le fond est identique, l'essence de leur maladie dégénérescente intacte, mais la forme, le dialecte utilisé, est quelque peu différent. Sorte de monobloc impeccablement orchestré de plus de vingt minutes, Futurologie n'est composé que d'un seul titre, toutefois découpé en 11 parties pour plus de cohérence dans votre digestion, la douzième piste étant une version 100% orchestrale de l'EP. Au programme, toujours cet amour du n'importe quoi, toujours ces samples délirants, cet amour du 8 bit et des miaou-miaou intempestifs, un brouhaha hallucinant, passant sans aucune pudeur ni aucune vergogne d'un métal ultra groovy à un quiproquo électronique d'une autre époque, un truc qui fait crac-boom-miaou, et devient plaisant à force de l'écouter : vous allez vous en prendre plein la tronche, comme d'habitude, ne rien comprendre, comme d'habitude, bien vous amuser, comme d'habitude.

Vous devez payer l'loyeeeeeeeeeeeer !
Mais je n'peux pas payer l'loyer !!!!
Ta gueule Flipper !

Pryapisme fait du Pryapisme, et si vous avez apprécié Hyperblast Super Collider comme un des meilleurs albums de déglingo de ces 15 dernières années, alors il n'y a aucune raison que vous ne passiez un excellent moment en compagnie de cet EP polisson et grandiloquent.
Peut être moins pertinent que le méfait précédent, très certainement moins accessible, mais là on fait la fine bouche vu que de base rien n'est accessible chez eux, sauf peut être la bonne humeur, Futurologie reste une très bonne expérience, car c'est bien au final de cela qu'on cause : une expérience, faite de métal rentre dedans, d'électro pour margoulins en mal de sensations, de félins et de dauphins satanistes, d'orchestrations magnifiques, tous au service d'un impressionnant déluge de confettis pixellisés d'une vingtaine de minutes. 
En attendant le prochain album, voici un très bon encas pour celui ou celle qui ne jure que par le breakcore expérimental à tendance débile profond.

# Bon EP.
# Miam miam.
# Miaou.

A écouter : En jouant à n'importe quel jeu vidéo ou en compagnie d'un groupe de chats.
16.5 / 20
4 commentaires (16.63/20).
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Hyperblast Super Collider ( 2013 )

Saviez vous qu'un druide est giboyeux lorsqu'il se prend pour un neutrino ? Ou que la notion de chiralité de spin et d'oscillation de saveur des particules supersymétriques définissant un champ scalaire lors d'une transition de conifold en cosmologie branaire est un modèle ekpyrotique ?
Les p'tits gars de Pryapisme le savent, eux...

Lorsque le savoir vivre d'un ours sous LSD lié à cette maladie, les mathématiques par l'absurde et la région de Clermont-Ferrand se rencontrent, échangent leurs fluides corporels et s'adonnent à une orgie de sonorités toutes plus incongrues les unes que les autres, cela donne Hyperblast Super Collider, deuxième album d'une formation à l'intégrité mentale plus que douteuse. Après un Rococo Holocaust aussi inutile qu'un faisan empaillé dans une maternité (donc complètement indispensable), Pryapisme récidive avec une suite logique tout aussi subversive, abrasive et sidérante.

Du courage à deux mains, de la persévérance et un second degré bien développé, voilà les armes dont vous devrez vous munir pour vous confronter à ce bloc de musique brut d'obédience expérimentale, contenant plus d'une heure de cocktail savamment dosé, où métal couillu, électro, jazz, 8 bits, samba et autres samples improbables se mélangent, s'arrangent et dérangent... mais jamais ne se sabordent entre eux. C'est plutôt bien fait et rarement un instrument ne prend l'ascendance sur un autre, l'équilibre est fragile mais tient bon du début à la fin de cette thérapie éprouvante.

Aux premiers abords tendus du calebute à s'approprier, les 10 morceaux de l'album sont très vite entêtants et laissent peu de place au repos. Tout converge assez rapidement vers l'overdose, à force de se faire culbuter par tant de va et vient insalubres... Même installé bien en bouche, à défaut de trouver sa place dans un cerveau vite fatigué, ce foutra dense et dansant, ce kaléidoscope touffu de sonorités électriques techniquement impressionnant et toujours cohérent dans la folie, fini tout de même par fatiguer, comme la maladie inspirante doit tout autant faire plaisir puis finir par fatiguer son bonhomme.
Si drainer un corps caverneux sous tension (dixit wikipedia) semble être la solution pour un problème vieux comme le monde, le salut avec Pryapisme (le groupe), le petit réflexe qui vous sauvera et évitera à vos neurones de fondre une à une, c'est de faire des pauses, de longues pauses de calme absolu...

La danse du p'tit panda rusé...

Quand subvertir devient une arme, quant le génie (musical) et la folie sont au cœur d'une masse collante, grouillante de vie, un mouvement en perpétuelle évolution, on ne peut qu'être ébahi par tant de créativité, et admirer le spectacle étrangement visuel de ce Hyperblast Super Collider. Pryapisme c'est à la fois beau, moche, fou, débile, flippant, chiant, original, destructeur et génial, c'est en même temps complètement inutile et indispensable, ça ne ressemble à rien, ça ne rassemble personne (les autistes et les chats à la rigueur) et c'est peut être, grâce notamment à ce clip, ce qui définit le mieux (rapport à la flopée d'adjectifs précédente) ce qu'est devenu Internet. Le meilleur moyen de s'en convaincre c'est d'aller faire un tour par , peut être même de commencer par là, histoire de bien comprendre à qui on a affaire.

En résumé, Pryapisme en général, et plus particulièrement cet album, c'est soit la meilleure chose qui vous soit arrivée depuis l'invention des lol-cats, soit un véritable cauchemar musical indigeste que vous vomirez avant d'avoir dit "chaton".

PS : petite cerise sur le gâteau : "Une nuit sur le mont chauvelu", cover de Mussoorgsky (Une nuit sur le mont chauve), ou comment ne pas se prendre au sérieux jusqu'à la fin !

A voir absolument, le clip de Un druide est giboyeux lorsqu'il se prend pour un neutrino ! Épilepsie garantie...

A écouter : Pour devenir fou...