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Biographie

Protestant

Brian Morrison - batterie, chant
Chris Ellis - guitare, chant
Cory Vonbohlen - chant, guitare
Jesse Smith - basse, chant

Combo de Milwaukee fondé aux alentours de 2004, comprenant des membres de Nothing In Common, Evenstar , Party By The Slice, et Dead Issue. A ce jour deux albums sont parus, le premier Make Peace With the Rope You Hang From en 2006, le second The Hate The Hollow deux ans plus tard.
Protestant bénéficie d'un buzz (justifié) qui le conduit à enchaîner concerts et tournées dont la dernière en 2009 aux côtés des anglais Fall Of Efrafa n'est pas la moindre.
Enregistré par Shane Hochstelter au Howl Street de Milwaukee, masterisé par Justin Perkins, le troisième album de Protestant, Judgements, sort en septembre 2010 via Vendetta Records et Halo Of Flies. Le groupe effectue dès octobre une tournée européenne (Allemagne, République Tchèque, Pologne, Autriche) et joue notamment avec The Holy Mountain, Finisterre et Panacea. Judgements sortira en cd en 2011 chez Shove Records (Italie) et Epidemic Records (Singapour).

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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Judgements ( 2010 )

Judgements ne signera pas l'arrêt de mort de Protestant, car le verdict, quel qu'il soit, le gibet ou le fouet, ne viendra pas à bout de la vindicte et des convictions des américains.

Dans la droite lignée de The Hate The Hollow, Judgements déferle sur une rythmique rapide, puissante et implacable, en des riffs incisifs et accrocheurs, déployant une brutalité roide, ciselée de mélodies aigre douces et ombreuses. Neuf titres à l'étreinte permanente, d'une intensité et d'une rage incendiaire, d'où se dégage une force rebelle et indomptable, rendant toute entrave insignifiante et débile ; une rage jubilatoire qui relève les têtes et dresse les poings, restituant noblesse et grandeur à la contestation et à la révolte. La musique délivrée par Protestant a pris de l'ampleur et de la profondeur, dispensant des émotions riches et nuancées. Les mélodies, plus troublantes, peut-être à cause d'une meilleure production, baignent les titres d'atmosphères sombres et funestes à la tristesse sous-jacente, explorant de nouveaux champs d'affliction et de solitude, de nouvelles nébuleuses du dérisoire. Un album dense, efficace et solide d'où émergent trois titres phares ("Funerals", "Waste" et "Retirement"), hymnes ou requiems, aux accents remarquables.

The Hate The Hollow fut un coup de semonce, Judgements est une sentence!

En écoute sur Myspace : Deserted, Capital, Funerals

A écouter : Funerals, Waste, Retrirement
14.5 / 20
1 commentaire (10/20).
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Volume Two (split avec Northless) ( 2009 )

Protestant continue à lacher ses perles et franchement ceux qui s'en plaindront seront des mauvais coucheurs. Rares à l'heure actuelle sont les formations combinant furia punk et finesse mélodique. Dans la lignée de The Hate The Hollow, Protestant parvient à conserver cet équilibre avec brio sur ce nouveau 7" sorti en bloc avec le ep Antagonist dont on parlait récemment. Deux titres cousus de fil barbelé blanc mais jouissifs et intenses, sentiments désormais familiers depuis que ces ricains ont posé leurs pieds sur la scène punk. Malgré tout Protestant parvient encore et toujours à surprendre avec "Ruin", down tempo introductif et malsain sur lequel Cory aboie sa rage, tourne en rond comme un lion en cage avant de trouver une issue grâce à l'incendiaire "No Chance" qui achève la démolition.

On reparlera certainement assez tôt de Northless. Ce duo de bouseux du Wisconsin brûle ses cartouches dans un doom/sludgy poisseux d'où émerge la puissance abyssalle de Floor ou Neurosis. "Temples of the Weak" présente un profil ténébreux, d'apparence très rustique, mais dont la teneur générale est polluée d'une mélancolie tangible dans certaines mélodies discrètes ainsi que dans le chant en retrait, le tout donnant une impression moins convenue et, par conséquent, des perspectives plus alléchantes que celles auxquelles on a malheureusement droit depuis un moment dans le genre.

Tracklist : 1. Temples of the Weak* (Northless); 2. Ruin* (Protestant); 3. No Chance (Protestant).


 

A écouter : Templs of the Weak (Northless), Ruin (Protestant)

Antagonist 7" ( 2009 )

Rien n'arrête Protestant. Dans le sillage de l'excellent The Hate The Hollow, le groupe de Milwaukee se sent pousser des ailes, sûr de lui pour gaspiller ses cartouches un peu partout plutôt que de les regrouper en feu nourri, sur un support plus conséquent. A raison puisqu'on est loin du pétard mouillé si l'on en croit le très bon split avec Northless et le trois titres Antagonist 7", bien dans la tradition de ses précedesseurs. Un raw punk torride, raide, émanation d'une colère sans retenue aux riffs intrépides et cisailleurs ("Cathedral").
Mais un punk pas si cru que çà. Trempé dans une rivière nourrie d'affluents aux eaux plus saumâtres, porteuses d'un sentiment d'introversion, presque mélancolique si l'on en croit l'intro de l'excellent "Lost", Protestant s'aventure dans des contrées épiques déjà défrichées par Fall Of Efrafa. Des phases lourdes et (o)pressantes, portées par un chant incantatoire rappelant (comme par enchantement) son côté dépouillé, sans artifice mais riche en ambiance et en atmosphères. La belle aventure se poursuit.

Tracklist : 1. The Culling to Come*, 2. Cathedrals, 3. Lost

A écouter : Lost
15.5 / 20
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The Hate The Hollow ( 2008 )

Ca y est. L'heure de la révolte a enfin sonné et qui mieux que Protestant pour en prendre la tête. Deux ans après le premier opus, le quatuor de Milwaukee refait surface avec le successeur de Make Peace with the Rope you Hang From, provoquant le tumulte, lançant l'émeute la bave aux lèvres, ruant dans les brancards sans trop se soucier de la direction.

The Hate, the Hollow. Colère, haine, submergent tous les espaces, tous les interstices. Quand la furia raw punk de Born/Dead, The Holy Mountain ou les collègues d'Artimus Pyle, frontale et sans concession, rencontre l'obscur et le déviant de His Hero Is Gone, les yeux se ferment, les fronts se baissent, on se met en boule pour éviter les embruns acides et on attend la fin de la tornade. Rapide et brutal, la puissance du pilon et la précision de l'incision, un chant arraché sans être screamo, Protestant distille ses rafales le nez dans le guidon, nous saigne à blanc sans sommation ("Disbelief", "The Hate the Hollow").
Une colère vindicative, entreprenante mais tuméfiée cependant par le doute, l'efficacité relative de la contre-attaque. Peu à peu les corps fatiguent, se couvrent d'hématomes, éreintés de se battre contre des ombres, des moulins, contre l'Invisible, l'impression d'asséner les coups dans le vide. Forcément la volonté faiblit. Protestant chute dans un abîme cafardeux, refuge du renoncement où plaintes, oraisons deviennent de plus en plus fréquentes. Des nappes de mélancolie transpirant de l'univers de Fall Of Efrafa, parfois évocatrices de la tristesse océanique de la scène de la Corogne (Ictus, Ekkaia) ou du spleen germanique de Lies Feed The Machine font alors leur apparition, rapidement lacérées cependant par des coups de scalpels dévastateurs ("Obituary", "Asleep", "Disgrace", "Free from Us".). Protestant n'abuse pas du vague-à-l'âme.

Notre héritage n'est que poussière. Constat amer et sans appel de ce qui nous pend au nez si la tendance n'est pas inversée. Alarmiste ? Prémonitoire plutôt. Protestant n'est pas le premier ni l'unique oiseau de mauvais augure. The Hate The Hollow n'en constitue pas moins un avertissement à prendre largement au sérieux. Il confirme également que le buzz autour du quatuor de Milwaukee est loin d'être infondé.

Tracklist : 1. Disbelief; 2. The Hate the Hollow; 3. Disgrace; 4. Neglect; 5. Obituary; 6. A Smaller World; 7. Free Us From; 8 Disowned; 9. Asleep

A écouter : Free from Us, Asleep, Disbelief

s/t 7 ( 2007 )

Petit seven éponyme pour la nouvelle coqueluche d-beat de Milwaukee. Trois titres fougueux, pleins de rage semés sur le terreau US/canadien des Born Dead Icons, Born/Dead, Artimus Pyle et compagnie. Avec cet héritage, Protestant aurait pu se contenter de la jouer facile, privilégier l'agression, la puissance. C'est en partie le cas, le quatuor du Wisconsin envoie tout valdinguer rien qu'aux premières sonorités de "We Race to the Bottom". Rapides, intenses, sans aucun compromis, déchirés de passages blastbeat, les morceaux dérivent parfois sur un versant plus acide donnant à Protestant cette touche qui les exonère quelque peu du rôle de suiveurs. Des structures disharmoniques, des accords qui couinent évoquent de manière significative l'école allemande des Acme, Cave Canem ou plus récemment Lies Feed The Machine, le tout enrobé d'une petite touche His Hero Is Gone venant ajouter un peu de piment à la sauce sans pour autant virer au tabasco.
Car même si Protestant se livre sans retenue, on sent toutefois la volonté de ne pas se jeter à corps perdu dans une posture extrême vouée à l'échec à court terme. Certes les moments de calme sont rares mais bien présents et les mélodies procurent un petit côté épique accentuant la désillusion ambiante qui se dégage du skeud lorsqu'il s'agit de pester contre l'irréversibilité du temps ("Time Will Beat Us"), ou les rêves perdus ("Long for Nothing"). Un groupe qui ne bouleverse pas la donne pour le moment mais dont le style intense et irradié apporte une bonne bouffée d'air.

Tracklist : 1. We Race to the Bottom; 2. Long for Nothing; 3. Time Will Beat Us.
 

A écouter : Time Will Beat Us