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Biographie

Propagandhi

Chris Hannah et Jord Samolesky cherchent tout d'abord non pas à créer un groupe de punk-rock mais de thrash progessif (dès 1986) dans les environs de Winnipeg. Ils enrôlent alors Little John John comme bassiste et commencent àse faire un nom dans la scène canadiene, en ouvrant par exemple en '91 pour Fugazi et en '92 pour NOFX.

Puis deux ans plus tard, ayant abandonnés le trash progressif, Fat Mike (NOFX) leur propose d'enregistrer un EP puis un album, le fameux How To Clean Everything. Ensuite ils tournent en Europe, aux Etats Unis, au Japon ... C'est alors la grande exploision du punk. Ils sortent Less Talk, More Rock en '96.
Après ça le groupe ne devient plus très actif musicalement, ils se séparent de John K. Samson (qui fondera dans la foulée The Weakerthans), et les deux membres restant créent le label activiste G7 Welcoming Comitee. Label qui s'occupe de distribuer les albums de Propaghandi dans leur pays d'origine, le Canada, de signer quelques groupes qu'ils aiment et surtout d'être présents dans le monde des activistes. En '98 Where Quantity Is Job N°1 (albums de raretés, faces B etc) sort sur G7 et fin 2000 ils retrouvent l'inspiration, un nouveau bassiste (Todd Kowalski, ex-I Spy et Swallowing Shit) et retournent en studio, ils en ressortent avec Today's Empire, Tomorrow's Ashes.

Après quelques rares tournées et des anicroches avec Fat Mike (notamment à propos de la campagne présidentielle états-unienne de 2004), ils sortent en octobre 2005 Potemkin City Limits. En août '06, un deuxième guitariste, David Guillas, permet à la formation de passer en quatuor et de préparer de nouvelles tournées.

17 / 20
6 commentaires (18/20).
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Supporting Caste ( 2009 )

Cinquième album en 20 ans pour les radicaux punk/progressive thrashers (qui dit mieux?) de Propagandhi. Et un premier reproche : on en voudrait plus, et plus souvent! Parce que quand on se rend coupable de méfaits aussi intéressants, tant sur la forme que sur le fond, que les disques sortis par les Canadiens ces dernières années, ça en deviendrait presque criminel de nous maintenir dans un tel état de manque. Mais trève de baratin introducto-plaintif, et place à la cuvée 2009, intitulée Supporting Caste, et qui, pour couper court à tout suspense, se révèle un grand cru.

Propagandhi reprend ainsi les choses exactement là où il les avait laissées il y a quatre ans. Mais avec l'aide d'un guitariste supplémentaire, qui vient apporter encore un peu plus de richesse à cette étrange mixture musicale qui n'en demandait pas tant. Quoique.
Fusion improbable entre le punk mélodique des 90's et une forme étonnante de speed/thrash metal progressif, l'hybride occasionnait déjà depuis Today's Empire, Tomorrow's Ashes de gros dégâts, achevant l'auditeur avec son côté mélodique émotionnel et désabusé. Tous ces ingrédients sont donc une nouvelle fois savamment dosés, et entrecoupés des traditionnels morceaux de Todd the Rod, le bassiste qui semble encore plus fâché que ses comparses. Avec pour résultat un album plein, légèrement plus véloce dans sa globalité que son prédécesseur Potemkin City Limits, et duquel il est presque impossible d'extraire un quelconque déchet. L’intro épique incroyable du dernier titre ("Last Will and Testament"), celle jouissive de "Dear Coach's Corner" qui enchaîne sur un mid-tempo mélodique accrocheur et pilo-érecteur, un "Supporting Caste" à la structure et aux mélodies imparables ou encore la folie rythmique et la complexité d'un "Tertium Non Datur" sont autant de grands moments dans un disque qui ne peine jamais à capter l’attention.
Même un morceau plus "simple" tel que "The Banger's Embrace" (hommage à leur groupe de thrash préféré : Sacrifice) nous ramenant presque à l'époque de Less Talk, More Rock, avec son côté plus léger et joyeux, cette nouvelle livraison brille incontestablement de la première à la dernière note. Ou presque, parce que la reprise cachée de Black Widow "Come to the Sabbath", hormis son côté décalé et drôle, n'apporte rien d'indispensable, soyons honnête.
Mais c'est un détail, tout comme les lignes de chant qui, c'est vrai, font parfois preuve d'une certaine redondance ou encore ces premières impressions mitigées, et récurrentes pour ma part, avec ce groupe. Propagandhi, en effet, ne livre pas facilement ses secrets. Inutile d'espérer retrouver l'évidence immédiate de tubes comme "And We Thought That Nation-States...", cette époque est révolue. Pour le malheur des uns mais pour le bonheur des autres, qui ne manqueront pas de découvrir sans cesse dans ce Supporting Caste de nouveaux détails, et de nouvelles richesses, et ce même après de très nombreuses écoutes.

Un excellent disque donc, peut-être plus abouti que Potemkin City Limits, et sur lequel on pourrait gloser des heures durant tant il y a de la matière. Et pourtant, je ne vous ai même pas parlé du fond. Parce qu'en plus de tout ça, les Canadiens sont à mes yeux, et sans le moindre doute, les plus cohérents et les plus intéressants éthiquement, intellectuellement et politiquement des groupes de ce calibre. Mais on entre là dans un débat bien plus vaste, que ces gentils agitateurs semblent toujours prendre plaisir à rouvrir. Pour le meilleur et à cause du pire.

Tracklist : 1. Night Letters ; 2. Supporting Caste ; 3. Tertium Non Datur ; 4. Dear Coach's Corner ; 5. This is your Life ; 6. Human(e) Meat (The Flensing of Sandor Katz) ; 7. Potemkin City Limits ; 8. The Funeral Procession ; 9. Without Love ; 10. Incalculable Effects ; 11. The Banger's Embrace ; 12. Last Will & Testament

A écouter : en boucle et les paroles sous les yeux
17 / 20
3 commentaires (17.17/20).
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Potemkin City Limits ( 2005 )

4 ans d'attente, et pour quel résultat au final?
Musicalement dans la continuité de Today's Empires... (le 'single' "Die Jugend Marschiert" en est la meilleure preuve), Potemkin City Limits est néanmoins plus etoffé et légèrement moins direct que son prédecesseur, moins punk/hardcore dans l'âme. L'échelle des tempos est plus étirée et le rythme général moins galopant. Ce que Propagandhi conserve en revanche, ce sont ses courtes incursions hardcore ("Superbowl Patriot XXXVI", "Impending Halfhead") ainsi que ses inclinaisons 'metalisantes' qui sont même accentuées.

Sur ces 12 plages, le formation en triangle de Winnipeg entreprend une diversification des morceaux et des tons: sans jamais être gais, ils offrent un spectre assez large allant de la mélancolie à la rage, ou plutôt un constant mélange de mélancolie et de rage, à demi-voilé derrière le cynisme corrosif et affiché des paroles. Propagandhi ne relâche jamais la pression, n'abandonne jamais son combat, comme en témoigne ce chant qui se fait montant et insistant sur chaque fin de phrase; pas tant un signe d'optimisme qu'une marque de volonté opiniâtre et de croyance inébranlable en leurs convictions.

Car Propagandhi est un groupe très (trop?) connu pour son engagement politique, tellement connu pour ce côté politisé qu'on a tendance à oublier que cet engagement  découle d'une sensibilité exacerbée qui est ici retranscrite en musique, d'un engagement qui part du coeur pour ensuite passer par le cerveau et les tripes, avant d'être expectoré sur disque et sur scène.

Créative et plutôt unique, le trio désormais quatuor signait avec Potemkin City Limits une oeuvre réfléchie et aboutie (des riffs efficaces et/ou peu répandus notamment grâce à des influences metal, des ambiances particulières ("Cut Into the Earth"), un chant à la segmentation et aux intonations inédites, une technique irréprochable soutenue par une production qui ne l'est pas moins), une oeuvre pas aussi facile d'accès que ses précédentes sans pour autant être foncièrement différente.

Télécharger "Die Jugend Marschiert"

A écouter : "Iteration" ; "Cut Into the Earth" ; "A Speculative Fiction"...
17 / 20
3 commentaires (18.33/20).

Today's empires, tomorrow's ashes ( 2001 )

Cet album on l'a attendu pendant 3 bonnes années. La question était de savoir comment ils allaient nous revenir!
En force et en très grande forme serait la réponse appropriée. Et en fait on a bien l'impression qu'il n'ont pas perdu leur temps.

On est assez loin des mélodies typiquement californiennes du premier album How to clean everything; ici le son est devenu plus lourd, la musique plus agressive... il y a bien plusieurs genres qui se croisent, mais en fait ce qui fait la force de Propaghandi musicalement parlant c'est qu'il est très dur de comparer leur musique à celle d'un autre groupe. C'était déjà vrai pour les anciens albums et c'est encore vrai pour celui-ci. On pourrait dire que par moment ça fait penser a du Good Riddance, par d'autres à du NOFX, par d'autres encore à du hardcore à la Sick Of It All... en fait il n'en est rien, ils ont LEUR son!
Ce ne sont pas des musiciens hors-pair, mais ils arrivent toujours a claquer la bonne intro et le bon riff de guitare qui fait mal et les mélodies sont imparables! Le meilleur exemple est sans aucun doute "Ladies' nite in loserville" qui me met encore sur le cul à chaque fois.
Le disque alterne aussi très bien différents styles: hardcore mélo sur "back to the motor league", "today's empires...", morceaux bien plus hardcore (chant crié) comme "ordinary people do fucked up...", "fuck the boarder", et même des hybrides comme"natural disasters". On sent bien aussi quelques infleunces métal mais ça c'est à vous de tout découvrir tant ce disque est riche en particularités.

Mais Propaghandi c'est aussi et surtout un groupe engagé, activiste, et cela se ressent immédiatement dans les paroles très dures, très crues et surtout très vraies! Qu'ils s'attaquent à la situation des pays pauvres, à l'industrie du porno, à l'Eglise, aux politiciens, etc etc, tout est très intelligent.

Pour résumé, ce disque est grandiose, que vous soyez fans de punk-mélo ou de choses plus dures, ce disque va vous satisfaire à coup sûr.

A écouter : Back to the motor league; Natural disaters ; Ladies' nite in loserville; New homes for idle hands