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Biographie

Polar Bear Club

Composé d’anciens membres d’Achilles, Marathon et Spark Lights The Friction, les Polar Bear Club font parler d’eux en 2006 avec la sortie de l'ep The Redder, The Better, vivement acclamé dans le milieu DIY/Underground. Comparé - à juste titre - à des formations aussi diverses que Hot Water Music, Texas Is The Reason, Rise Against ou Small Brown Bike, le quintet new-yorkais enregistre un an plus tard Sometimes Things Just Disappear au Nada Studio en compagnie du producteur John Naclerio (My Chemical Romance, Brand New, Senses Fail) qui voit le jour en mars 2008 chez Bridge 9.

15 / 20
1 commentaire (15.5/20).
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Chasing Hamburg ( 2009 )

On ne pourra pas dire que Polar Bear Club, honteux de ses influences évidentes, s’est transfiguré entre son premier et second album. "See The Wind" ouvre le bal et Jimmy Stadt y va immédiatement de se première poussée vocale : "No rhyme in relics passed the hand that maaaade / The storytelling, the times, beg for chaaaaaaange". Parfum connu, silhouette reconnaissable ; fantôme d’Hot Water Music te revoilà. Assumé.

Polar Bear Club s’est fait connaître et reconnaître par son mélange des genres, par cette manière de montrer les muscles sur un couplet avant de laisser parler l’émotion au refrain et par ce couple de grattes punk rock au milieu duquel s’immisce sans cesse une basse charnue. Chasing Hamburg reprend ces éléments et redonne rendez-vous à ce qui a fait le charme ses deux premiers efforts : Le mid-tempo de rigueur, la lead guitare en permanent fournisseur de mélodies ("Light Of Local Eyes" et son ahahahaaa de fin), la recherche de la note aigue et profonde par la seconde ("Drifting Thing"). Tout pareil. Alors, en miroir, on vibre à nouveau, incrédule face à l’organe si versatile de Stadt qui mixe chant hardcore et emo dans un harmonieux phrasé (la splendide "To Make Me To The Town"), incrédule face à cette capacité d’être catchy sans être jamais tomber dans le mièvre ("Chasing Hamburg"). Polar Bear Club a et a toujours le truc.

Que dire de Chasing Hamburg en définitive ? Que la fournée des new-yorkais est une nouvelle fois bonne mais aussi probablement quelque peu victime de son succès, d’où un enthousiasme mesuré. Victime parce qu’on attend beaucoup de ce groupe – et plus l’attente est haute et plus il est difficile de combler-, victime également parce que Polar Bear Club est tellement atypique, sa recette tellement particulière (même si elle aurait tendance à être reprise, pensez Title Fight) qu’après 3 efforts, on a la sentiment de la connaître… trop bien. Ajouter à cela un dix titres qui comporte peut-être moins de tubes que son prédécesseur et vous obtiendrez un opus bien bon mais légèrement en-dessous de Sometimes Things Just Disappear. Oui, on chipote.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Take Me To Town", "Light Of Local Eyes", "Chasing Hamburg"
16 / 20
3 commentaires (17.17/20).
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Sometimes Things Just Disappear ( 2008 )

Avec un tel nom et un tel artwork, Polar Bear Club ne remportera pas la palme du groupe le plus attirant au premier coup d’œil. Et pourtant…

Si le coup de foudre n'est pas visuel, il sera certainement auditif et c’est bien là l’essentiel. Polar Bear Club a ce côté "next big thing" qui transpire de ses compo, qui démontre sans s’en donner l’air, une capacité assez incroyable à mettre sur pied en seulement dix titres (il ne faut pas trop en donner, c’est le secret du succès) une musique qui semble aller naturellement de soi. C'est comme ça. Je crois qu’on appelle ce phénomène l’évidence. Car il s’agit bien du premier argument des new yorkais : jouer sur l’affect et trouver le moyen de soutirer un "oui" d’approbation aux plus réfractaires d’entre nous. Pour ce fait, Sometimes Things Just Disappear s’est doté de la puissance de ces oeuvres sonores qui agissent sur les corps, qui crispent les diaphragmes, dressent les poings et métamorphosent les auditeurs en choristes.

Polar Bear Club est issu de la phase historique dite de l’après hardcore, celle qui continue d’écumer les sols des caves tout en faisant tomber l’armure pour laisser apparaître l’ensemble des failles humaines. Reprenant donc le sillon des grands Hot Water Music, le quintet joue avec l’électrique comme fil conducteur et souffle sur les braises rutilantes de l’ampli une pléiade de cris rauques nous rappelant au bon souvenir de Chuck Ragan ("Eat Diner, Bury The Dog", "Our Ballads"). Sometimes Things Just Disappear sort donc les as par carré, alternant les plans catchy post-hardcore 90's way avec des structures indies finement ciselées, faisant rimer coups de batterie âpres et épanchements emo ("Burned out in a jar-butt"), usant ainsi de toutes les combinaisons pour servir un opus ultra diversifié et au demeurant salement efficace ("Hollow Place", "Convinced I’m Wrong").

Placé sous le patronage de grandes formations comme Hot Water Music ou Texas Is The Reason, rappelant par touches éparses quelques fois Small Arms Dealer quelques fois Rise Against, Polar Bear Club est un groupe hybride et équilibriste, qui jongle avec les différentes disciplines pour en faire jaillir le meilleur cocktail. Un album quasi didactique en somme, destiné à rappeler que le punk, l’hardcore et l’emo ne sont ni plus ni moins que les branches d’un même arbre.

En écoute sur la page myspace.

A écouter : "Eat Diner, Bury The Dog", "Hollow Place", "Convinced Im Wrong"