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Biographie

Plebeian Grandstand

En place depuis 2005 dans l’active scène toulousaine, Plebeian Grandstand a commencé par se faire les dents sur scène en compagnie des amis de la région Einna ou I Pilot Daemon, mais également auprès de quelques pointures internationales comme Holy Mountain ou Pelican. En 2008, via une collaboration entre Basement Apes Industries et Lacrymal Records, le groupe sort son premier effort, un EP 6 titres - The Vulture’s Riot - enregistré, mixé et masterisé par Silvin Suquet (I Pilot Daemon, Disphoria, Einna…). En 2010, c'est sur Basement Apes Industries que Plebeian Grandstand sort un premier album, How Hate Is Hard To Define.En 2011 et 2012, les Toulousains sortent des splits avec Bone DanceDivider et Cortez avant de revenir avec Lowgazers, leur 3eme album mais aussi le plus extrême, montrant clairement une orientation musicale mélangeant Hardcore et Black Metal, confirmée sur l'opus suivant, disponible en 2016.

Simon - guitare
Adrien - chant
Jérôme - basse
Raphael - batterie

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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False Highs, True Lows ( 2016 )

En qualifiant Lowgazers de disque peut être trop extrême, j’aurais du anticiper ce False Highs, True Lows : Plebeian Grandstand réitère cette volonté d’aller plus loin dans l’aboutissement du mélange Hardcore / Black Metal, recouvrant les derniers aspects du premier style des marasmes du second. Ce nouvel album enfonce le clou, le martèle jusqu’à le (dis)tordre et en livrer « Volition », un black primaire, aux volutes inspirées par Deathspell Omega. Et bien que ce nom résonne depuis l’opus précédent, les affinités sont toujours aussi présentes (« Tame the Shapes » ou « Eros Culture »), notamment sur une fureur portée par le chant, gargantuesque, et la batterie, sorte de rictus carnivore de Patrick Bateman mis en musique.
Le combo allie dissonances et déferlement sonore, jusqu’à étonnante dernière seconde du disque, au sein de laquelle les seuls mot chantés clôtureront (Black inside the white) abruptement un disque déjà carnassier sur sa totalité. Sans pitié, l’entrée en matière de « Low Empire » a de quoi laisser pantois : une disque purement Black, avec ses feulements grondés, alliant dans sa musique et ses titres cette haine chaude, quasi brûlante, portée à vif comme le rouge de l’artwork (« Tributes and Oblivions »).
Il sera difficile de définir si False Highs, True Lows sera plus intéressant musicalement que Lowgazers (la comparaison avec How Hate Is Hard to Define n’est même pas à envisager, si ce n’est pour conclure que le combo a deux facettes différentes), mais on pourra néanmoins confirmer que l’évolution n’est que peu surprenante et qu’il faut adhérer à une culture musicale qui ne laisse aucun temps mort (« Volition ») ni sourire. Loin d’être une messe noire dans la tradition d’une frange du Black, Plebeian Grandstand s’évertue plutôt à s’intégrer dans cette veine Orthodoxe qui a pris son essor il y a quelques années.

False Highs, True Lows n’est pas cette rupture apparente, ce jusqu’au-boutisme que l’on déclare surprise : Lowgazers l’avait amorcé, Plebeian Grandstand n’est plus un groupe de Chaotic-Hardcore, mais bien un groupe de Black, aussi intelligent dans sa construction que Blut Aus NordDSO, … Le cocon s’est rompu, les Toulousains ont terminé leur mue pour aboutir à une musique totalement décomplexée et assumée.

A écouter : Si vous avez aimé Lowgazers !
17 / 20
6 commentaires (16.25/20).
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Lowgazers ( 2014 )

Que ceux qui trouvaient How Hate is Hard To Define trop violent passent leur chemin, Lowgazers n’a plus rien à voir avec celui-ci tant l’empreinte extrême du Black Metal marque ce nouvel album. Monument de violence érigé par un combo qui s’imposait avant comme un digne successeur de Botch ou ConvergeLowgazers ne daigne jamais ralentir le tempo, étouffant d’une main sûre à la manière du Animale(s) de Celeste. La frontière entre Hardcore et Black Metal n’est plus, tout se brouille et rappelle l’aspect malsain du Fas - Ite, Maledicti, In Ignem Aeternum de Deathspell Omega couplé à la hargne de Kickback ou Throats. Sauf qu’ici, le temps mort n’existe pas, les sonorités dissonantes de « Endless Craving » font passer les loups pour des agneaux et il n’est plus question de pitié.
Plebeian Grandstand est ici un prédateur, une chape de plomb crasseux qui finit par faire plier. On pourrait craindre que trop de violence en annihile l’effet, mais il est impossible de sortir la tête de l’eau tant elle se nourrit d’elle même. Il est d’ailleurs intéressant de comparer « I.W.W.O.Y.T.W.Y.W.O.M. » issu du Split avec Cortez et un titre comme « Murk Diving » tant l’évolution semble naturelle : l’essence est la même, les passages au tempo plus lent ont juste été absorbé dans cet ensemble haineux pour créer un son aussi dense qu’un Ulcerate.

Que ce soit « Lowlifer », « Svn in your Head » ou « Aimless Roaming », Plebeian Grandstand pousse jusqu’aux derniers retranchements : rythmiques embarquées dans une course folle et chant éructé mais jamais trop mis en avant (la ligne vocale de How Hate is Hard to Define semble bien frêle au final) et une nappe de cordes qui ne laisse aucun temps mort. J’aurais aimé dire que j’ai savouré ces instants, mais ce n’est pas le cas. On ne peut apprécier pleinement Lowgazers car, à la manière de Celeste, on parle d’un brûlot de hargne, de violence, de haine. Prenez tous les sentiments négatifs que vous pourrez capter, enfermez les et secouez l’ensemble pour imaginer 1% du potentiel de Lowgazers : A la manière d’un Comity sur The Journey is Over Now, il n’y aura qu’un tas d’avis tranchés, éprouvés par le format compact de cet opus.
Peut-on être trop extrême ? C’est la question à se poser au final. Même en essayant d’enchaîner les écoutes, on y revient toujours et encore. Finalement, est-ce ce style de musique qui fait l’effet d’une drogue dure ?

A écouter : Thvrst
14 / 20
1 commentaire (17/20).

Split with Bone Dance et Divider ( 2011 )

Ce split vous fera l'effet d'un coup de plomb dans le ventre, coupant le souffle et laissant un bel hématome sur votre corps endolori. Pensez donc, DividerBone Dance et Plebeian Grandstand qui se partagent 6 titres jouant un brin avec la violence, c'est comme se gaver de bonbons tous plus infâmes les uns que les autres. Vous n'aimerez pas, vous irez même jusqu'à passer votre chemin si vous voulez préserver vos tympans déjà bien fatigués et vous esquisserez un sourire de dégout sur certains titres. 

Avec Plebeian Grandstand, le terme Chaoscore n'a jamais autant pris sens : hurlements extrêmes, percussions tribales possédées ("Woe Is You", aux effluves de Neurosis) et apprentissage de la destruction. Avec leurs 10 minutes non-stop, les Toulousains concrétisent les attentes posées sur eux depuis How Hate Is Hard To Define, à un tel point que l'on pousse un soupir de soulagement lorsque tout s'arrête. Toujours aussi inhumain, Plebeian Grandstand semble s'éclater jusqu'au bout.
Chez Divider, on tape plutôt dans le Hardcore à la Comeback Kid / Defeater sur "Halios Geron" ou The Carrier / Killing The Dream / Most Precious Blood sur "Gaïa", avec ses airs de Arms Of Ra. Du bon, presque avorté sur "Halios Geron" avec sa fin en queue de poisson, tandis que le second titre écrase tout sur son passage via son rouleau compresseur instrumental. Sans être ravageur ou même innovant, les 2 compos s'imposent, avec comme seul regret la fin de la seconde.
Pour Bone Dance, on tape plutôt dans une veine Trap Them / Pulling Teeth / Trash Talk / Torch Runner pour la partie rythmique, avec un chant plus guttural mais tout aussi enragé. Aux premiers abords légèrement brouillons, les titres du combo tabassent sans discontinuer, notamment grâce au potentiel ravageur de "West". Rien à jeter, même si l'ensemble s'avère assez classique et s'inscrit dans la continuité des groupes précédemment nommés.

Malgré des airs sensiblement différents, chaque artiste semble avoir joué les mêmes cartes : Morceaux lents et pesants ("Woe Is You", "West", "Gaïa") combinés à des titres plus fous ("Woe is Me", "Conniver", "Halios Geron"). Ce Untitled est le meilleur moyen de s'en foutre plein les oreilles pour cet été : Hardcore qui tâche, ne retenant son souffle que pour mieux asséner ses coups. Soufflez un bon coup avant d'appuyer sur "Play", ça vaudra mieux.

A écouter : En se préparant psychologiquement.
16 / 20
7 commentaires (16.14/20).
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How Hate Is Hard To Define ( 2010 )

Converge. Violence. Botch. Chaos. Tu vas retrouver ces 4 mots dans (presque) toutes les chroniques de How Hate Is Hard To Define. Un rapprochement certes aisé, mais loin d'être usurpé tant on retrouve chez les toulousains le même amour aveugle et inconditionnel pour les riffs sadiques et le chant carnassier.  Ca fleure bon le hardcore chaotique et dissonant des early 90's, dégraissé de tout relent metal, et à son niveau maximal, tant au niveau de l'intensité que de l'exécution. Plebeian Grandstand reprend les éléments sauvages et nerveux de The Vulture's Riot en les élevant de 2 ou 3 crans vers le haut, où l'obscurité abyssale et sans cesse battue par des vents meurtriers.
Bien entendu, Playing Enemy et Kiss It Goodbye sont aussi passés par les mêmes travers il y a des années, mais putain, qu'est ce que ça décalque. On pourra toujours trouver au chant un manque flagrant de variation mais ce dernier colle au propos comme un chewing gum dégueulasse à une basket toute neuve. Sans aucun doute le seul groupe actuel, qui dans le genre, ne donne pas envie de se caler We Are The Romans, mais juste de profiter de chaque gifle, jusqu'au coup de latte final. Pour sûr, Plebeian Grandstand veut en découdre avec ses démons, si possible par la force brute. Il en ressort un exutoire spontané et hanté jusque dans chaque mot exorcisé par le cri. "Kata Ton Δaimona Eaytoy" (de l'épitaphe grecque "The Devil Within Himself") ou "Ordo Ab Chao ("L'ordre né du désordre"). Autant de titres pour autant de souffles cathartiques balancés en pleine gueule comme du verre pilé.

Sans concession, ravageur et captivant de bout en bout, ce premier album est un véritable trou noir avide de rancoeur. Si la haine est difficile à définir, Plebeian Grandstand semble tendre vers son équivalent sonore, primaire et dénué d'intermédiaires.

A écouter : et à aller voir
14 / 20
1 commentaire (17/20).

The Vulture's Riot ( 2008 )

L’effet Plebeian Grandstand, c’est un peu l’équivalent de cette scène finale du Dobermann de Jan Kounen où le flic ripou se fait riper la gueule sur le macadam pendant plusieurs centaines de mètres.

The Vulture’s Riot comprend 6 pistes et hormis la pachidermique intronisation des instruments faite par "Slover & Slow", tout le reste n’est que souffre et balafres. Pas de temps mort, pas de faiblissement, Plebeian Grandstand fait mal, grâce à un hardcore serré et dense, qui ne cherche ni la tendresse ni la poésie. Du haut de sa tribune, fidèle à ses prestations sur scène, Adrien donne le la. Brusque, concentré sur l’objet de sa fureur, variant la gamme de ses mugissements pour chercher quelques screams ou autres modulations du chant rappelant par moment les salves de Converge, le frontman entraîne dans son sillage une prestation violente et destructrice que les sirènes de "Dear Holy Bro" se chargent d’incruster dans le crâne de la plèbe tout entière.

Car plus qu’un simple hardcore classique, Plebeian Grandstand est en réalité héritier de l’évolution du mouvement. En dépit de quelques moshparts sauvages propres au style, les toulousains cherchent en effet – tout en ne relâchent jamais la pression – à enrichir leurs partitions d’un bon nombre de rockincorades (le fuckin break catchy de "Doomed To Failure") et autres assauts math-rock afin de se sculpter un cor(ps) des plus saillants. Les entames bestiales et déhanchées de "My Jinx" ou de "The Form Is An Angel of Soul [Part I]", l’enchaînement tapé des notes, la technicité du jeu de guitare couplé à la soudaineté des breaks renvoient indubitablement aux travaux de Botch – influence majeure -, mais également aux amis de I Pilot Daemon lorsque l’atmosphère s’assombrit et se couvre d’une nappe obscure (The Form Is An Angel of Soul [Part II] ou la conclusion de l’opus).

The Vulture’s Riot évoquera ainsi à coup sûr un bon paquet de groupes aux amateurs du genre. Concevons-le, la donne n’est peut-être pas franchement nouvelle, certes, mais cela ne doit en rien faire occulter la teneur des morceaux, le traitement furieux des cymbales ou la brutalité globale de ce 6 titres. Eprouvant.

En écoute sur myspace.

A écouter : "My Jinx", "Doomed To Failure"