Découverte
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Biographie

Pig Destroyer

Pig Destroyer, traduisez "Tueur de flic", est un trio Grindcore américain formé en 1997 par J.R. Hayes (Enemy Soil), Scott Hull (Agoraphobic Nosebleed, Anal CuntJapanese Torture Comedy Hour) et John Evans. Ce dernier sera vite remplacé par Brian Harvey à la batterie. Plus tard Blake Harrison apporte quelques éléments numériques à base de samples. Le trio débute chez Relapse Records avec un split aux côtés de Isis et enchaîne dès lors des disques repoussant toujours plus loin les limites du genre, avec en point d'orgue l'album Terrifyer en 2004. Pig Destroyer a comme particularité de ne pas intégrer de basse mais cela n'inhibe en rien l'impact de leur mélange écrasant et nihiliste entre Hardcore, Grind et Metal.

Chronique

14.5 / 20
2 commentaires (14.25/20).
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Phantom Limb ( 2007 )

L'abominable Terrifyer avait définitivement donné à Pig Destroyer une bonne longueur d'avance au jeu de "celui qui aura la plus grosse" et ce, sans que le combo use de la moindre corde de basse pour plomber un peu le son et la rythmique. Toutefois, au delà de leur dantesque puissance de feu, les américains étaient parvenus, en s'appuyant sur le hardcore, le metal au sens large, le grind et quelques samples, à produire une mixture violente et malsaine, inspirée et variée, osant faire le pont entre Agoraphobic Nosebleed et Converge.

Avec Phantom Limb, Pig Destroyer se place sans demi-mesure dans une optique de recherche de puissance démesurée. Sorti chez Relapse, ce nouvel attentat est largement soutenu dans sa tâche de destruction de crânes par une production colossale un peu aseptisé. Le mixage déshumanise totalement le son de Pig Destroyer jusque dans la voix abrasive et digitalisée. Pas humain pour un sou, encore moins animal, le combo apparait ici comme une grosse machine de guerre sans dieu ni maître, sans foi ni loi, juste là pour faire la seule chose à quoi elle est valable et destinée : réduire en cendres, point barre. En témoigne le jolie sample calé à la fin de "Lesser Animal" : "The screaming and the flesh burning, and he was running himself and he saw this young man who had mocked him so much. And he saw him on fire. And he pulled him away from the blaze. And he was nothing honestly but charcoal. His hands frozen up, he had nothing left but his eye balls, his ears were gone, his nose was gone, everything was gone".
Avec une telle ligne directrice, Pig Destroyer y laisse un beau paquet de plumes en termes de richesse et variations des compositions. Sur une bonne partie des morceaux, les cordes de Scott Hull vont allégrement piocher dans le thrash metal et les riffs de bucherons  qui sonnent comme une tronçonneuse ("Heathen Temple", "The Machine Twins"). On comprend bien les gaziers se sont fait sacrément plaisir sur cet album mais pour l'originalité, on pourra toujours repasser ou ressortir Terrifyer des étagères.

Phantom Limb n'est donc pas le meilleur disque de Pig Destroyer mais il possède largement les arguments pour se hisser sans trop de mal dans le peloton de tête des productions grindcore du moment (et des productions de chez Relapse Records tout court). Avec ses blast beats totalement déments, sa nervosité et son agressivité permanentes, son artwork très classe à base de cranes, de vers, de fleurs et de seins, Phantom Limb ne pédale pas seulement dans le vide mais également dans les trippes. Quoi qu’il en soit, ça fait des dégâts.

A écouter : Si tu es fan de Pig Destroyer