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Biographie

Pianos Become The Teeth

Formé à l’automne 2006, Pianos Become The Teeth se décrit comme un “emotional hardcore band from Baltimore". Sur la scène pour la première fois à l’hiver 2007, le quintet alterne par la suite concerts et enregistrements, sans relâche, ce qui débouche sur un EP Saltwater (2007), un split avec Ezra Joyce (2008) et un full-length, Old Pride, durement composé et sorti en Juin 2009 via Black Jaw Records.
Après une tournée avec Touché Amoré et Lemuria, le combo accouche d'un split avec The Saddest Landscape puis d'un second opus, The Lack Long After. Les titres y sont décris comme plus lourds et sombres, loin d'une version "bis" du premier album. Pianos Become the Teeth confirme son virage musical en 2014 avec Keep You, bien loin des débuts aux influences screamo.

Chroniques

Keep You Old Pride
13.5 / 20
3 commentaires (15.33/20).
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Keep You ( 2014 )

La surprise est de taille. Pensez donc, un nouvel album de Pianos Become the Teeth sans toute la partie scream, avec uniquement un registre Indie / Emo / Rock, on pouvait avoir des difficultés à laisser s’épanouir cette idée avec Old Pride ou The Lack Long After. Et pourtant, en quelques mois, les américains se sont forgés une nouvelle identité qu’ils prennent un malin plaisir à dévoiler sur Keep You.
Même si la tradition Post reste omniprésente (« Repine »), Pianos Become the Teeth s’envole vers des horizons plus radieux, avec un frontman laissant couler sa voix sur chaque titre. De la douce montée en puissance de « Late Lives » aux effluves vaporeuses de « Say Nothing » (et un retour aux origines sur les dernières parties vocales), les musiciens n’ont pas délaissé leur histoire peuplée de Post / Screamo, mais en ont atténué la fureur.
Si le poids des instruments est toujours aussi important, les paroles jouent toujours leur rôle. Touchantes, il faut reconnaitre qu’elles cachent toujours une amertume poignante, même si l’on devine assez aisément les thèmes abordés lorsqu’on lance chaque titre. Le ressenti global de Keep You est émotionnellement agréable, un peu comme si The National décidait de mettre en avant un côté moins Indie. Ce nouvel album captive, émeut, effleure et donne des frissons : de la fragile poésie de « Enamore Me » à la délicatesse malmenée de « Say Nothing », Pianos Become the Teeth exécute ses dix compos avec passion.

A première vue, ce Keep You est plus que prometteur. Pour autant, 2 points de vue s’opposent aisément.
D’une part, ceux qui n’attendaient rien ou qui ont apprécié la tournure prise par le combo : rien à redire, Keep You aura son charme et en ravira certains.
De l’autre côté, les déçus, qui attendaient un album dans la continuité de The Lack Long After avec un peu plus d’envolées screamo. Ils auront peut être raison puisque l’un des atouts de Pianos Become the Teeth s’est ici dévoilé sous une autre facette, même si le résultat manque encore de véritables forces : trop homogène, ce disque n’a pas de moment fort, certains passages se succèdent et se ressemblent, la folie et l’émotion de « I’ll be damned » ou « Filial » sont ici diluées dans un océan qui parfois semble trop calme. En s’évertuant à trop changer, Pianos Become the Teeth peut avoir perdu en intensité et en poigne.

Evolution intéressante que celle de Pianos Become the Teeth et en s’orientant sur des compos et interprétations beaucoup plus emo, le combo surprend. Pour autant, au travers de titres comme « April », il est une capacité à canaliser les sentiments qui accapare l’attention. Véritable réussite ? Il serait peut être un peu présomptueux d’aller jusque là, mais il faut reconnaitre que la prise de risque et les perspectives engagées par les Américains sont plus qu’intéressantes. Reste à peaufiner les détails.

A écouter : April
13.5 / 20
3 commentaires (15.17/20).
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Old Pride ( 2009 )

Sur la pochette un cheval usé broute tandis qu’un poulain regarde au loin. Derrière, des arbres abattus frayent un chemin qui appelle. Ce pourrait être ici, ce pourrait être ailleurs.

Pianos Become The Teeth dit "always crying over closed doors" dès son entrée en lice comme pour prévenir que derrière les pleurs, il y a la rage ; la rage qui ne peut garder cette porte fermée. Car le chemin doit être tracé, mené vers cette exploration raffinée des genres qui unit l’emo au post-rock. The Black Heart Rebellion en frère d’arme (même combat), Funeral Diner en idole, PBTT talonne donc un wagon screamo/post déjà bien rempli et qui a alimenté la rubrique chronique des deux dernières années. Loin des guitares cisaillées et épileptiques d’un emo-violence straight to the point, Old Pride signe ainsi ses compositions par des houles d’accord et des spasmes sonores ("Sleepshaker"), fidèle à la tradition post-rock établissant des gradations ("Young Fire") et des prises d’espace destinées à ouvrir au maximum les perspectives émotionnelles. Entre ces strates, et comme il se doit pour la discipline, survient l’inévitable chant crié de Kyle Durfey, tout en tension, tiré entre chaque coin des morceaux ; obligé d’en découdre face à la dictature des cordes. Une longue suite de tissages évolutifs s’ouvre alors durant 8 titres, découvrant des aspects fragiles (les spoken words féminins de "Cripples Can’t Shiver"), des chutes de rythme échouées le long de falaises de cris abruptes tatouées par l’encre screamo. Pianos Become The Teeth dit "I’m afraid I’m always wide of the settle mark". Car ici l’emo est synonyme de doute.

L’effet est là, tourbillonnant (quoiqu'un peu plus lisse que lors du split avec Ezra Joyce malheureusement), déboussolant même pour les potentiels novices, entre ces frémissements de cymbales qui invitent à la méditation et ces hurlements qui évoquent le chaos. Le ménage n’en est pourtant pas à sa première expérience. Et c’est peut-être ce qui poussera nécessairement à la nuance. Old Pride ne révolutionne pas le style et ne le domine pas non plus. Il est même probablement moins jusqu’au-boutiste que Mesa Verde dans cette voie screamo/post et moins lumineux que Suis La Lune. La faute – entre autres - à un chant trop rectiligne qui manque de variations et - quelques fois - d’intensité et une production trop policée.  Pour l’instant, Pianos Become The Teeth prend ses marques. Pour l’instant.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Pensive", "Cripples Can't Shiver", "Young Fire"