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Biographie

Pianos Become The Teeth

Formé à l’automne 2006, Pianos Become The Teeth se décrit comme un “emotional hardcore band from Baltimore". Sur la scène pour la première fois à l’hiver 2007, le quintet alterne par la suite concerts et enregistrements, sans relâche, ce qui débouche sur un EP Saltwater (2007), un split avec Ezra Joyce (2008) et un full-lenght, Old Pride, durement composé et sorti en Juin 2009 via Black Jaw Records.

Chronique

13.5 / 20
3 commentaires (15.17/20).
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Old Pride ( 2009 )

Sur la pochette un cheval usé broute tandis qu’un poulain regarde au loin. Derrière, des arbres abattus frayent un chemin qui appelle. Ce pourrait être ici, ce pourrait être ailleurs.

Pianos Become The Teeth dit "always crying over closed doors" dès son entrée en lice comme pour prévenir que derrière les pleurs, il y a la rage ; la rage qui ne peut garder cette porte fermée. Car le chemin doit être tracé, mené vers cette exploration raffinée des genres qui unit l’emo au post-rock. The Black Heart Rebellion en frère d’arme (même combat), Funeral Diner en idole, PBTT talonne donc un wagon screamo/post déjà bien rempli et qui a alimenté la rubrique chronique des deux dernières années. Loin des guitares cisaillées et épileptiques d’un emo-violence straight to the point, Old Pride signe ainsi ses compositions par des houles d’accord et des spasmes sonores ("Sleepshaker"), fidèle à la tradition post-rock établissant des gradations ("Young Fire") et des prises d’espace destinées à ouvrir au maximum les perspectives émotionnelles. Entre ces strates, et comme il se doit pour la discipline, survient l’inévitable chant crié de Kyle Durfey, tout en tension, tiré entre chaque coin des morceaux ; obligé d’en découdre face à la dictature des cordes. Une longue suite de tissages évolutifs s’ouvre alors durant 8 titres, découvrant des aspects fragiles (les spoken words féminins de "Cripples Can’t Shiver"), des chutes de rythme échouées le long de falaises de cris abruptes tatouées par l’encre screamo. Pianos Become The Teeth dit "I’m afraid I’m always wide of the settle mark". Car ici l’emo est synonyme de doute.

L’effet est là, tourbillonnant (quoiqu'un peu plus lisse que lors du split avec Ezra Joyce malheureusement), déboussolant même pour les potentiels novices, entre ces frémissements de cymbales qui invitent à la méditation et ces hurlements qui évoquent le chaos. Le ménage n’en est pourtant pas à sa première expérience. Et c’est peut-être ce qui poussera nécessairement à la nuance. Old Pride ne révolutionne pas le style et ne le domine pas non plus. Il est même probablement moins jusqu’au-boutiste que Mesa Verde dans cette voie screamo/post et moins lumineux que Suis La Lune. La faute – entre autres - à un chant trop rectiligne qui manque de variations et - quelques fois - d’intensité et une production trop policée.  Pour l’instant, Pianos Become The Teeth prend ses marques. Pour l’instant.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Pensive", "Cripples Can’t Shiver", "Young Fire"