On ne répétera jamais assez comme Envy a changé des vies. Phyllisdietrichson en est une des ces preuves irréfragables.
Envy trôna plusieurs années sur la nébuleuse screamo. D’abord, en repoussant les limites de la fureur. Puis en injectant par delà cette rage, une mélancolie démentielle. Avant de finir par donner une nouvelle orientation à la discipline avec l’ajout de parties post-rock. Phyllisdietrichson connait par coeur ces 3 phases du groupe japonais et les mêle dans son premier ep. Envy parfume donc l'alpha et l'omega de ce 6 titres.
Mais le quartet est français, et en matière hexagonale, le screamo demeure là aussi bardé de mythologie. Aussi, l’œuvre de Phyllisdietrichson confine rapidement à l’hommage. Du Mihai Edrisch dans les paroles, du Gantz dans l’Envy francisé, du Amanda Woodward dans les cassures de rythme ("Tracks 3", "Tracks 6"), du Daïtro dans la diction ("Tracks 3", "Tracks 4"), du Sed Non Satiata dans l’envolée post-rock ("Tracks 5", "Tracks 6"), du Ampools dans l’entame rockin’screamo ("Tracks 1"). Le french way of emo bat son plein dans les turbines de l’opus.
Et c’est évidemment le reproche qui surgit et afflue à l’écoute de ce premier effort. La galerie des pères fondateurs et des grands frères est trop respectée, traversée avec un soin trop grand et une révérence quasi religieuse qui désert le propos. La qualité musicale, le sérieux et la sincérité ne manquent pas. Mais la personnalité - la sainte personnalité qui consacre un groupe – demeure enfouie sinon introuvable.
A écouter : "Tracks 6"